Sur les traces de l’Histoire

Randonnée urbaine dans Meylan et ses parcs

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Nous vous proposons la Mairie de Meylan comme point de départ de cette randonnée urbaine qui peut se pratiquer toute l’année et à tout âges, y compris avec des poussettes.

Vous pouvez y aller par la ligne Chrono C1 du réseau Tag, ou stationner votre voiture sur le parking de la mairie.

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Prendre en direction de la maison de la Musique, puis, tourner à gauche dans l’allée arborée de suite après les établissement pharmaceutiques Roche.

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Presque de suite, sur la gauche, s’ouvre le parc du Bachais.

Une part du rêve est restée dans ce parc association harmonieuse d’un jardin régulier du XVIIème siècle et de jardin paysager romantique, ou à l’anglaise,du XIXème siècle.

Le parc et le château du Bachais autrefois

Il a failli disparaitre sous la pression immobilière et dans les années 90, un revirement du maire de l’époque, sous la pression des habitants, l’a intégré dans le domaine communal pour devenir un parc magnifique comme il y a un siècle.

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Au sud du parc, bois et jardins offrent une ambiance ombragée et romantique que viennent compléter deux petits étangs alimentés par des ruisseaux provenant de la fontaine.

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Les étangs ont été plantés avec diverses espèces de plantes aquatiques, dont les exotiques Aponogeton dystachius dont la floraison se prolonge une bonne partie de l’année.

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La grande prairie centrale est bordée d’arbres centenaires.

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Au nord, son aspect géométrique met en valeur un jardin de senteurs composé de fleurs aromatiques et une roseraie aux espèces diverses qui s’organise autour d’une fontaine.

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Située au nord du jardin, dans l’axe du château, la fontaine du Bachais a été réalisée en 1993. Elle ouvre une perspective sur la prairie centrale et donne naissance à un petit canal d’ornement. Elle est alimentée par une ancienne canalisation du XIXème siècle qui reliait le château à la source du Cizerain.

Depuis la fontaine, prendre dans le haut du jardin, sous les tonnelles de glycines, et traverser la route juste dessous les terminus des lignes 13 et 16 au Lycée du Grésivaudan.

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On parvient ainsi au parc du Bruchet (dont nous avons déjà parlé), d’une superficie identique mais plus moderne et plus dépouillé.

Couvrant une superficie de 154 m2, le cadran solaire est de type analemmatique. La position de l’aiguille (ou style) varie selon l’époque de l’année. Ici, c’est le promeneur qui fait office de style. Placé dos au soleil, il se range sur l’échelle de dates. L’axe de son ombre prolongée indique l’heure solaire située sur l’ellipse horaire.

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En continuant tout droit, vous découvrirez plus loin une ancienne source récemment transformée en petite mare.

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En contrebas, elle se déverse dans le ruisseau « Saute-caillou ». Difficile d’accès, la mare révèle des trésors. Certaines années, des larves de triton palmé y éclosent. Ce petit batracien de 10 cm, devenu très rare dans les zones humides de Meylan, nécessite une complète protection.

Parc du Bruchet - ruisseau de saute cailloux

Remonter un peu sur la gauche, puis prendre sur la droite, pour découvrir  la fontaine aux bambous. Les bambous qui entourent ses trois plateaux de pierre lui donnent un charme exotique.

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Vous êtes ici en bordure du quartier des Béalières, ZAC réalisée en quatre tranches, de 1980 à 1988, par la commune. Urbaniser une zone marécageuse, tout en préservant le site et l’eau, a été un des objectifs majeurs du projet. Béal 4, plus au sud, et Béal 3, que vous allez maintenant traverser, ont été construits entre 1985 et 1988, selon des concepts et des méthodes traditionnelles.

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La source de Monts sort du mur de cette propriété et alimente ce petit bassin en pierre. Elle se déverse au-dessous dans le ruisseau de Bérivière.
Le ruisseau apparaît plus au nord sur le chemin de Bérivière, entre l’avenue de Chartreuse et l’avenue des Sept-Laux. Il longe ce chemin, reçoit les eaux de plusieurs sources et d’un ruisseau provenant de la coulée verte.

Lors de la création du quartier des Béalières une réflexion avait déjà été engagée autour de la réalisation d’un cheminement piéton qui « traverserait » la commune d’est en ouest. Le nom « La Grande Traverse » a été donné à ce chemin bordé de haies, première « matérialisation » de ce projet.

Le paysage naturel a été conservé. La trame du bâti a formé des rues, des cours, des places avec de nombreux passages et chemins. Un ancien champ, bordé de haies et de ruisseaux, est devenu la coulée verte centrale. La circulation donne priorité aux piétons.

– Préserver l’eau si possible à ciel ouvert pour conserver au quartier son originalité
– Retenir l’eau sur place et remettre en état le réseau d’écoulement pour éviter les problèmes (inondations)
– Maintenir la végétation existante et la fraîcheur.
Ces souhaits ont été réalisés : la végétation, l’eau ou parfois ses traces ont été préservées. Dans ce quartier, vous pouvez découvrir sources, ruisseaux, fontaines, canaux d’alimentation, fossés et même un ancien routoir.

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Pendant des siècles, le chanvre a tenu une place prépondérante dans l’activité agricole de Meylan. La commune comptait ainsi plusieurs « routoirs », bassins servant à faire tremper le chanvre. Placés dans des lieux ombragés, ces routoirs étaient bordés de pierres et alimentés en eau courante par de petits ruisseaux, les « béals ». Occupant les terres bocagères de la plaine, la culture du chanvre s’est surtout développée à partir du XVe siècle. Liés en bottes appelées « boisses », les pieds étaient transportés au routoir afin de les faire « rouir », c’est à dire tremper dans l’eau courante. Les boisses étaient maintenues par des plateaux couverts de grosses pierres. Après quelques jours, les bottes étaient détachées et mises à sécher dans les champs. Les tiges de chanvre étaient ensuite « teillées » c’est-à-dire broyées afin de débarrasser les fibres de la « chenevotte ». Après le teillage, la filasse était peignée puis filée. Les fibres grossières servaient à confectionner des cordages, les fines étaient utilisées pour la toile. Les chenevottes étaient récupérées pour le chauffage.
La culture du chanvre connut un déclin rapide à la fin du XIXe siècle, et le dernier carré de chanvre de la commune a disparu en 1906.

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Nombreux sont les noms de rues qui évoquent la culture du chanvre dans le quartier des Béalières.

La coulée verte est un espace vert caché au milieu des habitations, que l’on ne peut découvrir par hasard. De vieux arbres fruitiers ont été conservés, dont les fruits peuvent être cueillis par les promeneurs.

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Le ruisseau de l’Hermitage naît sur les hauteurs de la commune, dans le quartier de la Queyrassine situé en aval du chemin de l’église. Il descend ensuite vers le sud, jusqu’à l’avenue de Chartreuse, qu’il suit jusqu’à celle des Sept-Laux. Longeant le chemin de l’Hermitage, il se déverse dans une plage de rétention située en amont de l’avenue des Quatre-Chemins.

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On pénètre ensuite, par une ancienne porte dans le parc du château de Maupertuis.

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Ce parc a en grande partie été privatisé par des résidences de grand luxe, et le promeneur passe à proximité des terrains de tennis et des piscines de ces copropriétés qui ont même annexées une partie de la grande pelouse centrale.

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Créé lors de l’aménagement du parc en 1992, le grand bassin courbe accueille aujourd’hui des espèces végétales et animales des zones humides. Nénuphars et sagittaires y fleurissent. Dans l’eau nagent perches-soleil et épinoches. Suivant les saisons, de nombreux insectes aquatiques s’y réfugient.

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La réalisation du Parc de Maupertuis vers 1808, est attribuée à Jean-Marie Morel, le grand homme de l’art paysager français de la fin du XVIIIe siècle.
Tout d’abord ingénieur géographe, Morel (1728-1810) s’intéresse ensuite à l’art des jardins. Il réalise une cinquantaine de jardins en France pendant une carrière de plus de quarante ans. Auteur de la Théorie des jardins et de plusieurs mémoires sur l’architecture, ce créateur avait compris que les éléments constitutifs des paysages devaient guider, sinon dicter, l’art paysager. Le terme « d’architecte paysagiste » usité de nos jours, mais qui n’avait rien de courant au XVIIIème siècle, a peut-être été créé par lui.

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Acquise par la municipalité en 1987, la partie publique du domaine de Maupertuis, d’une superficie de 5 hectares, s’appelle depuis 1992 le parc des Etangs.

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Le ruisseau de Maupertuis naît sous le mur d’enceinte au nord du parc et alimente les deux étangs. Il continue son chemin pour se jeter dans la plage de rétention d’eau du torrent de Jaillières. Jusqu’au début du siècle, il alimentait en aval les deux moulins de Charlaix appartenant au domaine de Maupertuis, où les Meylanais venaient moudre leur grain.

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L’aménagement actuel du parc a consisté à créer des observatoires et des aménagements pour la faune sauvage.

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En suivant le parcours, vous longez les étangs, traversez le ruisseau, pour découvrir des essences d’arbres rares : platanes d’Orient, séquoia géant, thuya géant de Californie. L’abattage de certains spécimens en mauvais état s’accompagne de la plantation d’autres essences.

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Après une succession de jeux d’ombres et de lumière, le parc s’ouvre sur une belle clairière.

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Le torrent de Jaillières naît sur les coteaux du Saint-Eynard, à l’ouest des réservoirs de la Dhuy, en amont de Château-Corbeau. Il longe le chemin de Maupertuis qui le sépare du parc des Etangs, avant de se jeter dans la plage de rétention de Praly destinée à retenir les matériaux transportés par les eaux. Le torrent de Jaillières est également appelé torrent de la Ruine, de « ruina » qui qualifiait au Moyen-âge les chutes de pierres entraînées sur les hameaux par les eaux de ruissellement. Grand pourvoyeur de limons et de graviers, le torrent a en effet longtemps suscité l’inquiétude des riverains.

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Il semble que l’origine de la fontaine de Maupertuis soit aussi ancienne que celle de la propriété.

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Dans une lettre adressée au maire Alcide Thouvard, en août 1896, à propos de cette fontaine, les habitants de Maupertuis se plaignent de devoir « attendre plus d’une heure pour obtenir dix litres d’eau de la fontaine existante, quantité d’eau dérisoire pour alimenter une population de dix ménages formant ensembles trente et un habitants« . Après vingt ans d’attente et de promesses, ils sollicitent la construction d’une fontaine lavoir.
Celle-ci sera réalisée en 1898, comme l’atteste une délibération du mois de mai autorisant le paiement des travaux.

Depuis l’école primaire de Maupertuis, prendre sur la droite (on peut également rentrer directement en bus depuis le terminus de la ligne C1). On rejoint le parc du château un niveau du piège à chouettes dont nous vous avons déjà parlé.

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Le retour se fait par le cheminement piétonnier et la piste cyclable qui longe les archives municipales.

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On longera le bas du parc du Bruchet au niveau de l’étang.

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Les promeneurs noteront que Meylan compte 45 mètres carrés d’espaces verts par habitant, de quoi faire de nombreuses promenades à la découverte des paysages entre les falaises de chartreuse en dessous du mont du saint Aynard et face aux massifs de Belledone.

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La Prairie de la Rencontre

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 Charles de Steuben

Le 7 mars 1815

Très tôt le matin, Napoléon quitte Corps et se met en route vers La Mure, arrivant en fin matinée ils fait halte sur la colline du Calvaire pour s’y restaurer sous le regard de toute la population. Napoléon félicite le maire  qui a sauvé le pont et le nomme sous préfet. De son passage, Napoléon aurait laissé une malle en bronze exposée au Musée Matheysin.

Le général Marchand qui commande à Grenoble est fermement décidé à arrêter l’usurpateur et à l’enfermer au fort Barraux. Il a envoyé un bataillon qui a pris position à Laffrey, défilé étroit entre la colline et le lac.

A l’entrée de ce village, entre lac et montagne, les troupes du 5ème de Ligne occupent une place stratégique pour arrêter Napoléon.

On longe le lac de Pierre-Châtel, puis celui de Petichet et l’on arrive maintenant au grand lac de Laffrey. Le plateau se resserre entre les collines et les lacs. Soudain, les lanciers polonais à bride abattue reviennent vers les chasseurs qui aussitôt sautent de leurs charrettes et chargent leurs fusils. L’Empereur descend de calèche et monte à cheval, puis dépassant les chasseurs pousse vers Laffrey avec les lanciers. Après un temps de galop, ils s’arrêtent: une troupe d’infanterie est rangée en bataille en avant du village.

C’est le bataillon de Lessart qui, pris de scrupules de n’avoir pas fait sauter le pont de Ponthaut dans la nuit, occupe le défilé. Cet infortuné chef de bataillon a troublé les historiens de cette fameuse rencontre de Laffrey: il se nomme suivant les ouvrages Lessart, ou Lessard avec un d, ou devenu noble, de Lessard, ou encore Delessart.

Lessart, donc, a envoyé un courrier à Grenoble au général Marchand et attendant une réponse, il espère retarder les rebelles. A midi, arrive un aide de camp, le capitaine Jacques Randon de St Marul, officier de 19 ans qui n’est autre que le neveu de Marchand. Parti de Grenoble avant que la dépêche arrive, Randon n’a aucun ordre nouveau, mais, jeune et bouillant, il assure « qu’il n’y a pas de doute, Bonaparte, il faudra tirer dessus. » Né à Grenoble en 1793, engagé à 16 ans a fait la campagne de Russie et, lieutenant en 1813, la campagne d’Allemagne, ce jeune capitaine deviendra maréchal et ministre de la guerre pendant le Second Empire, gouverneur de l’Algérie, pour finir à Genève en 1871.

Jacques Randon et ses hommes, se trouvent donc face à face avec Bonaparte, à cheval avec ses lanciers.

« Feu, feu » hurla Randon. Aucun soldat n’obéit…

Dans le silence, une voix forte et calme s’éleva : « Soldats du cinquième de Ligne, je suis votre Empereur, reconnaissez-moi !« , puis, devant l’indécision des soldats pâles d’émotion lui faisant face, il s’approcha à portée de fusil, entrouvrit sa redingote et s’écria: « S’il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son Empereur, me voici. » À ces mots, le 5e de Ligne mit bas les armes et se précipita vers Napoléon en pleurant…. les fusils s’abaissèrent, les soldats fraternisèrent aux cris de « Vive l’empereur!« , les cocardes tricolores fleurirent de toute part.

Napoléon venait de remporter une victoire décisive…

Après cet épisode, Napoléon dit au général Cambronne : « C’est fini. Dans huit jours nous serons à Paris.« 

Stendhal a relaté cet épisode chargé de drames et d’émotions dans « Mémoires d’un Touriste » et dans sa « Vie de Napoléon« . N’oublions pas que Stendhal est né à Grenoble en 1783, dans la rue des Vieux Jésuites, aujourd’hui rue Jean-Jacques Rousseau (plaque commémorative au-dessus de la porte). Lieutenant de Dragon sous l’empire, il fera la campagne de Russie en 1812, en qualité d’intendant.

Le lieu de cette confrontation est devenu la « Prairie de la Rencontre« , immortalisée par le peintre allemand Charles de Steuben et marquée par une statue équestre de l’Empereur précédée en bordure de la route par deux aigles en bronze.

La statue de bronze de Napoléon Ier, commandée par Napoléon III et l’œuvre d’Emmanuel Frémiet, fut érigée sur la Place d’Armes (plus tard appelée la Place de Verdun à Grenoble). Démantelée pendant la guerre de 1870 [le 4 septembre*] au temps de la chute du Second empire elle est mise au placard, d’abord à Grenoble au dépôt des marbres, ensuite à Paris au magasin. La première guerre mondiale relance le culte de Napoléon Ier, et entre le Département de l’Isère et Paris s’élève une dispute au sujet de la propriété de la statue. Grenoble pour finir l’emporte, grâce à la ténacité de Marcel Deléon, et obtient en 1929 la permission d’ériger la statue à Laffrey dans la « Prairie de la Rencontre » aux bords du lac, là où Stendhal avait planté un saule. La statue restaurée est inaugurée officiellement pour la deuxième fois le 31 août 1930 (source: Mairie de Laffrey).

Statue Napoleon Bonaparte - 1868 Grenoble

* Nous remercions M. Eric Lombard pour cette précision.

Prairie de la Rencontre 1

Prairie de la Rencontre

Musée de la Grande Chartreuse

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Discours de Dom Marcellin lors de l’inauguration du Musée de la Grande Chartreuse

Monastère de la Grande Chartreuse, mai 2010. Le père supérieur, appelé Prieur, Dom Marcellin s’exprime lors de l’inauguration du musée de la Correrie rénovée et comprenant les anciennes cartes restaurées, datées du XVIIème, des monastères cartusiens.

La visite de la Correrie, ancienne dépendance des moines Chartreux, vous permettra de mieux comprendre le mystère de l’Ordre des Chartreux, leur 900 ans d’Histoire, leur mode de vie.

Au cœur du massif de la Chartreuse, à seulement 2 km du célèbre monastère fondé par Saint Bruno en 1084, le musée vous ouvre les portes vers l’aventure intérieure et spirituelle des moines chartreux, leur vocation à la solitude et leur mode de vie. Le réaménagement complet du musée, achevé en mars 2012, permet de découvrir le mystère de l’Ordre des Chartreux. Grâce aux nombreux documents, objets de la vie courante, gravures mais aussi aux films et aux témoignages inédits vous pourrez découvrir le monastère comme si vous y étiez.
Langues parlées : Anglais, Allemand, Italien Polonais…

Correrie 001

Tarifs:

Du 01/03 au 16/03/14
Adulte : 8,50 € (Plein tarif audio-guide inclus)
Enfant : 3,90 € (Plein tarif de 7 à 18 ans)

Du 05/04 au 02/11/14
Groupe adulte : 6,50 € (audio guide inclus à partir de 20 personnes)
Groupe enfant : 3,50 € (De 7 à 18 ans)
Adulte : 8,50 € (Plein tarif audio-guide inclus)
Enfant : 3,90 € (Plein tarif de 7 à 18 ans)

Dates d’ouverture :

Du 1er au 16 mars de 13h30 à 18h00

Du 05/04 au 02/11/14 : ouvert tous les jours (ouvert de Pâques à la Toussaint pour les individuels
Avril-octobre-novembre du lundi au vendredi de13h30 à 18h et les week-end de 10h à 18h
De mai à Septembre
Tous les jours de 10h à 18h30
et toute l’année pour les groupes sur réservation).

Accès :

Attention ! Itinéraire par St Laurent du Pont, via la D520B, impraticable pour les autocars à deux étages en raison des tunnels. Depuis Grenoble, passer par le Col de Porte D512.

 

Musée de la Grande Chartreuse
La Correrie
SAINT-PIERRE-DE-CHARTREUSE

Tél : +33476886045

Site web : http://www.musee-grande-chartreuse.fr

Les mystères du mont Aiguille

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Le mont Aiguille, près de Chichilianne, est une dent avancée de la falaise orientale du massif du Vercors, à la limite du Trièves, au sud du département de l’Isère. C’est une des sept merveilles du Dauphiné où l’alpinisme rocheux (sur roche calcaire) est pratiqué, en particulier sur la face nord-ouest.

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Depuis Chichiliane, une belle balade dans la vallée, permet de découvrir cette montagne et quelques uns de ses secrets.

Les légendes qui se rapportent au mont Aiguille ont parfois retenu l’attention des princes. La plate-forme sommitale apparaissait en effet, dans bien des esprits, comme une sorte d’Eden, un territoire préservé du monde profane.

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En 1211, Gervais de Tilbury, neveu du roi d’Angleterre Henri II, le décrit comme un mont inaccessible duquel choit une source transparente ; au sommet, de l’herbe verdoie et l’on y voit parfois des draps blancs, étendus pour sécher, selon l’usage des lavandières. Les lambeaux de neige qui subsistent au printemps sur la prairie sommitale et l’imagination du narrateur juché sur la cime du Grand Veymont suffisent pour accréditer la légende des lavandières du mont Aiguille.

Au Moyen Âge, le mont Aiguille, baptisé en latin Supereminet Invius qui signifie  » il se dresse, inaccessible », est perçu comme un énorme rocher d’une hauteur prodigieuse. Les dessinateurs de l’époque le représentent sous la forme d’un champignon ou d’une pyramide renversée.

Sous l’Ancien Régime, il jouit d’une popularité supérieure à celle des géants des Alpes, ignorés du plus grand nombre.

Au XVIème siècle, Rabelais, dans le Quart Livre, relate l’ascension faite par Antoine de Ville de ce qui était encore appelé le « mont Inaccessible » de façon quelque peu imaginaire, tant par la forme de la montagne que par le nom de l’alpiniste ou ce qu’il trouva au sommet : « Ainsi dict pource qu’il est en forme d’un potiron, et de toute memoire persone surmonter ne l’a peu, fors Doyac, lequel avecques engins mirificques y monta et au-dessus trouva un vieux bélier. C’estoit à diviner qui là transporté l’avait. Aucuns le dirent, estant jeune aignelet, par quelque aigle ou duc chaüant là ravy, s’estre entre les buissons saulvé.« 

En 1656, Denys de Salvaing de Boissieu dans Septem miracula Delphinatus (Les sept merveilles du Dauphiné), relate que des déesses chassées du mont Olympe seraient venues se réfugier sur ce promontoire, qui faisait encore partie de la falaise orientale du Vercors. Elles furent surprises dans le plus simple appareil par le chasseur Ibicus. L’affaire provoqua le courroux de Jupiter qui changea le voyeur en bouquetin et sépara le mont sacré du reste du Vercors.

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Journées du Patrimoine au Fort de Comboire

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Nous vous l’avions annoncé dans notre page Actualités, nous étions hier au Fort de Comboire à l’occasion des Journées du Patrimoine 2014.

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C’est un lieu que nous avons souvent approché au gré de nos balades autour du Rocher de Comboire, et que l’on aperçoit depuis la tourbière du Peuil.

Le fort de Comboire a été repris en 2011 par une association le Musée Régional des Épopées Impériales et Gloires Militaire. Cette association a un projet d’implantation d’un musée sur le site et le développement d’activités culturelles diverses, tout ceci appuyé sur un projet économique qui doit permettre de faire vivre ces activités.

L’association  Les Amis du fort de Comboire s’est donnée pour but d’accompagner et d’aider à la réalisation de ces projets, de participer à la maintenance du fort dans le respect de son architecture d’origine et à son animation en l’ouvrant à la visite et en favorisant toutes les activités qui participeront à en faire un endroit convivial au profit de tous.

En partenariat avec la ville de Claix, ces deux association ont ouvert les portes du fort à un large public pendant ces deux Journées du Patrimoine 2014.

Et, en ce samedi, déjà le public se pressait, nombreux, pour découvrir le fort, au travers d’une belle visite guidée très vivante…

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… et d’expositions dans diverses salles pour mieux comprendre la vie du fort, et sur le thème de la Première Guerre Mondiale dont nous avons fêté le centenaire cette année.

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Le fort est encore ouvert ce dimanche et les bénévoles des deux associations sont prêts à vous accueillir de 10:00 à 12:00 heures puis de 14:30 à 17:00 heures.
Profitez-en donc !

De notre côté, nous aurons certainement l’occasion d’y revenir pour une reportage plus complet.

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Le fort du Saint-Eynard

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Construit à flanc de montagne et surplombant la vallée du Grésivaudan, ce fort construit en 1870 et réhabilité entre 1991 et 2000 par une entreprise et des capitaux entièrement privés, est le témoin de l’histoire militaire de Grenoble et de ses environs.

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Supervisé par Richard de Régnauld de Lannoy de Bissy, ce fort a été construit entre le 21 mars 1873 et octobre 1879. Il est le dernier des sept forts construits pour la ceinture fortifiée de Grenoble. Il reprend d’ailleurs comme le Fort du Mûrier les spécifications du système de fortification du général Séré de Rivières. Le fort s’étend sur plus de 274 410 m² et sa construction a coûté 1 155 833 Francs de l’époque.

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Le fort a été mis en place pour pouvoir protéger le massif de la Chartreuse, les villages de Sarcenas, Quaix-en-Chartreuse et Saint-Égrève. Il surveillait la route venant de Savoie par le col de Porte et devait également protéger le ravin de La Vence et permettait de contrecarrer une possible invasion du Fort du Bourcet situé en contrebas du fort du Saint-Eynard.

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Ce fort abritait à l’époque plus de 477 hommes et 25 pièces de canon. Il était protégé d’un côté par la falaise et de l’autre par un fossé creusé à même la montagne. Imprenable, ce fort est à peine visible depuis le col de Porte. Toutefois, il n’a jamais servi. En effet durant la Première Guerre mondiale, il ne couvrait pas les zones où se déroulaient les batailles. Et durant la Seconde Guerre mondiale, il a été rendu obsolète du fait de l’utilisation des avions. Il fut donc déclassé par l’armée le 26 mars 1962, puis racheté par les communes du Sappey-en-Chartreuse et de Corenc.

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Nous sommes en 1871, la France viens juste de perdre la bataille de Sedan. Guerre franco-allemande, dans laquelle Napoléon III fût capturé. Les 200 000 soldats de l’armée allemande, commandés par le maréchal Helmuth von Moltke ont bloqué les 120 000 soldats de l’armée française dans Sedan.
Il faut alors absolument renforcer les frontières du pays.
Seré de Rivières fraîchement nommé général a l’idée d’une suite de forts, des places conçues pour être inexpugnables, disposant d’une très puissante artillerie, et interdisant le passage en croisant leurs feux.
Ce sont les « rideaux défensifs », ou pour l’état major allemand la « barrière de fer ».

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La stratégie consiste a laisser ouvert deux voies au milieu de ces « rideaux défensifs » où l’ennemi sera naturellement canalisé puis enfermé et exterminé.

La loi du 17 juillet 1874 lui offre une enveloppe de 700 000 millions de francs or pour la construction et l’armement de 166 forts, 43 petits ouvrages et plus de 250 batteries. Ces nouveaux forts sont partiellement enterrés, mais leur artillerie reste à découvert entre les créneaux de terre du rempart. Les structures du fort sont autant que possible cachées à la vue de l’assaillant, plus pour se dérober à son artillerie que par souci de camouflage, à une époque où les tirs d’artillerie à la poudre noire se repèrent de très loin.

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La situation géographique de Grenoble, plaçant la ville au carrefour des vallées Alpines, la rendait stratégique pour la défense de la France vis à vis de l’Italie et des autres pays frontaliers.

C’est ainsi que six forts furent construits sur les hauteurs de ces massifs pour contrôler les vallées (à Saint-Eynard, au Bourcet, au Murier, aux Quatre-Seigneurs, à Montavie et à Comboire) pour compléter le système défensif qui comprenait déjà la place forte de La Bastille.

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Planté au sommet d’une falaise à 1338 m d’altitude, l’emplacement retenu pour le fort du St Eynard, dernier des six forts Seré-de-Rivières entourant Grenoble est tout à fait judicieux. Il enlève le risque de se faire déposséder facilement du Fort du Bourcet, et peut battre de ses feux la Chartreuse, le bourg de Sarcenas, Quaix, Saint Egrève.
Pratiquement invisible du Col de Porte, il interdira tout passage par le ravin de la Vence.
La construction de ce fort débuta le 21 mars 1873. Les conditions étant difficiles il sera terminé en octobre 1879. Imprenable côté falaise, le fort du St Eynard est protégé au Nord par un énorme fossé creusé dans le roc.
Le mur d’escarpe mesure de 6 à 8 m de haut. Il est séparé du mur de contre-escarpe par une distance de 11m. Il dispose de 25 pièces de canon servies par 477 hommes, sous-officiers et officiers.

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Une particularités du fort du Saint-Eynard est qu’il n’y a plus d’eau en haut des falaises et deux citernes reçoivent les eaux de pluie. Lorsqu’on manquait d’eau, il fallait aller se ravitailler au Sappey en Chartreuse.

A peine ce gigantesque chantier terminé, l’artillerie faisait un progrès considérable avec l’apparition de la mélinite, de l’obus torpille et du schrapnel, rendant aussitôt obsolète cette ligne fortifiée.

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Actuellement, le fort est maintenu par la Fondation du Fort Saint-Eynard. Jadis restauré par une entreprise privée, le fort est maintenant viable. Un restaurant et un musée accueillent d’ailleurs chaque année de nombreux visiteurs, il invite à des visites commentées dans des salles d’exposition animées de maquettes. Reconstitution « in situ » de la vie du fort. Ainsi que des expositions civiles et pittoresques, telles que :
« Le Dauphiné de sa naissance à aujourd’hui »
« La Belle Epoque de 1870 à 1914 »

   Comité de parrainage du Fort du St Eynard
38700 Le Sappey en Chartreuse
Téléphone: 04 76 85 25 24

Le fort du Saint-Eynard 012

Face aux Alpes, sur l’un des hauts lieux du massif de la Chartreuse, le fort du Saint-Eynard, parfait exemple de l’architecture militaire de défense de la fin du XIXème siècle offre un des plus beaux panorama à 360° sur les Alpes et une vue panoramique de l’ensemble de l’agglomération grenobloise.

Le fort du Saint-Eynard 004

Informations pratiques
Du 01/05 au 31/05, tous les jeudis, vendredis, samedis et dimanches de 11h30 à 23h.

Du 01/06 au 31/08 de 11h30 à 23h.
Fermé le lundi.

Du 01/09 au 04/11, tous les jeudis, vendredis, samedis et dimanches de 11h30 à 23h.
Forfait groupe adultes : 4 €
Forfait groupe enfants : 4 €
Groupe adulte : 5 €
Groupe enfant : 5 €
Adulte : 5 €
Enfant : 5 € (gratuit jusqu’à 10 ans).

Tarif enfant jusqu’à 10 ans
Gratuité chauffeur et accompagnateur.
Fort du Bourcet
38700 Le Sappey-en-Chartreuse
Téléphone : 04 76 85 25 24
Web : http://www.fortsteynard.com
Mail : fortsteynard@yahoo.fr

 Le fort du Saint-Eynard 005

Accès : de Grenoble, prendre la D512, direction le Sappey en Chartreuse. 500m. avant le Sappey, prendre à droite direction le Fort du St Eynard. 6 virages sur 4 km (route fermée en hiver).

Le fort du Saint-Eynard 006

Grotte de la Luire

Publié le Mis à jour le

Le massif du Vercors est célèbre pour les Résistants qui se sont réfugiés dans les maquis lors de la Seconde Guerre mondiale car, ainsi que le note déjà début 1941 l’alpiniste Pierre Dalloz auprès du journaliste et écrivain Jean Prévost, certains plateaux y sont difficiles d’accès pour les non-initiés mais permettent de vivre en relative autarcie.

Les premières attaques allemandes contre le Vercors ont lieu durant l’hiver 1944. Puis, en avril, la Milice française dirigée par Raoul Dagostini mène des actions de répression à Vassieux. François Huet est à son tour nommé chef militaire. Toutefois, la situation bascule à l’été 1944.

La veille du débarquement de Normandie, le code « le chamois des Alpes bondit » annonce la mobilisation de tous les combattants du massif, rejoints par des centaines de jeunes volontaires inexpérimentés. Huet tente d’organiser les 4 000 maquisards tout en évitant que se referme sur eux le piège de la forteresse.

Les combattants croient à des parachutages massifs d’armes lourdes110. Par défi, ils déploient à Saint-Nizier un immense étendard tricolore visible par les Allemands depuis Grenoble. Très rapidement, la région est mise à feu et à sang.

En réponse, le général Karl Pflaum lance, du 13 au 15 juin, une offensive de 15 000 hommes appuyée par d’importantes troupes aéroportées. Elle est fatale à ce maquis qui, malgré les appels à l’aide de Huet auprès des autorités d’Alger, doit se replier dans le Sud-Vercors.

Grotte de la Luire 001

Le porche d’entrée de la grotte de la Luire sert brièvement d’hôpital de campagne au maquis, choisie par l’Etat-major pour permettre l’évacuation des blessées des hôpitaux quand les allemands arriveraient.

Dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944, l’état-major du Vercors, devant l’aggravation de la situation, donne l’ordre de replier l’hôpital du Maquis, installé le 8 juin à Saint-Martin-en-Vercors, sur l’hôpital de Die. Un car, deux camions et une voiture particulière embarquent 122 blessés, les malades et le personnel. Par la route du col de Rousset, le convoi rejoint Die au petit matin. La mère supérieure de l’hôpital signale l’arrivée imminente des Allemands.

Devant ce danger, le docteur Fernand Ganimède décide de laisser quelques blessés légers à Die, de remonter sur le massif et, conduit par Fabien Rey, un pâtre résistant, de s’établir provisoirement à Saint-Agnan-en-Vercors.

Le porche n’est pratiquement pas visible depuis la route départementale 518. La grotte, bien que déjà répertoriée dans des guides touristiques, n’est guère connue que des spéléologues et de quelques habitants du voisinage. Elle apparaît donc comme un refuge sûr. Cependant, le docteur Ganimède et le médecin-capitaine Fischer, inquiets, essaient d’évacuer les blessés les moins atteints. Le soir du 22 juillet, 50 blessés et 18 soignants quittent la grotte et rejoignent Romans. Le 25, le docteur Ganimède fait se réfugier, dans une cavité au-dessus du porche, un groupe de blessés qui peuvent se déplacer avec des béquilles. Ils sont accompagnés par deux infirmières, Lucie Jouve et Marie Roblès.

Sous le porche de la grotte, il reste moins de la moitié du groupe : 45 blessés intransportables dont une trentaine de maquisards, parmi lesquels on citera Juliette Lesage dit « Lilette », infirmière blessée au combat de Combovin le 22 juin, un officier américain Chester Meyers, un commando parachuté le 29 juin, opéré de l’appendicite, et aussi quatre soldats allemands ou polonais, Félix Dombrowski, Kruzel, Malacowski et Veronecki, blessés capturés en juin au combat de Montclus.

Sous le porche de la grotte de la Luire, s’abritent les blessés, allongés ou assis parmi les rochers ou s’appuyant sur des béquilles, encadrés par les médecins et infirmières. À droite, le drapeau à croix rouge est étalé sur la paroi.

23 juillet 44, sous le porche de la grotte de G à D : Dr Rosenthal, J. Ganimède, Mme Roblès, Mme Ganimède, M. Roblès, Michalet
23 juillet 44, sous le porche de la grotte
de G à D : Dr Rosenthal, J. Ganimède, Mme Roblès, Mme Ganimède, M. Roblès, Michalet

Le sol de la grotte est très tourmenté et encombré de rochers. Il était difficile de trouver un emplacement horizontal pour coucher les blessés. Les soignants ne disposaient que d’un matériel médical rudimentaire et n’avaient aucun éclairage la nuit. Ils soignaient cependant aussi bien les quatre prisonniers de la Wehrmacht que les maquisards français.

Bléssés, infirmières et médecins

Treize personnes constituent l’encadrement : trois médecins, les docteurs Fischer dit « Ferrier », 32 ans, médecin capitaine du Groupement des chantiers de jeunesse n° 19 qui avait rejoint la Résistance au Vercors, Marcel Uhlmann, 32 ans, médecin juif, et Ganimède, ce dernier accompagné de sa femme et de son fils Jean, sept infirmières, et un aumônier, Yves Moreau de Montcheuil, 44 ans, philosophe et théologien très cultivé et très ouvert, qui avait participé activement à l’élaboration et à la diffusion des Cahiers du Témoignage chrétien, dénonçant l’antisémitisme et appelant les chrétiens à réveiller leur conscience, puis avait gagné le Vercors pour y assister les jeunes résistants et les blessés. Un drap blanc à croix rouge est déployé près de l’entrée du porche.

Cette photo aurait été prise par le fils du docteur Ganimède le 23 juillet 1944.
Cette photo aurait été prise par le fils du docteur Ganimède le 23 juillet 1944.

Dans le ciel le Storch, le mouchard, survole à très basse altitude l’hôpital improvisé.

Certains blessés décèdent avant le jour du drame : André Bourcereau, 26 ans, résistant originaire de Pauillac (Gironde), résidant à La Seyne (Var), blessé au combat de Saint-Nizier, emmené à l’hôpital de la grotte de la Luire à Saint-Agnan-en-Vercors où il décède le 25 juillet 1944, Pierre Mallein, 18 ans, résistant de Pont-de-l’Isère, blessé (on ne sait s’il est décédé le 24 juillet 1944 à Saint-Martin-en-Vercors ou abattu par les Allemands à la grotte de la Luire, Albert ou Auguste Mulheim, 24 ans, d’origine alsacienne, chasseur de la compagnie Chabal, blessé le 23 juillet 1944 à Villard-de-Lans (Valchevrière) par trois balles de mitrailleuse dans le ventre, il est évacué sur la grotte de la Luire où il meurt peu après, Henri Murot, résistant originaire d’Argenteuil (Seine-et-Oise, maintenant Val-d’Oise), roulottier, grièvement blessé et atteint par la gangrène, il meurt le 27 juillet 1944, peu avant l’arrivée des Allemands, à l’hôpital replié dans la grotte de la Luire, Édouard Ricordo, 27 ans, blessé amené à la grotte de la Luire où il décède le 23 juillet.

Lorsqu’il est découvert, le 27 juillet 1944, l’hôpital de fortune, est le théâtre d’une sanglante attaque des allemands.

Le 27 juillet, vers 16 heures, les soldats allemands font irruption à l’entrée du porche. Les quatre prisonniers de la Wehrmacht, reconnaissant des camarades de leur unité, leur crient de ne pas tirer, disant « ils nous ont soignés« .

Les allemands réquisitionnent un agriculteur de Saint-Agnan-en-Vercors, Jarrand, avec sa charrette tractée par des vaches, pour transporter douze grands blessés à Rousset où ils retrouveront les sept qui peuvent marcher ainsi que le personnel soignant.
Sur le trajet, le convoi des grands blessés rencontre un groupe de parachutistes allemands. La nuit tombe, le chef de ce groupe décide d’en finir. Il fait remonter la charrette en direction de la grotte. En contrebas de celle-ci, sur un terre-plein, il fait achever les quatorze plus grands blessés sur leur brancard. Puis il les fait rouler en bas du talus et enterrer dans un charnier. Un mois plus tard, les gens du pays virent chercher les cadavres pour les inhumer dans la cimetière de Saint-Aignan.

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Sept autres grands blessés sont achevés après avoir été contraints de creuser leur tombe, le jour suivant au pont des Oules, en amont du hameau de Rousset.

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Abdesselem Ben Ahmed, résistant originaire du Maroc, qui traite un officier autrichien de « sale boche », refusant de s’excuser, est assommé à coups de crosse de mitraillette et pendu.

Les autres membres de ce groupe sont conduits à Grenoble et internés à la caserne de Bonne où siège la Gestapo. Les « civils », Jeanne Ganimède, son fils, et « Lilette » Lesage (dont les Allemands ignorent qu’elle est une résistante) peuvent s’échapper grâce à la complicité des Polonais de la Luire. Le docteur Ganimède, autorisé à se rendre aux toilettes, réussit à s’évader.

L’officier américain a la vie sauve. Par contre, le lieutenant Francis Billon, de la mission « Paquebot », originaire du Finistère, qui avait eu la cuisse brisée lors de son atterrissage à Vassieux, le 7 juillet, est exécuté, cours Beriat, malgré son uniforme militaire de l’armée régulière française.

Deux médecins et l’aumônier seront également fusillés, dans la nuit du 10 au 11 août 1944, au Polygone de Grenoble alors que les 7 infirmières capturées, Maude Romana, Cécile Goldet, Anita Winter, France Pinhas, Suzane Siveton, Rosine Bernheim et Odette Malossane, seront déportées en camp de concentration à Ravensbruck, Odette Malossane y meurt le 25 mars 1945.

Odette Malossanne, dite Etty

Une seule infirmière, Marie Robblés a été sauvée car elle se trouvait dans la forêt avec d’autres blessés qui y avaient été cachés.

Marie Robblés a cent ans mais encore toute sa tête pour parler de cet épisode … elle a pu y retourner avec un ancien déporté qui est maintenant un intime, Jean Monin.

En 1946, le porche est classé parmi les sites et monuments naturels de caractère historique. Il intègre aujourd’hui le parcours des Chemins de la Liberté.

27 juillet 1946, cérémonie commémorative sur le site historique de la grotte de la Luire

Pour en savoir plus :
La Grotte de la Luire (G. Giraud et J-W. Dereymez)
Commémorer (G. Giraud et J-W. Dereymez)

Grotte de la Luire 002

Renseignements au Site National Historique de la Résistance en Vercors
Mémorial de la Résistance (Visite historique du SNHRV)
Col de La Chau
F-26420 Vassieux-en-Vercors
Tél. : 33 (0)4 75 48 26 00
Fax. : 33 (0)4 75 48 28 67
Courriel : info@memorial-vercors.fr
Site internet : www.memorial-vercors.fr

Le 25 février 1896, plusieurs habitants de La Chapelle-en-Vercors entreprennent la première exploration. La profondeur approximative de 80 mètres est atteinte. En 1898, Oscar Decombaz et son équipe pénètrent à leur tour dans la grotte ; la salle d’entrée porte aujourd’hui son nom.

Diverses explorations ont ensuite conduit les spéléologues jusqu’à une profondeur de -200 mètres. Les principales expéditions furent généralement conduites par le GSV (Groupe Spéléologique Valentinois) à partir de 1952.

De nos jours, la grotte est toujours le théâtre d’explorations, notamment par les nouvelles générations de spéléologues du même Groupe Spéléologique Valentinois.

Avec l’arrivée de techniques plus modernes, pompages et escalades amènent désormais le réseau à plus de 53 kilomètres (août 2012), dont plus d’une dizaine derrière des siphons. C’est actuellement la grotte la plus longue du Vercors. Le point bas actuel est découvert le 9 août 2003, c’est le siphon Oméga à la profondeur de -483 mètres.

La visite guidée de la partie aménagée au public dure environ une heure, associée à une animation originale. Après avoir fabriqué sa bougie, le visiteur explore la cavité à la recherche des émotions qu’ont ressenties les premiers explorateurs, il y a plus d’un siècle. Le guide présente alors ce qui reste encore aujourd’hui de l’un des mystères hydrologique du monde, avant de faire découvrir les proportions remarquables et le décor exceptionnel de la cavité, grâce à un éclairage spectaculaire.

La visite de la grotte de la Luire et de son porche constituent une expérience émouvante tant par le souvenir des aventures humaines dont ils ont été le décor que par la rencontre avec le plus grand réseau souterrain de la Drôme, le réseau Luire-Bournillon.

Le livre Grotte de la Luire, 1896-1996, un siècle d’explorations, l’aventure continue… et un double DVD retracent l’histoire de ces explorations.

Grotte de la Luire (Visite de la grotte touristique)
26420 Saint-Agnan-en-Vercors
Tél. : 04 75 48 25 83 ou 04 75 48 23 69
Site internet : www.grotte-luire-vercors.com

Sources bibliographiques :

ADD, 132 J 1. Fédération des Unités combattantes de la résistance et des FFI de la Drôme, Pour l’amour de la France, Drôme-Vercors 1940-1944, Peuple Libre 1989.

Escolan Patrice et Ratel Lucien, Guide-Mémorial du Vercors résistant, Paris, Le Cherche-Midi, 1994.

Colonel Richard Marillier, Vercors, 1943-1944, Le malentendu permanent, éditions de l’Armançon, 2003.

Pons, De la résistance à la Libération.

La Picirella, Témoignage sur le Vercors. De Richter.

Vergnon Gilles, Le Vercors, histoire et mémoire d’un maquis, éd. De l’Atelier, Paris, 2002.

Association des Pionniers du Vercors, Le Vercors raconté par ceux qui l’ont vécu, Valence 1990.

Rosine Bernheim, Pierre Sulivan, La Traîne-Sauvage, Flammarion1999.

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