Musées

L’Eglise de Saint-Hugues-de-Chartreuse

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Saint-Hugues-de-Chartreuse est un petit hameau situé au cœur du massif de Chartreuse, à vingt-cinq kilomètres de Grenoble. Unique en son genre, son église est une attraction singulière pour les amateurs d’art et de théologie.

Commencée en 1952, en marge du renouveau de l’art sacré par un jeune artiste inconnu de 25 ans, Jean-Marie Pirot, plus connu sous le nom d’Arcabas.

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L’église, de style néo-roman, est construite par les Chartreux en 1860. En 1952, quand Arcabas arrive à Saint-Hugues, le bâtiment subit les dommages de l’humidité : charpente et toiture sont en réfection.

L’artiste propose de décorer gratuitement l’intérieur de l’église. Une aventure artistique de trente-huit ans va ainsi démarrer.

Cette l’église est entièrement ceinturée de peintures monumentales se développant sur trois registres superposés de dominante rouge et or, où sont représentés entre autres sujets, la Cène, la Résurrection, Adam et Eve, Saint Bruno, la loi de Moïse, le Psaume 150.

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Le petit registre inférieur (Prédelle) exprime avec plus de cinquante œuvres, la vision du monde de l’artiste à travers les textes sacrés en une pédagogie biblique spontanée, poétique plutôt qu’exhaustive.

Vitraux, tabernacle et autel sculptés, incrustations dans le sol, portes cloutées parachèvent cet ouvrage réalisé en trente trois années d’enthousiasme créateur dans l’art et la foi révélant un lieu pastoral inspiré, à l’usage des croyants autant que des laïcs.

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C’est ce que font ressortir avec force la composition architectonique de caractère majestueux et unitaire, le rythme et la symétrie, le chromatisme jubilatoire, plaçant ainsi l’église de Saint-Hugues-de-Chartreuse parmi les réalisations les plus ardentes mais aussi les plus abouties de l’art sacré contemporain.

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C’est la plus importante œuvre monumentale du peintre. Elle a fait l’objet d’une donation au Département de l’Isère en 1984. Église et musée, Saint-Hugues-de-Chartreuse constitue une réalité multiple : église paroissiale et résidence d’une centaine d’œuvres. La cohabitation est naturelle.

Le lieu, une œuvre d’orfèvrerie, étrange et rare, accueille chaque année des milliers de visiteurs (entrée libre sauf pendant les offices religieux).

Visiter le site Internet.

Pour aller plus loin :

Arcabas : Saint-Hugues-de-Chartreuse et autres œuvres de François Boespflug

Arcabas

Relié: 207 pages
Editeur : Conservation du Patrimoine en Isère Musée Dauphinois (1 septembre 2008)
Langue : Français
ISBN-10: 2355670110
ISBN-13: 978-2355670114

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Musée du Tisserand Dauphinois

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La Maison du Tisserand Dauphinois est un musée vivant sur les traces des tisseurs de soie.

Maison Couturier Fructus Descher à La Batie-Montgascon

Ce qui fait l’unicité de ce musée, installé dans une ancienne usine de tissage de La Bâtie-Montgascon, c’est que vous y découvrirez non seulement des outils, des machines en fonctionnement, des ateliers, mais surtout, vous y rencontrerez les hommes et les femmes qui leur ont donné durant des années le souffle de la vie, jusqu’à aujourd’hui, pour vous : ce lieu est un vrai musée vivant !

Dès le XVIIIème siècle La Bâtie-Montgascon compte de nombreux Peigneurs de Chanvre.

Elle devient au XIXème siècle une citée industrieuse vouée au textile d’abord par la fabrication des toiles dites « de Voiron ».

une ouvrière au travail sur un métier à tisser

Après la révolte des Canuts, en 1831 et 1834 qui virent chefs d’ateliers et compagnons se soulever pour la défense de leurs légitimes revendications, le village de La Bâtie-Montgascon devient un véritable déversoir des soieries lyonnaises. Le Bas-Dauphiné leur offrait une abondante main-d’œuvre rurale (on comptait vers la fin du siècle dernier 140 habitants au kilomètre carré à la Bâtie !) moins exigeante, pour laquelle le tissage constituait un appoint appréciable. Ce village a vécu au rythme des métiers à tisser pendant plus d’un siècle. Aux XIXème siècle, les soyeux lyonnais installaient des métiers à tisser dans les fermes et les paysans tissaient à temps perdu. Peu à peu, les métiers mécaniques remplaçaient les métiers à bras et chacun tissait la soie dans les cantons de La Tour du Pin et de Pont de Beauvoisin. « Le métier mécanique meuble le foyer comme ailleurs la machine à coudre ou la table d’horlogerie« . La Bâtie Montgascon au nord du canton de Pont de Beauvoisin, avant guerre le bourg comptait 960 métiers à tisser la soie pour 1 000 habitants. Dans la seconde moitié du XXème siècle, les métiers à tisser ont disparu peu à peu.

Maison Couturier Fructus Descher

Une statistique de 1914 ne donne plus que 80 métiers à bras en usine et 382 à domicile pour le canton de Pont de Beauvoisin, on n’en compte plus que quelques uns à la Bâtie sur lesquels de véritables artistes tissent de somptueuses étoffes à la cadence de quelques centimètres par jour .

Maison Couturier Fructus Descher - embobineuses

Aujourd’hui ce passé glorieux est restitué et réhabilité dans une perspective pédagogique, historique et technique.

Le Musée du Tisserand Dauphinois se situe au centre du village de La Bâtie-Montgascon, dans une ancienne usine de tissage réhabilitée offrant une surface d’exposition de prés de 700 m2  sauvegardant ainsi un bâtiment industriel typique de notre région avec ses toitures à sheds.

C’est un musée industriel qui présente un ensemble patrimonial unique, témoignant de plus de 200 ans d’histoire du tissage en Nord-Dauphiné.

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Mais le Musée du Tisserand Dauphinois est bien plus que cela.

Comme son nom l’indique, il est un musée vivant qui se veut un conservatoire de mémoire.

Toutes les machines présentées sont en état de marche et fonctionnent lors de démonstrations effectuées par des tisseurs qui partagent avec le public, leur savoir-faire et leurs souvenirs.

Car avant d’être un musée technique, le Musée du Tisserand Dauphinois est celui des hommes qui travaillèrent et travaillent encore ce merveilleux tissu qu’est la soie.

Lors de la visite, ils tissent comme autrefois des tissus prestigieux, brochés, velours de Gênes, Damas, lampas sur des métiers à bras et mécaniques.

Gageons que, La Bâtie-Montgascon prouvera encore et toujours qu’elle mérite son surnom de Croix Rousse du Bas-Dauphiné, ainsi l’avait heureusement dénommé et à juste titre un chroniqueur de la Radio Lyonnaise, commentant l’étonnante prospérité de l’industrie de la soie en cette modeste commune.

Dans cet ancien atelier de tissage Lalechère, dont l’activité cessa en1968, les enfants sont guidés grâce aux nombreuses démonstrations des tisseurs bénévoles qui animent les visites vous découvrirez la vie des ouvriers de la soie.

Conçu pour les enfants, le Musée du Tisserand Dauphinois propose de mener l’enquête sur le tissage dauphinois pendant un séjour détente.

Les enfants sont invités à découvrir l’histoire de ce métier.

En tout, ils devront résoudre 9 énigmes sur le fil de soie, du cocon au tissu.

Les parents pourront se rendre dans la salle du musée consacrée au tissage d’antan et y admirer de vieilles machines à bras et les fameuses canetières à pédales.

Navette, ourdissoir, machine à nouer, passettes, tous les outils du tissage et de nombreuses sortes de métiers, mécaniques et à bras, de techniques et époques différentes sont présentés, pratiquement tous en parfait état de fonctionnement.
Une partie est réservée aux métiers moins connus du tulle et de la dentelle avec notamment documents, brochures, gravures, photographies et machines, réunis par un ancien tulliste.
Les collections s’agrandissent régulièrement des nombreux dons d’anciens canuts amoureux de leurs métiers et de leurs machines.

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Informations :
Ouvert : de mai à octobre du mercredi au dimanche de 14h à 18h.
Aux groupes de mars à octobre tous les jours sur réservation.
Accès complet handicapés.
Tarifs 2010 : adultes 3€ – 12-18 ans 1,5€ – moins de 12 ans gratuits
Groupes 1,5 € par personnes

Adresse :
Musée du Tisserand Dauphinois
Le Village  38110 La Bâtie Montgascon
Tel : 33 (0)4 74 83 08 99
Accès :
Autoroute A43 Lyon-Chambéry sortie la Tour du Pin
Route RN 75 – RN 516.

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