Balade en famille avec enfants

Réserve Naturelle de l’Étang de Haute-Jarrie

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À deux pas de Grenoble en direction de Belledonne, la réserve naturelle de l’étang de Haute-Jarrie se situe sur le plateau de Champagnier. Occupant 10 hectares, elle est constituée d’un petit lac naturel d’origine glaciaire, d’îlots boisés, d’une roselière et de prairies humides périphériques.

Étang de Haute-Jarrie

La Réserve Naturelle Régionale de l’Etang de Jarrie abrite un écosystème fragile. Elle regroupe roselière dense, prairies humides et îles boisées. Un observatoire permet d’en découvrir la faune qui y vit : elle représente quelque cent cinquante espèces recensées dont 35 espèces d’oiseaux inscrites sur la liste rouge des espèces menacées, 18 espèces étant considérées en danger, vulnérables ou rares, au niveau national, notamment le Butor Blongios (en voie de disparition) et la Marouette Poussin (espèce très rare). Au-dessus ou dans les prairies attenantes, on peut découvrir des libellules et des papillons très rares.

Étang de Haute-Jarrie

L’étang a été formé lors du recul des glaciers. Il est exploité dès le Moyen-age pour la pêche. Les prairies sont pâturées et fauchées pour la litière. Au XXème siècle, il est abandonné, devient une décharge et commence à se combler. Dans les années 1970, les naturalistes interviennent pour demander sa protection.
La commune, consciente de la richesse de la biodiversité de l’étang et de sa fragilité, a protégé le site dès 1984 en tant que Réserve Naturelle Volontaire, devenue en 2005, Réserve Naturelle Régionale.
Ces classements ont permis de préserver et d’étudier la faune et la flore de cet espace humide, fragile dans le cadre de plans de gestion quinquennal.

Étang de Haute-Jarrie

Eaux libres, roselières à phragmite, à massette et à scirpe se partagent 6 hectares. Elles forment une mosaïque fine et complexe de plans d’eau et de chenaux de profondeur variable, et de zones d’hélophytes qui s’exondent plus ou moins aux basses eaux. Des îles et des digues nées de dépôts de curage fournissent un boisement dense et envahissant.

Étang de Haute-Jarrie

La réserve naturelle se répartit entre :
. plusieurs poches d’eau stagnantes, de superficie variable, en communication entre elles, qui couvrent environ 2 hectares,
. des formations herbacées hydrophiles : roselières, typhaies, cariçaies, scirpaies, sur une superficie d’environ 2,5 hectares, jouant un rôle important pour l’avifaune
. des taillis et boisements humides, en bordure de chenaux,
. des îlots boisés non humides installés sur des digues ou des produits de curage,
. une bande non hydromorphe constituée de prairies et de boisements arborés ou arbustifs, au sud/sud-est. La partie sud a longtemps servi de décharge et compte certainement dans son soubassement des dépôts non identifiés.
C’est le seul étang du plateau (hormis les plans d’eau artificiels du golf de Bresson), et l’un des rares plans d’eau naturels de l’agglomération grenobloise. Il est remarquable pour sa richesse avifaunistique et pour le cadre paysager agricole ouvert cadré par les massifs environnants.

Étang de Haute-Jarrie

L’étang de Haute-Jarrie est installé sur le plateau agricole de Champagnier, entre les massifs du Vercors, de Belledonne et de Chartreuse. Ce site constitue un havre de paix naturel et rare. Il allie un réseau de canaux où l’eau circule librement, à des roselières denses, des prairies humides périphériques et des îles boisées. Portés par les mélodies des grenouilles et des crapauds, vous pourrez y observer les oiseaux…

Étang de Haute-Jarrie

Un observatoire permet aux visiteurs d’observer la faune qui y niche en particulier les espèces protégées et rares parmi lesquelles des oiseaux nicheurs prestigieux : le Blongios nain, la petite Rousserolle turdoïde ou encore le Héron pourpré. Situé dans l’axe du Grésivaudan, l’étang est également une halte régulière pour de nombreux migrateurs et hivernants : Sarcelle d’été, Bécassine des marais, Busards, Grande aigrette, Guifette moustac. Les prairies humides périphériques hébergent la discrète Gratiole officinale protégée au plan national, la Germandrée d’eau et le Pigamon simple. Dans l’eau libre, flotte la Petite utriculaire. On trouve aussi sur le site 8 espèces d’amphibiens et reptiles dont la Couleuvre verte et jaune et le Crapaud commun.
Le site est cependant également inintéressant pour de nombreux insectes : 4 espèces de libellule d’intérêt patrimonial dont la Cordulie à taches jaunes (Somatochlora flavomaculata) récemment observée et 3 espèces protégées de papillons inféodées aux marais et prairies humides, présentes dans la zone périphérique : le Cuivré des marais (Thersamolycaena dispar), le Sphinx de l’Épilobe (Proserpinus proserpina), et l’Écaille chinée (Euplagia quadripunctaria).

La faune piscicole est peu diversifiée (Brêmes, Carpes, Tanches, Gardons, Perches et Brochets).

Étang de Haute-Jarrie

Lieu idéal de promenades éducatives en famille dans un cadre naturel protégé à la rencontre d’oiseaux migrateurs, d’espèces prestigieuses…
Une signalétique d’information vous renseigne sur place sur les milieux, les plantes et les espèces.
Un observatoire permet aux visiteurs d’observer la faune qui y niche.
Ouvert au public toute l’année.Une partie seulement des berges est accessible.
Accueil de scolaires, enseignants auprès du Conseil général de l’Isère via la politique « En chemin vers les Espaces Naturels Sensibles »
Parking gratuit à proximité. Chiens interdits. Une partie seulement des berges est accessible.
Sentiers balisés aux environs sur le plateau de Champagnier.

Étang de Haute-Jarrie

Quand observer ?
En automne pour les oiseaux migrateurs.
En hiver pour les Canards et les Bruants.
Au printemps pour toutes les espèces de migrateurs passant par l’Isère.

Étang de Haute-Jarrie

Étang de Haute-Jarrie

Étang de Haute-Jarrie

Étang de Haute-Jarrie

Étang de Haute-Jarrie

Étang de Haute-Jarrie

Étang de Haute-Jarrie

Liste des 54 espèces notées par le CORA durant l’été 2005 :

Bergeronette grise
Blongios nain
Bruant des roseaux
Buse variable
Canard colvert
Chardonneret élégant
Choucas des tours
Corneille noire
Coucou gris
Epervier d’Europe
Etourneau sansonet
Faucon crécerelle
Fauvette à tête noire
Foulque macroule
Fauvette des jardins
Gallinule poule d’eau
Gobemouche gris
Gobemouche noir
Grimpereau des jardins
Héron cendré
Héron pourpré
Hirondelle rustique
Hypolaïs polyglotte
Loriot d’Europe
Martin pêcheur d’Europe
Martinet noir
Merle noir
Mésange à longue queue
Mésange bleue
Mésange charbonnière
Milan noir
Moineau domestique
Pinson des arbres
Pic épeiche
Pic épeichette
Pic vert
Pie grièche
Pie bavarde
Pouillot véloce
Pouillot fitis
Râle d’eau
Rouge gorge familier
Rossignol philomèle
Rousserolle effarvate
Rousserolle turdoïde
Sarcelle d’été
Serin cini
Sitelle torchepot
Tarier des prés
Torcol fourmilier
Tourterelle des bois
Tourterelle turque
Troglodyte mignon
Verdier d’Europe
On peut y ajouter le Roitelet huppé, le Tarin des aulnes, le Grèbe castagneux…

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Désert de l’Écureuil

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Sur le territoire de la commune de Seyssinet-Pariset (Isère), accrochée au flanc est du Vercors, dans la banlieue grenobloise, un ensemble de sillons retient l’attention.
Les plus bas d’entre eux sont bien connus, ce sont ceux de la Combe Vallier, du Désert de l’Ecureuil et du Désert de Jean-Jacques Rousseau (déjà évoqué comme promenade).

Nous vous proposons donc de partir depuis le célèbre Pré Fauré, bien connu des étudiants grenoblois qui viennent y faire des grillades et des choses  dont on ne peut parler ici…

Pré Fauré

C’est également le point de départ de plusieurs autres balades, comme le tour des six fermes, ou une étape sur le chemin qui conduit du Prisme, à Fontaine, jusqu’à la Tour sans Venin, lieu aux multiples légendes de notre région (des lieux et des balades que vous pourrez découvrir bientôt dans ce blog).

Pré Fauré

Si vous commencez la balade depuis cet endroit, vous pouvez laisser votre véhicule sur le parking.

Dans la multitude de chemins qui partent de l’endroit, vous retrouverez facilement votre route, signalée « Désert de l’Écureuil » au panneau « Attention au Feu » positionné juste au début.

Pré Fauré

La balade se fait par un bon chemin, sous les châtaigniers. A la bonne saison prévoir de la place dans le sac à dos pour faire une petite récolte.

Désert de l'Ecureuil

Il est possible d’observer de nombreuses plantes de la forêt de feuillus : géraniums, fougères, tussilages…

Désert de l'Ecureuil

Dans la châtaigneraie, les arbres poussent le plus souvent en cépée : ils ont été coupés au ras du sol et sont ensuite repartis en formant de touffes de plusieurs troncs.

Désert de l'Ecureuil

Il est possible de s’enfoncer dans le sous bois, très propre. Les arbres sont alors prétextes à des jeux pour les enfants, plus ou moins grands… certains creux entre les tronc ont été transformés en cabanes magiques propices aux plus belles aventures pour les plus petits de nos aventuriers.

Désert de l'Ecureuil

Désert de l'Ecureuil

Des panneaux racontent la faune locale sauvage…

Désert de l'Ecureuil

… dont on peut parfois rencontrer quelques exemplaires vivement colorés. Situé dans la proche banlieue juste au dessus de Grenoble, le massif est très fréquenté par les sportifs urbains qui trouvent là un bol d’air pur et un peu de tranquillité, tout près de la ville.

Désert de l'Ecureuil

On considère classiquement ces sillons comme creusés lors des phases de décrue glaciaire, car l’étagement de leurs altitudes, de 350 à 460 m, les positionne très en dessous du niveau de la surface du glacier würmien (1150 mètres sur la cuvette grenobloise).

Mais au-dessus de cet ensemble, existe un ultime sillon rocheux, celui du ruisseau du Bouteillard, particulièrement remarquable, car large par endroits de 600 mètres environ, ce qui en fait le plus important de tous les sillons rocheux que nous avons rencontrés, même si ce n’est pas le plus spectaculaire, encombré qu’il est par les dépôts glaciaires.

Désert de l'Ecureuil

Près de ce panneau, dans le virage, on peut commencer à voir le bassin grenoblois en dessous de nous : avec en face de nous le Casque de Néron, et facile à repérer le cercle blanc du synchrotron.

Désert de l'Ecureuil

Désert de l'Ecureuil

Un autre point de vue nous permet de voir, d’en haut, la faille du désert de l’écureuil.

Désert de l'Ecureuil

Par endroit, le chemin est bordé de tapis de fraises de bois… les gourmands apprécieront.

Désert de l'Ecureuil

Les panneaux de signalisation indiquent les directions pour chaque intersection. Les itinéraires sont variés dans toute cette partie du massif, gérés par l’Agglo.

Désert de l'Ecureuil

Le chemin, confortable, continue sous la forêt de feuillus (noisetiers, érables, etc.).

Désert de l'Ecureuil

Désert de l'Ecureuil

Sur votre gauche vous trouverez la trace d’un sentier qui conduit sur un replat en contrebas. Faites attention avec les enfants, car nous sommes juste en surplomb de la route qui passe dix mètres en dessous de nous. D’ici, on peu voir l’ensemble de ce que l’on appelle l’Y grenoblois (le confluent du Drac et de l’Isère), avec en face de nous les massifs de Chartreuse, de Belledonne et de l’Oisans.

Désert de l'Ecureuil

Désert de l'Ecureuil

Vous trouverez dans ce secteur beaucoup d’arbustes porteurs de jolies baies, rouges, violettes ou noires… qui donnent envie de les croquer, c’est sûr, mais, dans ce cas, nous devons vous conter la mésaventure survenue à Jean-Jacques Rousseau qui, lorsqu’il est venu se promener dans ce secteur, semblait encore bien néophyte en botanique.

Désert de l'Ecureuil

« Durant mon séjour à Grenoble je faisais souvent de petites herborisations hors de la ville avec le sieur Bovier avocat de ce pays-là, non pas qu’il aimât ni sût la botanique, mais parce que s’étant fait mon garde de la manche, il se faisait, autant que la chose étoit possible, une loi de ne pas me quitter d’un pas. Un jour nous nous promenions le long de l’Isère dans un lieu tout plein de saules épineux. Je vis sur ces arbrisseaux des fruits mûrs j’eus la curiosité d’en goûter et, leur trouvant une petite acidité très-agréable, je me mis à manger de ces grains pour me rafraîchir ; le sieur Bovier se tenoit à côté de moi sans m’imiter et sans rien dire. Un de ses amis survint, qui me voyant picorer ces grains me dit : eh ! monsieur, que faites-vous là ? Ignorez-vous que ce fruit empoisonne ? Ce fruit empoisonne, m’écriai-je tout surpris. Sans doute, reprit-il, et tout le monde fait si bien cela, que personne dans le pays ne s’avise d’en goûter. » Je regardai le sieur Bovier et je lui dis : « Pourquoi donc ne m’avertissiez-vous pas ? — Ah ! monsieur me répondit-il d’un ton respectueux, je n’osais pas prendre cette liberté. » Je me mis à rire de cette humilité dauphinoise, en discontinuant néanmoins ma petite collation. J’étois persuadé, comme je le suis encore, que toute production naturelle agréable au goût ne peut être nuisible au corps ou ne l’est du moins que par son excès. Cependant j’avoue que je m’écoutai un peu tout le reste de la journée : mais j’en fus quitte pour un peu d’inquiétude, je soupai très-bien, dormis mieux, et me levai le matin en parfaite santé, après avoir avalé la veille quinze ou vingt grains de ce terrible Hippophage, qui empoisonne à très-petite dose, à ce que tout le monde me dit à Grenoble le lendemain. Cette aventure me parut si plaisante que je ne me la rappelle jamais sans rire de la singulière discrétion de M. l’avocat Bovier.« 

Les Rêveries du Promeneur solitaire (Septième promenade)

Le chemin continue à présent juste au dessus de la route qu’il longe quelques centaines de mètres.

Désert de l'Ecureuil

Puis il redescend vers le site aménagé des Vouillants

Désert de l'Ecureuil

… où vous pourrez vous restaurer sur les tables de pique-nique (dans cet espace les feux sont tolérés), ou repartir à votre point de départ par le désert J-J Rousseau que nous avons déjà décrit.

Désert de l'Ecureuil

Les Vouillants

Notre-Dame de l’Osier

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Au dessus de Vinay, le plateau de Chambaran est un haut-lieu de la spiritualité : abbayes, monastères, édifices religieux attestent cette richesse.

Notre-Dame de l'osier

Le village de Notre-Dame de l’Osier, anciennement le hameau « Les Plantés », doit son nom à un événement extraordinaire qui se produisit le 25 mars 1649, jour de l’Annonciation de la Vierge.

À cette époque le hameau « Les Plantés », à 4 km de Vinay,  compte une vingtaine d’habitants dont le huguenot Pierre Port-Combet et sa femme, catholique, Jeanne Pélion.

Il prend une échelle et sa serpe et décide de tailler l’amarinier (l’osier) qui se trouve sur le devant de sa maison.
Sa femme lui réplique c’est « un bon jour » (un jour saint) et sous-entend qu’il ne faut point travailler.
Mais Pierre passant outre, décide de tailler. Après quelques instants de labeur, il constate que sa serpette et ses vêtements sont couverts de sang.

Au début, Pierre pensait qu’il était blessé, mais il ne voit aucune blessure apparente, il a taillé le saule une autre fois, et de nouveau l’arbre a saigné. Pendant ce temps, la femme de Pierre est revenu de l’église. Voyant que les bras de son mari étaient couverts de sang, elle se précipita pour l’aider.

Pierre a essayé d’expliquer à sa femme ce qu’il venait d’avoir lieu. Jeanne a tenté de calmer son mari et coupe l’arbre avec son couteau, mais rien ne se passe. Quand Pierre a remarqué que le sang provenait de l’arbre, il saisit le couteau de sa femme et coupe une branche de saule. Le sang a giclé de l’arbre de façon très abondante.

Pierre a maintenant très peur ! Il a appelé  Louis Caillat-Miquelle, le voisin qui devait aller avec lui à la foire de Vinay, et le pria de venir voir ce qui s’était passé. Mais quand Louis prit le couteau et a tenté de couper l’arbre, aucun sang n’est sorti.

Louis Caillat-Miquelle a vu du sang sortir de l’arbre quand Pierre Port-Combet a retenté de tailler l’arbre devant lui.
« ... en dix ou douze endroits, du sang en sort de chaque coupure » déclarera t’il plus tard aux enquêteurs.

Ébranlés, les 2 hommes vont quand même à la foire de Vinay.
Pendant ce temps sa femme tente une expérience.
Elle taille de plus près les branches déjà élaguées par son mari.
Cette fois-ci, il sortira du sang à grosses gouttes, dira-t’elle.
Mais des branches non touchées par son mari, rien ne coule.

Dans les jours suivants, les curieux se pressent autour de l’osier.
Ils ont commencé à se rendre compte que le sang de l’arbre était un avertissement de Dieu pour Pierre, afin qu’il revienne à la foi catholique et de ne plus travailler les Dimanche.

Pierre veut en avoir le cœur net et le dimanche suivant, le 28 mars 1649, il retaille son osier et les branches saignent de nouveau.

Effrayé, Pierre se rend au temple protestant de l’Albe, un village voisin. Ses amis le calmèrent et lui conseillèrent de rester huguenot.

La nouvelle se répand dans la région ; ce mystère attire de nombreuses personnes qui viennent voir l’osier miraculeux, devenu source de dévotion.

Le 25 mars 1657, Pierre Port-Combet laboure son champ quand apparaît une belle dame. Celle-ci lui demande de changer de vie et de quitter son état de protestant pour celui de catholique. Cette rencontre aboutit à la conversion du paysan au terme de sa vie, convaincu qu’il a aperçu la Vierge qui lui a donné la grâce.

Une croix et une chapelle sont érigées à l’emplacement de la rencontre. Notre-Dame de l’Osier est reconnue comme le lieu de la conversion des cœurs par la présence bienfaitrice de la Vierge.

 Notre-Dame de l'osier

L’apparition de la vierge en 1657 est colportée bien au-delà des frontières du Dauphiné et fit de l’Osier une terre de prédilection. Les miracles se succèdent au rythme des pèlerinages.

Le village aura été dans un premier temps occupé par des prêtres au comportement peu digne de l’église. Ils resteront pour l’histoire les « malandrins de l’Ozier » (avec un z à l’époque). Ils furent heureusement remplacés par les Augustins venus de Vinay puis par les Oblats de Marie Immaculée jusqu‘en 1997 date de leur départ de la Les prêtres auront tout de même régné 350 ans au service du « sanctuaire ». Ces trois siècles et demi de cohabitation ont laissé des traces parmi elles, le changement de nom qui passe de « Plantés » à Notre Dame de l’Osier faisant référence à la fois à la vierge et à l’osier ensanglanté.

Notre-Dame de l'osier

Le 4 septembre 1869 le village devient une commune indépendante de Vinay et ne cesse de se développer.

La première pierre de l’église de Notre-Dame de l’Osier est posée le 17 mai 1858 et sa construction durera 10 ans, selon les plans d’Alfred Berruyer. Elle ne sera jamais complètement terminée et restera sans les flèches de ses clochetons et sans le campanile qui, sur sa droite, devait supporter les cloches. Gravures et vitrail central du chœur témoignent de ce qu’elle aurait dû être. Inaugurée en 1868, elle est consacrée le 8 septembre 1873 en présence de l’évêque de Grenoble. En 1924, l’église de Notre-Dame de l’Osier devient basilique par décret du pape Pie XI. A l’intérieur, se trouvent une relique de l’osier sanglant et des morceaux de la charrue de Pierre.

N-D de l'osier au XIXème

Plus proche de nous, ce village a su en dehors de toute xénophobie s’ouvrir aux plus faibles, aux persécutés. Plusieurs fois sollicité, il sut accueillir, protéger et aider quelques victimes de sombres périodes de l’histoire contemporaine.

Un projet est en cours pour l’avenir du monument religieux. Une association a été créée en juillet 2010 pour restaurer et mettre en sécurité la Basilique, en partenariat avec la municipalité, propriétaire, la paroisse et le diocèse de Grenoble-Vienne, affectataires. Les premiers travaux concerneront la restauration des vitraux, notamment ceux du transept nord (côté place) et la rosace au-dessus de la porte d’entrée.

Si dans la période où l’activité religieuse était faste on ne comptait pas moins de onze pensions, il ne reste aujourd’hui même plus le seul restaurant l’Oseraie qui méritait le détour avec ses traditionnelles cuisses de grenouilles. Il a malheureusement fermé en 2011 pour cause de changement de propriétaire.

 Notre-Dame de l'osier

Pèlerinages : le 15 août, le dimanche autour du 8 septembre, le 8 décembre
Sanctuaire Notre Dame de l’Osier
38470 Vinay
Téléphone : 04 76 36 70 44

A voir aux alentours :

La chapelle de Bon Encontre

Fait face à l’église Notre-Dame de l’Osier, au bout de la rue qui lui fait face. Parée de nombreux ex-voto témoins de la ferveur qui l’entoure, cette chapelle célèbre l’apparition de la Vierge à Pierre Port-Combet en 1657.

Voûté d’un berceau en plein cintre, le petit sanctuaire a fait l’objet d’un agrandissement en 1836. Une tour accolée est érigée en 1856 à l’occasion du deuxième centenaire de l’apparition de l’Osier. Restaurée en 1941, elle accueille en son sommet une statue de l’Immaculée Conception.

Notre-Dame de l'osier 004

Notre-Dame de l'osier

Notre-Dame de l'osier

Notre-Dame de l'osier

Le Jardin Pédagogique de Bon Encontre.

Web : http://enisere.asso.fr

Chapelle de l’Espinouse

Construite à l’endroit où la Vierge apparut à Pierre Port-Combet, la chapelle de L’Epinouze est un modeste sanctuaire de plan rectangulaire, coiffé d’une toiture à deux pans. Elle abrite une petite Vierge de l’Immaculée Conception en plâtre polychrome.

A proximité, il est possible de faire une balade pédestre en sous bois de 4 km assez facile : à partir du parking situé à l’orée du bois, prendre la direction Les Ayes, puis Bergerandière et enfin l’Epinouse  pour le retour au parking.

La Vierge du Belvédère – La Madone

Statue en bronze de cinq mètres de haut, la Vierge du Belvédère domine la vallée de l’Isère. Elle fut offerte en 1946 par la commune de Vinay en échange de six candélabres provenant de la chapelle du Couvent des Sœurs de Notre-Dame-de-L’Osier. Cette statue fait face, à celle qui est placée dans la montée vers la route des gorges du Nan, de l’autre côté de la vallée de l’Isère.

Un parking permet de stationner à proximité, il suffit ensuite de suivre le chemin en bordure du champ de noyers pour arriver à la statue, la table d’orientation, et profiter de la vue exceptionnelle sur la vallée de l’Isère et ses vergers de noyers. Il y a également une table de pique-nique face au panorama.

 Notre-Dame de l'osier

Notre-Dame de l'osier

Notre-Dame de l'osier

Notre-Dame de l'osier

Réserve Naturelle du Lac Luitel

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Luitel, altitude 1262 mètres

La Réserve naturelle nationale du Lac Luitel  est située à 25 kilomètres de Grenoble sur la commune de Séchilienne à une altitude de 1250 mètres. C’est la première réserve naturelle nationale créée en France, le 15 mars 1961. Elle occupe une surface de 17 ha et protège les tourbières et la flore originale du pourtour du lac Luitel.

 Le lac Luitel occupe une dé­pres­sion en­gen­drée jadis par le gla­cier de la Romanche, ancien glacier de Belledonne qui a rejoint celui de la vallée de l’Isère. Occupant initialement toute la surface du lac, les zones d’eau libres tendent à se réduire par progression des radeaux végétaux en périphérie. Les sphaignes avancent ainsi vers le centre du lac puis la matière organique s’accumule et forme un sol flottant où les arbres s’implantent. Lors de leur développement, ils finissent par basculer ou s’enfoncer lorsque le système aérien exerce trop de pression sur le sol. Cette évolution naturelle tend vers une fermeture du plan d’eau.

La tourbière du lac Luitel comprend deux systèmes tourbeux : le lac-tourbière caractérisé par des radeaux flottants et la tourbière du col, partiellement boisée par des pins à crochets. On y trouve tous les stades d’évolution écologique de ces milieux à sphaignes.

Ce paysage nordique constitue un refuge pour des espèces reliques des périodes glaciaires. On y trouve les petites pousses du lycopode des tourbières, la scheuchzérie des marais, les plantes carnivores comme le rossolis à feuilles rondes (Drosera rotundifolia), la grassette (Pinguicula vilgaris) ou l’aquatique petite utriculaire (Utricularia minor) et la canneberge (Vaccinium macrocarpon) qui ne pousse naturellement qu’ici en Isère. En tout, 255 espèce de plantes ont été répertoriées sur le site.

Dix sept espèces de libellules sont présentes sur le site dont certaines sont inféodées aux tourbières : cordulies alpestre et arctique, leucorrhine douteuse.

Le site est géré par l’ONF qui assure différentes missions : accueil du public, aménagement du site, études et suivis scientifiques. Des sorties sont organisées régulièrement.

Il est formellement interdit de s’aventurer dans le milieu très fragile de la tourbière.

Le site est très bien aménagé et permet de découvrir, en famille, ce biotope si particulier ainsi que sa flore et sa faune.

Un premier sentier vous permet de surplomber le lac et d’avoir ainsi une vision globale.

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Puis, un bon chemin à fleur d’eau fait le tour du lac et revient par la route d’accès au parking.

Lac Luitel Lac Luitel 025

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Lac Luitel

Enfin, un cheminement de caillebotis en bois, sur pilotis, traverse la tourbière de l’autre côté de la route.

Lac Luitel

Lac Luitel

Plusieurs sentiers de randonnée passent par ce site. Un chemin balisé permet de rejoindre la chartreuse et la forêt de Premol.

Forêt de Prémol

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Le site de la Forêt Domaniale de Premol est situé sur la route de Chamrousse station de ski près de Grenoble. Il y a deux routes pour monter à Chamrousse. Après avoir traversé Uriage (station thermale ) prendre la route via Vaulnaveys le Haut pour monter sur Chamrousse. À peu près à mi-chemin vous trouverez sur votre droite le site de Premol avec un grand espace de parking.

Forêt de Premol

Vous trouverez à cet endroit de nombreux lieux pique-nique ainsi qu’un chemin d’environ 1 km aménagé par l’ONF pour les personnes handicapées, les poussettes… Promenade très agréable agrémentée de sculptures taillées dans les arbres abattus pour réaliser le circuit. Initiative très intéressante de l’ONF que nous voudrions voir dans de nombreux lieux.

Forêt de Premol

Découvrez les restes de l’ancienne Chartreuse de Prémol, fondée en 1234 par Béatrix de Montferrat (épouse du Dauphin Guigues André), plusieurs fois éprouvée par des incendies (notamment en 1467 et 1707), détruite durant la Révolution Française. Après que la Chartreuse fut désertée en 1791, les paysans des environs se ruèrent à l’assaut des bâtiments pour les piller et les démanteler. La Chartreuse de Prémol et ses terrains furent inscrits comme site naturel le 2 décembre 1943.

Forêt de Premol

La gravure, reproduite ci-dessous, est un document authentique extrait de l’Album du Dauphiné de 1835 (le 1er guide touristique du Dauphiné). Voici le descriptif qu’en donnait le guide Joanne de 1872 :

Prémol (on peut trouver des rafraîchissements et au besoin un gîte pour la nuit chez le garde), ancienne chartreuse dont il ne reste plus qu’une grande porte avec deux pavillons habités par des gardes forestiers, et quelques ruines dans un massif de sapins. Des sentiers, ménagés au milieu des sapins, conduisent aux parties les plus intéressantes des ruines. On remarque surtout une grande porte romane en tuf, haute de 6 à 8 mètres et une fenêtre en ogive trifoliée. L’intérieur de l’église est envahi par une végétation vigoureuse qui en cache peu à peu les débris.

Gravure de la chartreuse de Premol

La grande maison forestière (appelée Porterie) occupait une partie des anciens bâtiments conventuels de la Chartreuse de Prémol. Avant la Seconde Guerre Mondiale, on y trouvait des vivres, du lait et des rafraîchissements. L’hospitalité pouvait y être offerte à condition d’être muni d’une autorisation de l’Inspecteur des Eaux et Forêts à Grenoble !
Malheureusement, le bâtiment fut par la suite abandonné, vandalisé et dévasté par un incendie en 1989.

Les restes de Béatrix de Montferrat seraient encore présents, là où était érigée l’église.

Forêt de Premol

Le domaine de la Chartreuse s’étendait sur 397 hectares, et les bâtiments allaient de la Porterie à l’actuelle petite maison forestière.

Il faut remonter au XIIème siècle, époque où il y avait des droits d’usage sur la forêt. Pour se chauffer, pour construire, les gens avaient besoin de bois et ils avaient obtenu l’usage d’aller se servir chez le seigneur du lieu. A la Révolution, ce qui était la propriété des Chartreux, est devenu la forêt domaniale de Prémol (c’est à dire propriété de l’État). D’autres forêts sont devenues propriété des communes avec deux cas de figures : certaines sont devenues propriété spécifique de la commune où elles sont situées. C’est la cas de la forêt communale de Vaulnaveys le Haut (d’une csuperficie d’environ 81 hectares). Dans d’autres forêts, il y avait des droits d’usage de plusieurs communautés villageoises : les gens avaient l’habitude d’amener leurs vaches pour paître, d’emmener leurs porcs pour manger les faines, de ramasser du bois. Celle-ci sont restées  » indivises ».

C’est ainsi qu’est née la forêt « indivis » d’une surface d’environ 420 hectares, située sur la commune de Vaulnaveys-le-Haut mais propriété de manière indivise des communes de Brié, Herbeys, Vaulnaveys le Haut, Vaulnaveys le Bas.

A partir de ce lieu aménagé partent plusieurs sentiers de randonnée pédestre pour découvrir cette partie de montagne très fréquentée par les grenoblois toute l’année.

Forêt de Premol

Forêt de Premol

Forêt de Premol

Forêt de Premol

Forêt de Premol

Forêt de Premol

Forêt de Premol

Forêt de Premol

La flore est variée en toutes saison, on peut notamment y voir la Grande gentiane à fleurs jaune dont les racines sont utilisée pour la fabrication de divers élixirs et alcools.

Forêt de Premol 012

D 22 la route des gorges du Nan

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Gorges du Nan

La route, taillée dans la falaise, fut achevée en 1894, sinueuse comme il se doit pour une véritable route de montagne, elle est des plus pittoresques par ses tunnels, ses corniches et ses paysages exceptionnels.

Route de Malleval

Elle permet de rejoindre le plateau du Vercors depuis la vallée de l’Isère, et relie le village de Cognin-les-Gorges au village de Malleval-en-Vercors la plus petite commune du Sud-Grésivaudan, une des portes d’entrée du Massif des Coulmes. Ce dernier village est aussi un des hauts-lieux de la résistance. C’est dans ce village que, le 29 janvier 1944, un groupe de résistants fut pris en tenailles par les troupes allemandes venant des gorges de Nan et de Coulmes. Le village et ses habitants furent massacrés par l’ennemi.

A Cognin-les-Gorges, au feu tricolore, quitter la D 1532 pour prendre, en direction de Malleval par la D 22.

Gorges du Nan

Gorges du Nan

Tourner à gauche à la première intersection, puis à droite après le panneau de fin d’agglomération, la route commence ensuite à s’élever en lacets sous les arbres de suite après le cimetière du village.

Gorges du Nan

Attention, il s’agit d’une route de montagne, étroite et sinueuse, que vous allez partager avec d’autres automobilistes (dont des indigènes qui l’utilisent quotidiennement et ont depuis longtemps oublié sa dangerosité), des motos, des cyclistes, des engins agricoles ou forestiers, et, également des piétons, car la route croise à plusieurs reprises des sentiers de randonnées qui, parfois empruntent même le bitume.  Sans parler des animaux sauvages et domestiques à qui personne n’a encore enseigné les règles de prudence ou le Code de la Route.

Il s’agit donc de rester constamment très prudents et courtois.

A travers les arbres, dans de rares trouées, la route offre de beaux points de vues sur le village de Cognin-les-gorges…

Gorges du Nan

… puis sur la vallée de l’Isère, avec, ici, la prédominance de la culture des noyers. On peut voir une large partie jusqu’à Saint-Marcellin, Vinay, l’Albenc, repérable à sa motte. On aperçoit également le viaduc autoroutier à proximité du péage de Vinay, et le pont sur l’Isère qui a remplacé l’ancien pont suspendu disparu lors d’une crue.

Gorges du Nan

Gorges du Nan

Dans un virage en épingle, une statue de la Vierge fait face à la vallée et semble faire face à l’autre statue mariale qui, juste en face, au dessus de Vinay, surplombe la vallée au Belvédère de Notre-Dame-de-l’Osier. (découvrez notre balade à Notre-Dame-de-l’Osier)

Gorges du Nan

Nous n’avons pas encore découvert le pourquoi de la présence de cette statue à cet endroit ni l’histoire qui lui est liée certainement. Dès que nous l’auront découverte elle sera racontée ici : revenez bientôt !

Gorges du Nan

Peu de temps après avoir dépassé la statue de la Vierge, la route offre une petite particularité offerte par la DDE locale. Lorsque vous y arrivez, vous pouvez avoir l’impression que la route continue tout droit :

Gorges du Nan

Gorges du Nan

Sauf qu’en réalité vous arrivez sur un autre virage en épingla à gauche et que, tout droit, c’est le grand saut dans le vide, le Nan coule 300 mètres plus bas. On le voit bien sur cette page Google maps :

Gorges du Nan

Imaginons ce qui peut arriver à cet endroit en cas de brouillard, ou si la personne qui conduit a consommé quelque substance qui altère sa vigilance, ceci d’autant plus qu’aucune signalisation n’indique ce danger.

Gorges du Nan

La route passe au lieu-dit Chapeau de Napoléon, à l’altitude de 510 mètres. ici, un sentier de randonnée pédestre très fréquenté croise la route (il redescends dans la vallée en coupant les épingles de la route). A partir de cet endroit la route sort de la forêt et le paysage devient grandiose.

Gorges du Nan

Gorges du Nan

Puis, dans un dernier lacet la route arrive au premier tunnel. Préparez-vous, le grand spectacle de la route va commencer !

Gorges du Nan

Comme vous pouvez le voir, le tunnels sont courts, une cinquantaine de mètres environs chacun. Il y a deux tunnels et une arche. La route est étroite et deux voitures ne se croisent pas sauf dans les espaces aménagés. Rappelez-vous en cet endroit que vous partagez cet espace avec d’autres usagers, voitures, motos, vélos, chevaux, piétons… et les animaux sauvages. Inutile d’utiliser votre avertisseur sonore, RALENTISSEZ !

Ce passage est, en réalité très court, profitez donc du spectacle avec prudence.

Une fois que vous avez franchis le premier tunnel, voici le paysage qui vous attends :

Gorges du Nan

Vous franchissez ensuite un second tunnel.

Gorges du Nan

Puis, la route taillée dans la roche, devient un balcon à mi-falaise (comme on peut le voir depuis le sentier de randonnée qui longe le torrent en dessous de la route).

Gorges du Nan

Gorges du Nan

A cet endroit précis, à la sortie des encorbellements, les falaises composées d’empilements de couches de rochers qui, comme une pile de livres, s’entassent dans les gorges et, plus généralement, dans les paysages du Vercors. Cette pile a eu la bonne idée de glisser sur le côté, comme les livres dans les étagères d’une bibliothèque, pour donner un alignement continu à environ 45°.

Puis la taille de la route dans la falaise a eu l’excellente idée de traverser intégralement toutes les couches déposées là ! La route de Malleval est donc unique dans son genre. Elle permet à hauteur d’homme de relire l’encyclopédie complète des dizaines de millions d’années qui se sont inscrites dans le rocher. C’est un véritable musée-école.

Gorges du Nan

Gorges du Nan

Quand nous pouvons prendre le temps de lire la roche, nous remontons le temps pour nous retrouver au départ à moins 127 millions d’années, dans un climat tropical : la roche contient des fossiles d’oursins. Ces animaux ne vivent que dans les eaux chaudes, dans la vase où la nourriture en micro-organismes est abondante et à l’abri de la lumière, à une profondeur de 30 à 100 m. Le calcaire est piqueté de traces d’épines de ces animaux. Plus bas, nous observons des fossiles de crinoïdes ou lys de mer (petit animal au corps formé d’un calice fixé au fond de la mer par une tige flexible) que l’on retrouve dans le calcaire à lauze.

Gorges du Nan

Gorges du Nan

Gorges du Nan

Revenons aux paysages de rêve des périodes préhistoriques, nous sommes à la limite des terres émergées, juste sur la bande de sable où vos pas s’impriment : elle est inscrite dans la falaise, marquée de trace de grains de sable. La tempête sévit : une couche distincte s’inscrit à nouveau dans le calcaire. Se succèdent ainsi plusieurs couches, plage-tempête (entre les repères 26 et 27 de la route).

Enfin nous voici au niveau zéro à l’approche du tunnel, nous sommes au niveau de l’épi karst littoral, les microcavités de ce massif karstique sont remplies de dolomie (sédiments).

Gorges du Nan

Gorges du Nan

Gorges du Nan

Gardez toujours à l’esprit que vous partagez cet espace unique avec d’autres usagers…

Gorges du Nan

Gorges du Nan

Gorges du Nan

Route des gorges du Nan

Gorges du Nan

Le passage à hauteur de la grotte de la Vierge marque la fin du défilé. Ces grottes visibles de la route, sont typiques des massifs Karstiques. L’un des composants du calcaire se dissout, permettant l’infiltration de l’eau donnant parfois naissance à ces cavités.

Gorges du Nan

Ensuite la route se retrouve à nouveau dans la forêt dans un secteurs où débouchent plusieurs chemins de randonnée.

Gorges du Nan

La route continue jusqu’au lieu-dit Le Moulin, où le torrent dans une grande cascade (peu visible et non accessible) s’enfonce dans le canyon …

Gorges du Nan

Cette route est déjà l’une des montées cyclistes des plus prisées du massif…

C’est également un régal pour les nombreux motards qui la fréquentent…

C’est un paradis pour les marcheurs, les botanistes, les observateurs de la faune…

Voilà, de plus, une route qui ne cache pas ses atouts à qui sait voir et prendre le temps de lire la roche…

Si le Vercors avait droit à son classement géologique, il est sûr que cette route en serait l’un des fleurons.

Désert de J-J. Rousseau

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« Le plaisir d’aller dans un désert chercher de nouvelles plantes couvre celui d’échapper à mes persécuteurs et, parvenu dans des lieux où je ne vois nulles traces d’hommes, je respire plus à mon aise comme dans un asile où leur haine ne me poursuit plus.« 

Les Rêveries du promeneur solitaire, Jean-Jacques Rousseau.

Désert JJ Rousseau

Deux lourdes portes en bois qui s’ouvrent sur  une gorge étroite entre deux hautes falaises de calcaire. Le promeneur qui les franchit fait alors ses premiers pas dans le désert Jean-Jacques Rousseau.

Un lieu fréquenté par Jean-Jacques Rousseau en 1768.

Le livre L’ancien mandement de Pariset de Jean-Joseph-Antoine Pilot de Thorey (1805 – 1883) nous fournit l’explication : « En 1768, Jean-Jacques Rousseau, décrié par les uns, peu ou mal compris des autres, dégoûté au surplus, lui-même, d’une célébrité qui lui devenait fastidieuse, avait conçu le projet de quitter Genève, pour vivre plus calme et tranquille, sous le pseudonyme de Rénou. Il arriva, le dimanche 10 juillet à Grenoble, où il logea d’abord chez Antoine Vachat, fondeur, en une maison de la rue Vieux-Jésuites, et bientôt après, chez son ami Gaspart Bovier, jeune avocat, avec qui il était en rapport de sympathie, et qui, même, avait le plus contribué à le déterminer dans le choix de notre cité ; mais son caractère inquiet et sa manière de vivre devaient bientôt le dégoûter de sa nouvelle résidence. En effet, son séjour ne dura qu’un mois à Grenoble ; il en partit précipitamment, et sans en faire part à personne dès le 13 août, pour se rendre à Bourgoin. Durant ce mois, ROUSSEAU fit des excursions de montagnes et des courses de botanique ; il fut reçu chez des amis de son hôte et partout avec le plus de cordialité possible : il visita Beauregard, il y séjourna. Il se plaisait surtout à herboriser dans son voisinage. De là vient qu’on a donné le nom de désert de Jean-Jacques à l’un de ces points d’excursions que préférait le plus notre philosophe.« 

Cette année là donc, le philosophe, pour vivre plus au calme et plus tranquille et quitter sa vie de « people » de l’époque s’est éloigné de Genève. Durant un mois, à Grenoble sous un pseudonyme, puis au château de Beauregard (situé en contrebas du désert), d’où fit de nombreuses courses en montagne et des excursions botaniques. Jean-Jacques Rousseau appréciait particulièrement les promenades au pied des falaises calcaires des Vouillants. D’où le nom que ce site porte aujourd’hui.

La terminologie « désert » désigne ici une gorge plus ou moins étroite entre deux falaises.

Quitter Grenoble par Seyssinet et monter en direction du Vercors jusqu’au parking de la zone aménagée du site des Vouillants où vous découvrirez cette carte des balades qui vous sont proposées depuis cet endroit.

Désert JJ Rousseau 002

La balade qui permet de découvrir le désert de J-J Rousseau est facile, accessible en famille, même avec de jeunes enfants.

Tout le long du parcours des panneaux didactiques vous informent sur la nature du lieu.

Désert JJ Rousseau

Suivre donc le large chemin qui conduit à la porte enchâssée dans un mur qui coupe la gorge. De suite après la porte, le chemin se divise en deux parties. Peu importe, chaque chemin emprunte un côté de la gorge et ils se rejoignent plus loin. Parfois, des sentiers semblent s’éloigner du chemin principal : évitez de vous y aventurer en raison du danger que représentent les chûtes de pierres fréquentes.

Proche de l’agglomération grenobloise, cet espace est très fréquenté, autant par des personnes qui viennent courir, que par des VTT. Partagez-le donc en bonne intelligence et avec courtoisie.

La première partie va du désert J-J Rousseau au Pré Faure, soit 2,2 kilomètres sous les arbres, en grande partie dans la gorge entre les falaises.

Désert JJ Rousseau

Désert JJ Rousseau

Désert JJ Rousseau

Désert JJ Rousseau

Désert JJ Rousseau

Comme vous pouvez le voir, dans le désert de J-J. Rousseau, le chemin est très bien aménagé, ce n’est pas un sentier de montagne comme nous vous en indiquons dans certaines de nos balades. De petits escaliers rendront toutefois délicat le passage des poussettes (nous en avons croisé) et des VTT…

Si vous savez rester discrets, vous apercevrez peut-être quelques rapaces qui ont choisi ces falaises pour leur habitat où comme terrain de chasse. Du haut de ces véritables tours de guet, ils s’élancent en quêtes de proies qui assureront leur repas et celui de leur progéniture restée au nid perché dans la falaise. Aussi, pour mieux préserver cette faune, l’escalade est interdite dans le désert J-J Rousseau.

Le Faucon Pèlerin, au plumage contrasté, ventre clair moucheté et dos sombre, saisit toujours sa proie en plein ciel. L’oiseau est capturé en vol à l’issue d’un spectaculaire piqué (la vitesse du faucon dépasse alors 300 km/h ce qui en fait l’oiseau le plus rapide du monde). La femelle dépose en mars ses œufs directement sur la roche, sur une corniche.

Le Grand Duc est, de loin, le grand et le plus puissant des rapaces nocturnes. Actif dès le crépuscule, on entends son hululement grave et sonore, essentiellement en automne et en hiver. C’est un redoutable prédateur capable de saisir des mammifères de la taille du renard. Il dépose ses œufs dès le mois de février, dans un environnement rocheux.

Un autre oiseau emblématique de ce lieux est le Tichodrome Échelette qui ne s’éloigne jamais des falaises. Cet oiseau-papillon reste invisible au regard quand il est accroché au rocher, les ailes repliées. En vol, vous remarquerez ses ailes tachées de rouge, de noir et de blanc. Il se nourrit d’insectes, surtout des araignées qu’il déloges dans les anfractuosités de la falaise grâce à son bec courbé. Il niche en mars.

Désert JJ Rousseau

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Sous les chênes, frênes, conifères et châtaigniers, la flore est variée, tant au sol que sur les falaises souvent recouvertes de lierres aux branches impressionnantes. De nombreuses fougères, et, en été, la rare sauge jaune (Salvia lutea) pour qui saura être attentif à ce qui pousse à côté de ses pieds…

Désert JJ Rousseau

Au sortir de la gorge, on découvre sur la gauche une prairie, avant de passer la seconde porte de bois qui ferme le désert.

Désert JJ Rousseau

Désert JJ Rousseau

Comme à l’autre extrémité de la gorge entre les deux falaises calcaires, l’entrée du désert est clôturée par mur dans lequel s’ouvre une double porte de bois.

Désert JJ Rousseau

Désert JJ Rousseau

Continuez toujours tout droit pour parvenir au Pré Fauré, bien connu des étudiants grenoblois qui viennent y faire des grillades et des choses  dont on ne peut parler ici…

Le retour peut se faire par le même chemin, ou l’on peut revenir par le Désert de l’Écureuil, sentier qui offre un point de vue remarquable sur l’agglomération grenobloise. Il est également possible de continuer vers la Ferme Froussard, balade un peu plus sportive, qui peut, ensuite remonter vers la Tour San Venin.

Les Vouillants

(à suivre donc)