Vercors

Le val de Lans

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Ce circuit constitue une première approche du territoire du Lans-en-Vercors, c’est-à-dire une vue générale sur les différents éléments, humains et naturels, qui composent le massif. Sa facilité d’accès permet ainsi à un grand nombre de personnes de pouvoir pratiquer cette balade initiatique.

Inaugurée en 1920, la ligne de tramway GVL qui reliait Grenoble (depuis la place Félix Poulat) à Villard de Lans fut, avant toute chose, construite dans le but faciliter les échanges économiques provenant de l’agriculture entre le plateau du Vercors et l’agglomération grenobloise (bétail, production laitière), le transport de voyageurs n’étant évidemment pas en reste.

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Longue de 39km, elle a été ouverte en 1911, mais c’est le 1er juillet 1920 que le tramway atteint la gare de Villard de Lans. Peu avant la guerre, en 1938, le parcours fut limité à Saint Nizier avant d’être totalement fermé le 1er avril 1949.

Devant l’essor du trafic routier, cette ligne fut abandonnée. Vous vous imaginez bien que la voie n’est plus praticable dans son intégralité (les cars des VFD – Voies Ferrées du Dauphiné ! – puis les voitures individuelles ont eu raison du ballast originel !). Mais pour l’œil averti, il est touchant de marcher sur cette ancienne voie et de remarquer une multitude de détails, témoins d’une époque révolue…

Car aujourd’hui encore, on peut admirer quelques vestiges de cette  richesse industrielle à Lans-en-Vercors à travers un sentier du patrimoine situé en plein cœur du village.

Cette balade est sans aucune difficulté, réalisable en famille avec des enfants. Il faudra être toutefois prudent car l’itinéraire emprunte beaucoup de routes goudronnées, utilisées par des véhicules… le plus souvent en zone 30, mais le plus souvent les limitations de vitesse ne sont pas respectées, malgré le grand nombre de promeneurs à pied ou sur tous les engins possibles et imaginables.

Les randonneurs chevronnés bouderont cette balade qui reste avant tout familiale, ou pour des touristes qui veulent prendre le temps de découvrir la région. Des variantes sont possibles, nos photos vous en donneront un aperçu :

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Le premier arrêt de cet itinéraire « thématique » se focalise sur le caractère naturel de la plaine de Lans. En effet, ce bassin correspond à l’emplacement d’un ancien glacier en provenance de l’actuelle plaine grenobloise et d’un lac en aval du glacier disparu où l’on trouve le site de Lans-en-Vercors. Cette configuration a grandement contribué à la morphologie actuelle du val de Lans.

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Accès :

Accès : Parking Le Tramway, Office de Tourisme de Lans-en-Vercors

Parcours :

Du Tramway, juste devant d’Office du Tourisme, suivre l’ancienne voie du tram en direction de Villard-de-Lans jusqu’à la Plaine de Lans. De là, emprunter sur votre gauche la route qui mène au Peuil et la poursuivre jusqu’à la Grande Fontaine. Prendre le sentier sur votre gauche, en lisière de forêt, qui traverse le domaine skiable de l’Aigle. Du Bois Sigu, prendre une piste jusqu’à l’école d’escalade. Prendre alors la direction de Lans via les Bernards, les Drevets et les Petits Geymonds. 200 mètres après ce dernier point, quitter la route en direction de la Croix et continuer jusqu’au parking de départ.

Coordonnées :

Office de Tourisme
38250 LANS EN VERCORS

Carte chemin patrimoine

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Le Rocher de Comboire

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Comboire

La colline de Comboire est un avant poste calcaire du Vercors situé sur la rive gauche du Drac.

Elle s’étend sur 135 hectares, entre 263 et 560 mètres d’altitude. Le rocher de Comboire est une relique glaciaire du Würm de 18000 ans.

Site d’oppidum occupé depuis le néolithique, il a livré de nombreux vestiges comme des parures ou des céramiques.

Le Fort de Comboire, dont nous ferons le tour aujourd’hui, à été construit entre 1882 et 1884. Nous vous avons déjà proposé sa visite.

La balade commence d’abord sur de la route (plus ou moins bien) goudronnée, puis par un bon sentier qui grimpe assez sèchement.

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On se retrouve assez vite en hauteur, au dessus des falaises calcaires de 150 mètres de haut qui s’étalent sur 1,6 kilomètres. Ces falaises sont des lieux de nidification très appréciés des rapaces, en particulier du grand duc d’Europe et du faucon pèlerin. On y trouve des abris sous roches et des diaclases dont le Trou du Renard, une cavité qui se trouve sur le flanc est de la colline et où ont été retrouvé des squelettes, ainsi que des poteries et des parures datant de l’âge du Bronze (-1800 à -800 avant notre ère).

De ce point qui domine la vallée du Drac, la vue est magnifique et embrasse les massifs de Chartreuse, de Mathesine, de Belledonne, et au loin, le massif enneigé du Mont Blanc.

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On traverses quelques prairies pâturées. Ces pelouses sèches sont riches en orchidées : céphalanthères, orchis homme pendu, ophrys araignée, platanthère à deux feuilles, néottie nid d’oiseau…

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Après les barrières, continuer dans la direction « Claix Village » ; « Rocher de Comboire ».

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Depuis le départ de notre balade, nous partageons le chemin avec des promeneurs, en famille, souvent, des cavaliers, des joggeurs et beaucoup de VTT.

Grâce à son exposition sud-sud-est et à la qualité de son sol, le site accueille une flore méditerranéenne très diversifiée : Pistachier térébinthe (Pistacia terebinthus L.), Nerprun alaterne (Rhamnus alaternus L.), Genévrier thurifère (Juniperus thurifera) dont les principales populations se situent au Maroc…

Biscutella cichoriifolia

La Lunetière à feuille de chicorée (Biscutella cichoriifolia), pousse dans les milieux rocheux. Ses fleurs jaunes rappellent celles du colza (elle appartient à la même famille) et ses fruits évoquent la forme de lunettes, un peu comme la Monnaie du Pape de nos jardins. C’est la forme de ses fruits qui lui donne son nom vernaculaire.

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Nous arrivons à la casemate, surmontée d’un belvédère qui servait aux officiers du fort à commander depuis ce lieu et donner les ordre pour les réglages des tirs des cannons du fort (depuis le fort on tirait « à l’aveugle » en fonction des ordres reçus).

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Une fois montés sur le belvédère, la vue à 360° est à couper le souffle.

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Redescendre en suivant la direction « Claix Village » ; « Les cimentiers »… la descente est rude, dans un chemin dont les pierres roulent sous les pieds.

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Au panneau indiquant « Col de Cossey », possibilité de se rendre au Hameau de Cossey. Sur la place principale, ancienne église paroissiale Saint Jean citée dès 1058. Beau clocher peigne. À l’ouest de la place, original habitat de type provençal remontant au XVIème siècle et bassin déjà cité dans un acte de 1534. Il est possible de choisir de terminer la balade ici et attendre le bus à l’arrêt « Col de Cossey ».

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Sur le chemin se dirigeant vers Seyssins (dont on suppose que ce fut une ancienne voie romaine ?) sur la droite : château de Cossey, d’origine médiévale, avec des restes d’architecture des XVIème et XVIIème siècles, propriété des de Servien puis de Madame d’Eybens jusqu’à la Révolution, aujourd’hui propriété privée.

Le chemin remonte jusqu’à un grand chêne.

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A cet endroit, on peut choisir de descendre par le sentier, en face à travers bois, ou par la route goudronnée qui rejoint la déchetterie et un arrêt de bus aux Garlettes, plus proche que notre point de départ.

Sur la fiche ci-dessous, l’itinéraire que nous vous avons proposé suit les numéros : 11 – 10 par l’itinéraire bleu vers 7 – 6 – 5 – 9 et retour vers 10 par l’itinéraire rouge.

Accès réseau Tag : lignes 21 – 47 et 48

Fiche sentier 1

Gorges du Gorgonnet de la Drevenne

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Les Gorges du Gorgonnet, site remarquable par sa beauté et sa discrétion, se découvrent pas à pas le long du sentier facile à pratiquer.
Ce nom insolite cache une cascade secrète qui se jette dans une vasque claire à laquelle on accède par un étroit défilé qui donne des frissons. Tout cela n’est pas très connu, sauf des pêcheurs à la truite.

Pas très loin et d’un accès particulièrement facile. Cette balade plaira à tout ceux que faire un ou deux kilomètre sur une petite route tranquille n’ennuie pas et qui ne veulent pas faire de gros dénivelés ni marcher sur un chemin accidenté (par exemple s’ils portent un bébé sur le dos… ou sur le ventre). Le coin est aussi propice au VTT ou aux randonnées équestres. On évitera cette balade les jours de chasse.

Le dénivelé total de la promenade avoisine la centaine mètres.

Gorges du gorgonnet

La Drevenne descend du plateau du Vercors où elle prends sa source au dessus de Cognin-les-gorges, à proximité du col de Romeyère (près de la D35)à 1064 mètres. Après avoir coulé en direction du nord sur le plateau, elle descends dans la vallée de l’Isère par des gorges encaissées, succession de cascades et de vasques profondes, constituant l’un des plus prestigieux canyons du Vercors : le canyon des Ecouges, où elle entre à l’altitude de 882 mètres, pour atteindre 661 mètres au pieds de la célèbre cascade des Ecouges. La partie haute, la plus encaissée est la plus difficile d’accès (une partie est même inaccessible). C’est une succession de vasques plus ou moins grandes.

Passerelle de la Gaffe

Puis, grossie de ses sept affluents, elle descends par des vallons peu accessibles jusqu’au gorges du Gorgonnet de la Drevenne, dont le point haut, accessible enjambé par la pittoresque passerelle de la Gaffe, permet d’admirer une cascade secrète qui se jette dans une vasque claire.
La partie médiane, du canyon jusqu’au dessus de Saint-Gervais est une succession de courants entre les blocs, de remous, de cascades, vraiment magnifique. Assez difficile d’accès, donc tranquille tôt le matin ou le soir… (à partir de mai, canyonnig en journée sur le haut).

Ensuite elles s’assagit jusqu’à Saint-Gervais le Port où elle se jette dans l’Isère après un parcours d’une dizaine de kilomètres.

Gorgonnet de la Drevenne 000

Le point de départ peut se faire depuis Saint-Gervais le Port, ou depuis Rovon.

Rovon 001

Si vous choisissez de faire cette balade au départ de Rovon, laissez votre voiture sur le parking du cimetière.

Gorgonnet de la Drevenne 001

Commencez la balade en prenant, en face, le chemin du Mollard.

La route goudronnée monte légèrement en bordure des champs de noyers. Et oui, la noix de Grenoble ça vient d’ici, pas de la capitale de l’Isère !

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Au croisement des Buissières (235 mètres) prendre à gauche entre les fermes et les séchoirs à noix.

Gorges du Gorgonnet 001

Le chemin passe alors à travers bois, entre noiseraies et prairies pâturées par des ânes ou des chevaux.

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A certains endroits, l’homme a laissé sa marque dans le paysage, montant des murets aujourd’hui à demi écroulés, avec les rochers expurgés des champs. En d’autres endroits, le chemin est bordé de buis qui forment un mur odorant et frais.

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On atteint ainsi paisiblement Les Rez où l’on arrive en traversant une exploitation maraichère.

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Éviter le fastidieux crochet, et prendre directement à droite, puis à droite devant le Domaine du Pressoir (qui propose de l’huile de noix). La route goudronnée monte jusqu’à une plantation de noyers où les chasseurs ont établis leur maison associative.

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Après un virage en épingle, la route devient chemin, et la balade dans un monde féérique commence. Nous apercevons Saint Gervais et les contreforts du Vercors au loin. Le sentier est désormais balisé jaune et vert. C’est d’ici, lorsqu’on est au dessus de la maison des chasseurs que part la trace d’un sentier pour une randonnée plus sportive qui permet de rejoint le Pied Aigu par le Saut de la Vache (avant le premier virage, derrière la maison des chasseurs, repérer face à une vieille clôture, une trace qui remonte parmi les buis vers le Sud. S’engager et de suite virer à droite, pour éviter la montée raide. En peu de temps on prend de l’altitude, on gagne la base des rochers des Enversins).

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Une petite centrale hydro-électrique se trouve à l’embouchure des gorges, d’où le large tuyau qui suit le chemin. Le torrent, que l’on entends gronder au fond du ravin est, pour le moment caché par les arbres.

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Nous entrons à présent dans des gorges étroites, appelées le Gorgonnet. A notre droite, la falaise, humide et ruisselante. De l’autre côté, le torrent, qui coule dans un trou de quelques mètres de large et plusieurs mètres de profondeur !

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Du côté de la falaise, nous trouverons deux tufières, dont l’une est haute et large d’une bonne dizaine de mètres. On peut même y voir une petite vasque naturelle, comme si nous étions à l’entrée d’une chapelle dédiée aux miracles de la nature.

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Appuyé au parapet, avec le grondement du torrent qui coule dans une gorge étroite de quelques mètres, à une dizaine de mètres en dessous de nous, nous faisons face à une miracle naturel : la transformations, sous l’action de l’eau chargée en calcaire du Vercors, du végétal en minéral. Touchez la mousse, encore verte, et sentez comme elle est dure et déjà rigidifiée. Plus loin, elle a pris une teinte brun clair, et dessous, la mousse est déjà devenue cette roche friable qui était utilisée autrefois pour construire les maisons à l’isolation incomparable.

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Les parties de la tufière qui sont devenues sèches accueillent une flore unique, que l’on ne peut trouver que sur ce milieux riche en calcaire et, en même temps, poreux et friable. Le tuf est une roche fragile, n’y touchez pas, et surtout n’essayez pas d’y grimper car c’est très dangereux.

De suite après la tufière, le chemin, en balcon est surplombé par la roche, qui suinte un peu toute l’année, s’orne de stalagmites de glace en hiver et vous qualifie d’une bonne douche glacée et abondante au printemps, à la fonte des neiges, ou après un bon orage.

Retournez-vous et profitez du paysage sur la vallée de l’Isère et le sud Grésivaudan.

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Dans les rochers en face du chemin, parfois fréquentés par des chamois, qui s’aventurent là, en hiver, en dehors des jours de chasse, on observe souvent quelques oiseaux de proie.

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Le chemin est encore en balcon au dessus du torrent partiellement caché par la conduite forcée. Du la paroi rocheuse, les fougères sont nombreuses, les capillaires (Adiantum capillus-veneris) se disputent la place d’honneur avec les langues de cerf (Phyllitis scolopendrum).

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Puis on parvient dans une forêt dignes des contes de fées, et où l’on s’attend donc à rencontrer Mélusine

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A la sortie de ce bois on atteint l’embranchement vers la passerelle de la Gaffe. Si vous continuez tout droit, vous pouvez monter jusqu’au Pied Aigu, après avoir traversé le hameau, désormais sans âme des Combes, puis continuer vers Malleval pour revenir sur Cognin-les-gorges par les gorges du Nan avant le retour sur Rovon (une randonnée d’au moins une journée avec de forts dénivelés qui demande une certaine pratique).

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Comme nous avons promis une balade familiale, descendez vers la passerelle. Juste avant le torrent à l’altitude 330 mètres, un petit sentier part sur votre gauche pour accéder au pont de bois.

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Certains dimanche, vous trouverez beaucoup de monde dans ce coin tranquille et « secret »…

Vous pouvez revenir à votre point de départ par le même chemin, ou continuer par une boucle moins spectaculaire, plus champêtre, mais tout aussi calme et variée.

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Le chemin continue à travers les praires et les noisetiers et châtaigniers. Si vous cheminez discrètement, vous pourrez observer de nombreux oiseaux et rencontrer, encore, quelques personnages féériques.

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Au lieu dit Le Moléron (alt. 300 mètres), juste après l’apiculteur qui propose un miel excellent, prendre à droite, et, après 300 mètres, un chemin peu visible sur la droite qui descends vers le Réservoir de la Gabouille (alt. 280 mètres) que vous reconnaîtrez à l’odeur en arrivant. Un élevage des Cochons de la Drevenne (de Monique Faure) est effectivement installé en ce lieu.

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Après l’exploitation porcine prendre à gauche le raidillon qui permet, en cinq minutes de rejoindre le lieu-dit Sous le Rocher.

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De là, on atteint le Pont sur la Drevenne, désormais assagie, et, entre champs de noyers, fermes et belles villas, on rejoint le village de Rovon.

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Cascade du Ruisant

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Le Ruisant est une torrent long de 2,5 kilomètres, dont la source est à 950 mètres sur le plateau du Vercors, près du lieu dit les Belles, à la sortie des gorges du Nan en partant de Cognin-les-Gorges.

Près des sources du Ruissant

Après avoir traversé la commune de Rovon, il se jette dans la Drevenne, peu avant que cet autre rivière se jette dans l’Isère au Port de Saint-Gervais.

Carte du Ruissant depuis sa source

Après avoir traversé les forêts entre les Roches Rousses et le Pied Aigu,  le torrent se jette depuis la plateau dans la vallée de l’Isère en une série des cascades, dont la plus haute fait plus de 250 mètres.

Cascade du Bruissant - capture écran Google map

Cannyoning dans la cascade du Ruisant

Ce torrent est surtout connu des amateurs de canyoning qui en ont fait un de leur terrain de jeu favoris et par les alpinistes qui escaladent les cascades de glace (bien qu’elle ne soit pas très longtemps praticable pour ce sport en raison de sa faible altitude).

Le Ruissant - carte IGN

La cascade a déjà tué, un jeune belge de 27 ans a trouvé la mort le 12 avril 2012 après avoir glissé sur le sol rendu boueux par les pluies de l’après-midi avant de disparaître dans les barres rocheuses.

L’accès au bas de la cascade est, en théorie interdit, puisqu’elle se trouve sur la propriété privée de exploitant de la carrière de marbre de Rovon.

De plus, les abords de la cascade, pollués par les déchets de l’industriel sont d’un intérêt mineur.

C’est donc depuis la lisière des champs de noyers que l’on admirera le mieux cette belle cascade qui mériterait qu’elle soit mise en valeur mieux que l’état d’abandon dont elle est victime.

La cascade du Ruissant est l’exemple typique qu’un site naturel remarquable privatisé, pollué et dégradé par une entreprise industrielle.

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Les mystères du mont Aiguille

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Le mont Aiguille, près de Chichilianne, est une dent avancée de la falaise orientale du massif du Vercors, à la limite du Trièves, au sud du département de l’Isère. C’est une des sept merveilles du Dauphiné où l’alpinisme rocheux (sur roche calcaire) est pratiqué, en particulier sur la face nord-ouest.

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Depuis Chichiliane, une belle balade dans la vallée, permet de découvrir cette montagne et quelques uns de ses secrets.

Les légendes qui se rapportent au mont Aiguille ont parfois retenu l’attention des princes. La plate-forme sommitale apparaissait en effet, dans bien des esprits, comme une sorte d’Eden, un territoire préservé du monde profane.

Mont Aiguille 002

En 1211, Gervais de Tilbury, neveu du roi d’Angleterre Henri II, le décrit comme un mont inaccessible duquel choit une source transparente ; au sommet, de l’herbe verdoie et l’on y voit parfois des draps blancs, étendus pour sécher, selon l’usage des lavandières. Les lambeaux de neige qui subsistent au printemps sur la prairie sommitale et l’imagination du narrateur juché sur la cime du Grand Veymont suffisent pour accréditer la légende des lavandières du mont Aiguille.

Au Moyen Âge, le mont Aiguille, baptisé en latin Supereminet Invius qui signifie  » il se dresse, inaccessible », est perçu comme un énorme rocher d’une hauteur prodigieuse. Les dessinateurs de l’époque le représentent sous la forme d’un champignon ou d’une pyramide renversée.

Sous l’Ancien Régime, il jouit d’une popularité supérieure à celle des géants des Alpes, ignorés du plus grand nombre.

Au XVIème siècle, Rabelais, dans le Quart Livre, relate l’ascension faite par Antoine de Ville de ce qui était encore appelé le « mont Inaccessible » de façon quelque peu imaginaire, tant par la forme de la montagne que par le nom de l’alpiniste ou ce qu’il trouva au sommet : « Ainsi dict pource qu’il est en forme d’un potiron, et de toute memoire persone surmonter ne l’a peu, fors Doyac, lequel avecques engins mirificques y monta et au-dessus trouva un vieux bélier. C’estoit à diviner qui là transporté l’avait. Aucuns le dirent, estant jeune aignelet, par quelque aigle ou duc chaüant là ravy, s’estre entre les buissons saulvé.« 

En 1656, Denys de Salvaing de Boissieu dans Septem miracula Delphinatus (Les sept merveilles du Dauphiné), relate que des déesses chassées du mont Olympe seraient venues se réfugier sur ce promontoire, qui faisait encore partie de la falaise orientale du Vercors. Elles furent surprises dans le plus simple appareil par le chasseur Ibicus. L’affaire provoqua le courroux de Jupiter qui changea le voyeur en bouquetin et sépara le mont sacré du reste du Vercors.

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Grotte de la Luire

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Le massif du Vercors est célèbre pour les Résistants qui se sont réfugiés dans les maquis lors de la Seconde Guerre mondiale car, ainsi que le note déjà début 1941 l’alpiniste Pierre Dalloz auprès du journaliste et écrivain Jean Prévost, certains plateaux y sont difficiles d’accès pour les non-initiés mais permettent de vivre en relative autarcie.

Les premières attaques allemandes contre le Vercors ont lieu durant l’hiver 1944. Puis, en avril, la Milice française dirigée par Raoul Dagostini mène des actions de répression à Vassieux. François Huet est à son tour nommé chef militaire. Toutefois, la situation bascule à l’été 1944.

La veille du débarquement de Normandie, le code « le chamois des Alpes bondit » annonce la mobilisation de tous les combattants du massif, rejoints par des centaines de jeunes volontaires inexpérimentés. Huet tente d’organiser les 4 000 maquisards tout en évitant que se referme sur eux le piège de la forteresse.

Les combattants croient à des parachutages massifs d’armes lourdes110. Par défi, ils déploient à Saint-Nizier un immense étendard tricolore visible par les Allemands depuis Grenoble. Très rapidement, la région est mise à feu et à sang.

En réponse, le général Karl Pflaum lance, du 13 au 15 juin, une offensive de 15 000 hommes appuyée par d’importantes troupes aéroportées. Elle est fatale à ce maquis qui, malgré les appels à l’aide de Huet auprès des autorités d’Alger, doit se replier dans le Sud-Vercors.

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Le porche d’entrée de la grotte de la Luire sert brièvement d’hôpital de campagne au maquis, choisie par l’Etat-major pour permettre l’évacuation des blessées des hôpitaux quand les allemands arriveraient.

Dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944, l’état-major du Vercors, devant l’aggravation de la situation, donne l’ordre de replier l’hôpital du Maquis, installé le 8 juin à Saint-Martin-en-Vercors, sur l’hôpital de Die. Un car, deux camions et une voiture particulière embarquent 122 blessés, les malades et le personnel. Par la route du col de Rousset, le convoi rejoint Die au petit matin. La mère supérieure de l’hôpital signale l’arrivée imminente des Allemands.

Devant ce danger, le docteur Fernand Ganimède décide de laisser quelques blessés légers à Die, de remonter sur le massif et, conduit par Fabien Rey, un pâtre résistant, de s’établir provisoirement à Saint-Agnan-en-Vercors.

Le porche n’est pratiquement pas visible depuis la route départementale 518. La grotte, bien que déjà répertoriée dans des guides touristiques, n’est guère connue que des spéléologues et de quelques habitants du voisinage. Elle apparaît donc comme un refuge sûr. Cependant, le docteur Ganimède et le médecin-capitaine Fischer, inquiets, essaient d’évacuer les blessés les moins atteints. Le soir du 22 juillet, 50 blessés et 18 soignants quittent la grotte et rejoignent Romans. Le 25, le docteur Ganimède fait se réfugier, dans une cavité au-dessus du porche, un groupe de blessés qui peuvent se déplacer avec des béquilles. Ils sont accompagnés par deux infirmières, Lucie Jouve et Marie Roblès.

Sous le porche de la grotte, il reste moins de la moitié du groupe : 45 blessés intransportables dont une trentaine de maquisards, parmi lesquels on citera Juliette Lesage dit « Lilette », infirmière blessée au combat de Combovin le 22 juin, un officier américain Chester Meyers, un commando parachuté le 29 juin, opéré de l’appendicite, et aussi quatre soldats allemands ou polonais, Félix Dombrowski, Kruzel, Malacowski et Veronecki, blessés capturés en juin au combat de Montclus.

Sous le porche de la grotte de la Luire, s’abritent les blessés, allongés ou assis parmi les rochers ou s’appuyant sur des béquilles, encadrés par les médecins et infirmières. À droite, le drapeau à croix rouge est étalé sur la paroi.

23 juillet 44, sous le porche de la grotte de G à D : Dr Rosenthal, J. Ganimède, Mme Roblès, Mme Ganimède, M. Roblès, Michalet
23 juillet 44, sous le porche de la grotte
de G à D : Dr Rosenthal, J. Ganimède, Mme Roblès, Mme Ganimède, M. Roblès, Michalet

Le sol de la grotte est très tourmenté et encombré de rochers. Il était difficile de trouver un emplacement horizontal pour coucher les blessés. Les soignants ne disposaient que d’un matériel médical rudimentaire et n’avaient aucun éclairage la nuit. Ils soignaient cependant aussi bien les quatre prisonniers de la Wehrmacht que les maquisards français.

Bléssés, infirmières et médecins

Treize personnes constituent l’encadrement : trois médecins, les docteurs Fischer dit « Ferrier », 32 ans, médecin capitaine du Groupement des chantiers de jeunesse n° 19 qui avait rejoint la Résistance au Vercors, Marcel Uhlmann, 32 ans, médecin juif, et Ganimède, ce dernier accompagné de sa femme et de son fils Jean, sept infirmières, et un aumônier, Yves Moreau de Montcheuil, 44 ans, philosophe et théologien très cultivé et très ouvert, qui avait participé activement à l’élaboration et à la diffusion des Cahiers du Témoignage chrétien, dénonçant l’antisémitisme et appelant les chrétiens à réveiller leur conscience, puis avait gagné le Vercors pour y assister les jeunes résistants et les blessés. Un drap blanc à croix rouge est déployé près de l’entrée du porche.

Cette photo aurait été prise par le fils du docteur Ganimède le 23 juillet 1944.
Cette photo aurait été prise par le fils du docteur Ganimède le 23 juillet 1944.

Dans le ciel le Storch, le mouchard, survole à très basse altitude l’hôpital improvisé.

Certains blessés décèdent avant le jour du drame : André Bourcereau, 26 ans, résistant originaire de Pauillac (Gironde), résidant à La Seyne (Var), blessé au combat de Saint-Nizier, emmené à l’hôpital de la grotte de la Luire à Saint-Agnan-en-Vercors où il décède le 25 juillet 1944, Pierre Mallein, 18 ans, résistant de Pont-de-l’Isère, blessé (on ne sait s’il est décédé le 24 juillet 1944 à Saint-Martin-en-Vercors ou abattu par les Allemands à la grotte de la Luire, Albert ou Auguste Mulheim, 24 ans, d’origine alsacienne, chasseur de la compagnie Chabal, blessé le 23 juillet 1944 à Villard-de-Lans (Valchevrière) par trois balles de mitrailleuse dans le ventre, il est évacué sur la grotte de la Luire où il meurt peu après, Henri Murot, résistant originaire d’Argenteuil (Seine-et-Oise, maintenant Val-d’Oise), roulottier, grièvement blessé et atteint par la gangrène, il meurt le 27 juillet 1944, peu avant l’arrivée des Allemands, à l’hôpital replié dans la grotte de la Luire, Édouard Ricordo, 27 ans, blessé amené à la grotte de la Luire où il décède le 23 juillet.

Lorsqu’il est découvert, le 27 juillet 1944, l’hôpital de fortune, est le théâtre d’une sanglante attaque des allemands.

Le 27 juillet, vers 16 heures, les soldats allemands font irruption à l’entrée du porche. Les quatre prisonniers de la Wehrmacht, reconnaissant des camarades de leur unité, leur crient de ne pas tirer, disant « ils nous ont soignés« .

Les allemands réquisitionnent un agriculteur de Saint-Agnan-en-Vercors, Jarrand, avec sa charrette tractée par des vaches, pour transporter douze grands blessés à Rousset où ils retrouveront les sept qui peuvent marcher ainsi que le personnel soignant.
Sur le trajet, le convoi des grands blessés rencontre un groupe de parachutistes allemands. La nuit tombe, le chef de ce groupe décide d’en finir. Il fait remonter la charrette en direction de la grotte. En contrebas de celle-ci, sur un terre-plein, il fait achever les quatorze plus grands blessés sur leur brancard. Puis il les fait rouler en bas du talus et enterrer dans un charnier. Un mois plus tard, les gens du pays virent chercher les cadavres pour les inhumer dans la cimetière de Saint-Aignan.

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Sept autres grands blessés sont achevés après avoir été contraints de creuser leur tombe, le jour suivant au pont des Oules, en amont du hameau de Rousset.

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Abdesselem Ben Ahmed, résistant originaire du Maroc, qui traite un officier autrichien de « sale boche », refusant de s’excuser, est assommé à coups de crosse de mitraillette et pendu.

Les autres membres de ce groupe sont conduits à Grenoble et internés à la caserne de Bonne où siège la Gestapo. Les « civils », Jeanne Ganimède, son fils, et « Lilette » Lesage (dont les Allemands ignorent qu’elle est une résistante) peuvent s’échapper grâce à la complicité des Polonais de la Luire. Le docteur Ganimède, autorisé à se rendre aux toilettes, réussit à s’évader.

L’officier américain a la vie sauve. Par contre, le lieutenant Francis Billon, de la mission « Paquebot », originaire du Finistère, qui avait eu la cuisse brisée lors de son atterrissage à Vassieux, le 7 juillet, est exécuté, cours Beriat, malgré son uniforme militaire de l’armée régulière française.

Deux médecins et l’aumônier seront également fusillés, dans la nuit du 10 au 11 août 1944, au Polygone de Grenoble alors que les 7 infirmières capturées, Maude Romana, Cécile Goldet, Anita Winter, France Pinhas, Suzane Siveton, Rosine Bernheim et Odette Malossane, seront déportées en camp de concentration à Ravensbruck, Odette Malossane y meurt le 25 mars 1945.

Odette Malossanne, dite Etty

Une seule infirmière, Marie Robblés a été sauvée car elle se trouvait dans la forêt avec d’autres blessés qui y avaient été cachés.

Marie Robblés a cent ans mais encore toute sa tête pour parler de cet épisode … elle a pu y retourner avec un ancien déporté qui est maintenant un intime, Jean Monin.

En 1946, le porche est classé parmi les sites et monuments naturels de caractère historique. Il intègre aujourd’hui le parcours des Chemins de la Liberté.

27 juillet 1946, cérémonie commémorative sur le site historique de la grotte de la Luire

Pour en savoir plus :
La Grotte de la Luire (G. Giraud et J-W. Dereymez)
Commémorer (G. Giraud et J-W. Dereymez)

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Renseignements au Site National Historique de la Résistance en Vercors
Mémorial de la Résistance (Visite historique du SNHRV)
Col de La Chau
F-26420 Vassieux-en-Vercors
Tél. : 33 (0)4 75 48 26 00
Fax. : 33 (0)4 75 48 28 67
Courriel : info@memorial-vercors.fr
Site internet : www.memorial-vercors.fr

Le 25 février 1896, plusieurs habitants de La Chapelle-en-Vercors entreprennent la première exploration. La profondeur approximative de 80 mètres est atteinte. En 1898, Oscar Decombaz et son équipe pénètrent à leur tour dans la grotte ; la salle d’entrée porte aujourd’hui son nom.

Diverses explorations ont ensuite conduit les spéléologues jusqu’à une profondeur de -200 mètres. Les principales expéditions furent généralement conduites par le GSV (Groupe Spéléologique Valentinois) à partir de 1952.

De nos jours, la grotte est toujours le théâtre d’explorations, notamment par les nouvelles générations de spéléologues du même Groupe Spéléologique Valentinois.

Avec l’arrivée de techniques plus modernes, pompages et escalades amènent désormais le réseau à plus de 53 kilomètres (août 2012), dont plus d’une dizaine derrière des siphons. C’est actuellement la grotte la plus longue du Vercors. Le point bas actuel est découvert le 9 août 2003, c’est le siphon Oméga à la profondeur de -483 mètres.

La visite guidée de la partie aménagée au public dure environ une heure, associée à une animation originale. Après avoir fabriqué sa bougie, le visiteur explore la cavité à la recherche des émotions qu’ont ressenties les premiers explorateurs, il y a plus d’un siècle. Le guide présente alors ce qui reste encore aujourd’hui de l’un des mystères hydrologique du monde, avant de faire découvrir les proportions remarquables et le décor exceptionnel de la cavité, grâce à un éclairage spectaculaire.

La visite de la grotte de la Luire et de son porche constituent une expérience émouvante tant par le souvenir des aventures humaines dont ils ont été le décor que par la rencontre avec le plus grand réseau souterrain de la Drôme, le réseau Luire-Bournillon.

Le livre Grotte de la Luire, 1896-1996, un siècle d’explorations, l’aventure continue… et un double DVD retracent l’histoire de ces explorations.

Grotte de la Luire (Visite de la grotte touristique)
26420 Saint-Agnan-en-Vercors
Tél. : 04 75 48 25 83 ou 04 75 48 23 69
Site internet : www.grotte-luire-vercors.com

Sources bibliographiques :

ADD, 132 J 1. Fédération des Unités combattantes de la résistance et des FFI de la Drôme, Pour l’amour de la France, Drôme-Vercors 1940-1944, Peuple Libre 1989.

Escolan Patrice et Ratel Lucien, Guide-Mémorial du Vercors résistant, Paris, Le Cherche-Midi, 1994.

Colonel Richard Marillier, Vercors, 1943-1944, Le malentendu permanent, éditions de l’Armançon, 2003.

Pons, De la résistance à la Libération.

La Picirella, Témoignage sur le Vercors. De Richter.

Vergnon Gilles, Le Vercors, histoire et mémoire d’un maquis, éd. De l’Atelier, Paris, 2002.

Association des Pionniers du Vercors, Le Vercors raconté par ceux qui l’ont vécu, Valence 1990.

Rosine Bernheim, Pierre Sulivan, La Traîne-Sauvage, Flammarion1999.

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Château de Beaurevoir

Publié le Mis à jour le

Surplombant Sassenage avec majesté, le Château de Beaurevoir paraît tout droit sorti d’un conte de fées. L’intrigue qu’il suscite est d’autant plus tenace que son « secret » est inaccessible aux curieux puisque c’est une propriété privée qui s’étend sur 25 hectares.

Château de Beaurevoir

Construit à la fin du XIXème siècle par un riche industriel grenoblois, le gantier Alphonse Terray, grand père de l’alpiniste Lionnel Terray, vainqueur de l’Anapurna, acheté en 1914 par André Papet pour trois ans, ensuite par un ingénieur en explosifs, Paul Corbin.

Sassenage, les Côtes

Le château s’appelait à l’époque Beauregard.

Cette demeure d’architecture baroque flamboyante est un « château à la campagne » d’une bourgeoisie industrielle prospère, bâti vers 1880 par les architectes Chatrousse et Ricoud, avec des pierres récupérées de l’ancien château féodal du XIIème siècle appelé château des Côtes, (château primitif) dont il reste encore quelques ruines dans le parc. Les architectes ont également fait largement appel à la technique du ciment moulée, mise au point à Grenoble à cette époque. Travaillé sur une armature métallique, ce matériau imite à s’y méprendre, tantôt la pierre sculptée, tantôt le bois quand il se fait garde-corps et passerelles du belvédère sur le Furon. Et le parc du château, remarquable, reflète en outre admirablement les capacités imitatives du ciment.

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Quelques années après Beaurevoir, Alphonse Terray avait fait élever, au bout de sa propriété et sur un petit promontoire, un autre château, plus modeste, mais dans le style féodal, avec tours, tourelles, donjons, mâchicoulis et créneaux, œuvre des architectes grenoblois Chatrousse et Ricoud il fut détruit par une explosion avant 1914, il n’en reste que des ruines.

Château de Beaurevoir

Vers 1948 le château devient la propriété de la  SNCF qui y installe son service social et une école.

Ecole SNCF

Le tournage du film Le crime est notre affaire s’est déroulé durant l’hiver 2008 un film de Pascal Thomas, avec :
Catherine Frot (Prudence Beresford)
André Dussollier (Bélisaire Beresford)
Claude Rich (Roderick Charpentier)
Chiara Mastroianni (Emma)
Melvil Poupaud (Frédéric)
Hippolyte Girardot (Le Docteur Lagarde)
Annie Cordy (Tante Babette)

Château de Beaurevoir

Grâce à une modification du PLU (plan local d’urbanisme) votée en urgence par la municipalité en 2013 et contre laquelle les élus de l’opposition se sont élevés, un projet immobilier de grande envergure sera réalisé au domaine du Beaurevoir, avec la construction de 200 logements.

Projet Vinci Beaurevoir

Le 20 février 2014, la signature d’une convention de projet urbain en partenariat avec Vinci Immobilier Résidentiel était présentée en conseil municipal, le principal objectif de cette convention étant d’exonérer Vinci Immobilier de la taxe d’aménagement pendant dix ans.

Le 7 juillet dernier, le Préfet de Région a demandé une enquête d’impact.

Pour le moment, le programme immobilier n’est plus « disponible » sur le site de Vinci Immobilier.

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On peut se demander comment, un monument aussi important ne soit pas encore protégé et inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques.

En effet, avec la Casamaure, inscrite depuis 1986, il est le seul exemple dans la région :

  • D’une folie du XIXème siècle, commandée par un industriel appartenant à la bourgeoisie grenobloise.
  • De l’utilisation pour la première fois du ciment moulé, technique inventée à Sassenage par Louis Vicat.

La ganterie était une des activités prédominantes à Sassenage, tout au moins jusqu’au cœur des années 30. Gantiers, mégissiers, brodeuses s’activent ainsi pour leur propre compte ou pour des entreprises de Grenoble et de Fontaine. Souvent ils ont une autre activité, sont par exemple gantiers et cafetiers comme Louis Reverdy au début du XXème siècle. D’après le recensement de la population de 1926, on compte 53 gantiers à domicile, contre 18 seulement en 1946.

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Le meilleur moyen de voir le château de Beaurevoir, caché dans les arbres, est probablement, pour le commun des mortels, depuis le parc de l’Ovalie.

Chateau de Beaurevoir

Chateau de Beaurevoir

Depuis les Côtes de Sassenage, on a une jolie vue sur les ruines du château médiéval, qui était autrefois illuminé pour les fêtes de fin d’année.

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Un sentier de randonnée passe à proximité du château de Beaurevoir.

Du Château de Sassenage suivre le sentier en direction du Nord en passant par le Hameau du Château et rejoindre le chemin des Engenières. Monter ensuite vers les anciens fours à chaux par le sentier des Gingeolles et arriver au belvédère des Gingeolles (350 m) ; regarder la table de lecture du paysage et des informations sur la géologie locale ; profiter aussi d’une vue exceptionnelle sur la Cluze de Voreppe pour découvrir la face sud ouest de la Chartreuse, la vallée de l’Isère et le pays voironnais. Continuer jusqu’au carrefour du Cruy (400 m). Prendre alors le sentier à droite. Couper la D531 au niveau de la Cimenterie (330 m). Traverser le quartier de Rivoire de la Dame pour retrouver le chemin des Côtes qui passe devant les grilles du château de Beaurevoir (310 m).

Chateau de Beaurevoir

Chateau de Beaurevoir

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Accessible par les transports en commun : tramway ligne A , arrêt Fontaine La Poya (terminus), puis bus 20 direction Veurey-Voroise Mairie, arrêt Château de Sassenage ou bus Flexo ligne 50 qui a un arrêt Beaurevoir juste à coté de la grille d’entrée en bas du château médiéval, ou lignes 53, 54, arrêt Château de Sassenage : Voir le site de la Tag

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