Pays Voironnais

Le tilleul de Réaumont

Publié le Mis à jour le

Tilleul de Réaumont 000

Le tilleul de Réaumont est un arbre célèbre, connu des amateurs de vieilles branches : considéré comme le plus vieil arbre de l’Isère, il aurait été planté en 1390… et souffle donc ses 625 bougies !

Tilleul de Réaumont 005

Vous pouvez le rencontrer lors d’une promenade dans le Bocage du Bessey.

Il se trouve entre l’église et l’école du village, au milieu d’un petit espace de nature préservé, et à ses pieds s’épanouit un tapis d’épimedium, la fleur des elfes, tandis qu’un lierre s’est lancé à l’assaut de son tronc.

Tilleul de Réaumont 001

Le petit village de Réaumont (altitude 358 m) est situé à 4,9 km au nord-ouest de Voiron, à 25,3 km au nord-ouest de  Grenoble.

Si l’exploration avance à un bon rythme pour certains coins de France, il reste plein de départements encore inexplorés pour lesquels nous n’avons que trop peu d’informations. C’est le cas de l’Isère, cette contrée alpine où aucun inventaire n’a encore été mené.

Tilleul de Réaumont 002

Le tilleul de Réaumont est considéré comme étant le plus vieil arbre connu du département de l’Isère. Il aurait été planté en 1390. Situé en plein cœur du village, entre l’église, la mairie et l’école, irrigué par un cours d’eau souterrain, il constitue un élément structurant du paysage local et retient toute l’attention des habitants, des associations ainsi que des visiteurs.

Tilleul de Réaumont 003

Curieuse silhouette que la sienne, massive, imposante, évoquant tant la force que la fragilité et transpirant le poids du temps qui sur lui a laissé ses marques.
Son tronc d’abord maçonné en 1891, a été évidé lors des travaux pour sa sauvegarde entrepris en 2000 ; enfin des étais métalliques ont alors été placés pour permettre un lien entre les deux lèvres du tronc, ils sont visibles en différents endroits, évoquant tantôt une échelle invitant à escalader ses hauteurs et tantôt des rangées de dents plantées au ras du sol. L’écorce a déjà commencé à les avaler.

Tilleul de Réaumont 004

En 2011 une fissure est apparue au pied du tilleul et le maire a confié à L’ONF une mission d’expertise. Voici leur synthèse : une dégradation du bois du collet au sud ouest et des cals cicatriciels qui régressent indiquent la progression des pathogènes endommageant les barrières naturels de protection. Coté sud on observe des zones de bois entièrement dégradés par des champignons et insectes xylophages affectant la totalité de la paroi. Une fissure se met en place préparant la séparation en deux parties distinctes.
Conclusions : cet arbre doit être géré comme un monument végétal. Malgré les multiples défaut qui le fragilisent il est souhaitable de le conserver en l’accompagnant dans sa sénescence. Il ne peut être maintenu tel qu’il est aujourd’hui sans exposer le public à une menace.
L’ONF a proposé la mise en place d’un échafaudage de soutien à installer sous la branche charpentière nord-ouest. Ce travail sera complété par une taille de réduction et d’allègement de celle-ci qui permettra de diminuer son poids.
Il est certain que la suppression d’une partie de la couronne peut être dommageable au bon fonctionnement de l’arbre, lui ôtant du tissu vivant. Mais cette intervention paraît opportune vis-à-vis du danger représenté par le risque d’arrachement de la charpentière nord-ouest.

Tilleul de Réaumont 006

La grosse branche, qui penche là où elle va tomber, a été soutenue par un échafaudage de bois, qui a l’air de faire bien son office. La branche semble se porter assez bien depuis.

Tilleul de Réaumont 007

Le tronc est bien creusé, hélas. Il me semble que c’est là le sort de ces tilleuls qui dépassent les 200-300 ans. Ils se détériorent petit à petit, là où les branches se séparent, l’eau finit par s’infiltrer, et accentuer la décomposition du tronc…

Tilleul de Réaumont 008

Avec ses 15 mètres de hauteur et une circonférence de 9,20 mètres, le tilleul qui est considéré comme le doyen de l’Isère à été labellisé « Arbre remarquable de France » en 2000.

Sous certains angles on Jurerait voir une figure ligneuse mi souriante mi grimaçante, une vraie tête de trogne qui regarde en rigolant intérieurement ceux qui se baladent devant lui, et qui persuadés d’être les seuls à le voir le dévisagent comme si de rien n’était et sans eux même se sentir observés.

Tilleul de Réaumont 009

Ce tilleul est très bien pris en considération par la commune, qui lui a réservé une place entièrement pour lui, avec une zone de protection tout autour de terre engazonnée. La route a été déviée pour lui laisser l’espace suffisant.

La commune très attentive à sa sauvegarde a entrepris des opérations de restauration et de consolidation, aidée par le conseil général et conseillée par l’Office national des forêts (ONF).

Élément patrimonial incontournable de ce petit village la commune a inscrit ce « sujet vénérable » à l’élection de « L’ARBRE DE L’ANNEE 2013 ».
Dans un premier temps, sur avis d’un jury, d’après un dossier sommaire, le tilleul  a été sélectionné pour être le représentant de la région Rhône Alpes.

panos5

Le concours de l’ « Arbre de l’Année », organisé tous les deux ans, a été créé en France en 2011 par le magazine Terre Sauvage, en partenariat avec l’Office National des Forêts.

Arbre_annee_210x270_hd

Le principe : un groupe (famille, classe, commune, entreprise, association…) propose un arbre candidat. Celui-ci est jugé sur ses qualités naturalistes et esthétiques, mais pas seulement : son histoire compte aussi. Une présélection est alors opérée, région par région, avant le vote final.
Finalement, c’est un chêne de Civran qui a été élu, et un chêne breton qui a eu la faveur du public, mais tout de même, depuis 2013, le tilleul de Réaumont a acquis une nouvelle notoriété.

C’est pour sauver le tilleul de Réaumont, que la municipalité a créé la Maison de l’Arbre qui organise une Foire aux arbres chaque année au mois d’octobre. Le tilleul, six fois centenaire, a besoin de soins. Cette manifestation contribuer à lui donner une notoriété inespérée qui a, sans aucun doute, des effets positifs sur sa santé.

18ème Festival de l’Arbre sur le thème :

« les filières du bois »

18 et 19 octobre 2014

Tilleul de Réaumont 010

Publicités

Le Bocage du Bessey

Publié le Mis à jour le

Bocage du Bessey 014

Pour cette balade en famille, nous vous proposons un circuit de 8 kilomètres sans difficulté, à la découverte d’un paysage de bocage que vous n’espériez peut-être pas trouver dans l’Isère. Il peut être fait avec des enfants, mais l’usage des poussettes est à proscrire.

Bocage du Bessey 006

Bocage du Bessey 002

Au départ de Saint Cassien prenez le chemin de terre qui prolonge la voie d’accès au cimetière et qui longe la voie ferrée. Le chemin n’est pas signalé tout de suite, mais dans le bois, vous rencontrerez les premières balises jaunes, plus visibles à partir de Denay.

Le Bocage du Bessey

Cœur vert du pays voironnais, ce circuit offre encore des paysages d’un pays de polyculture traditionnelle. Le chemin tourne à gauche avant de grimper sur le coteau à travers des bois de châtaigniers. Toute la promenade se fait à proximité de châtaigniers, noisetiers et noyers, pendant l’arrière saison, la promenade devient donc gourmande.

Bocage du Bessey 003

Dans le bois, une partie un peu ingrate du chemin grimpe dans un chemin de galets qui roulent sous les pieds. C’est la partie la plus technique de la balade.

Bocage du Bessey 004

Bocage du Bessey 005

On atteint à la sortie du bois, le hameau du Demay, que l’on va traverser en diagonale, au débouché sur la route, prendre à droite, puis de suite le premier chemin à gauche.

Bocage du Bessey 007

Après le hameau du Demay l’itinéraire s’enfonce dans un bocage inattendu, petit patchwork de champs cultivés, prairies, taillis de châtaigniers, et, bien sûr, alignements des plantations de noyers.

Bocage du Bessey 008

Bocage du Bessey 009

Bocage du Bessey 010

Bocage du Bessey 012

Bocage du Bessey 013

Bocage du Bessey 014

On arrive au hameau du Fays, et on continue tout droit sur la route, puis, après la belle maison avec un long balcon en bois, on prends à droite, le chemin qui descend. Le marquage à ce carrefour est assez particulier : des croix indiquent les voies où il ne faut pas aller, mais aucune indication n’indique le bon chemin.

Bocage du Bessey 015

Bocage du Bessey 016

En bas du chemin on rencontre un des 7 lavoirs de Réaumont, le lavoir du Fays.

Bocage du Bessey 017

Après le lavoir du Fays, la descente sur Réaumont passe par un escalier puis sur le parking de la gare TER (ligne Rives/Grenoble).

Bocage du Bessey 018

L’itinéraire s’approche ensuite de Réaumont, le village aux sept lavoirs, en longeant la voie ferrée en contrebas du talus. Réaumont est annoncé par le château qui domine le village.

Bocage du Bessey 019

Bocage du Bessey 020

Bocage du Bessey 021

Sur la place, après le lavoir du village, se dresse le célèbre tilleul de Réaumont classé arbre remarquable.

Bocage du Bessey 023

Tilleul de Réaumont 005

Vous contemplerez l’église. Un jardin public, près du lavoir permet de se reposer, et de faire gouter les enfants.

Bocage du Bessey 022

En passant par le chemin de Champ de l’Orne à Réaumont, vous avez la possibilité de visiter un élevage de lamas.

Sur la place, après le lavoir du village, remontez jusqu’au débit de tabac, en bas du château, puis prenez la direction du hameau de Mercuel (car le passage devant la mairie, dans le virage sans accotement est trop dangereux, les limitations de vitesses n’étant jamais respectées par les conducteurs autochtones).

Bocage du Bessey 024

La montée vers Mercuel par un raidillon goudronné, offre, heureusement quelques belles maisons anciennes et une vue sur le château, si vous pensez à vous retourner au bon endroit (ombragé).

Bocage du Bessey 025

Dans le hameau, prenez le chemin entre les maisons sur la droite, et passez en fond du jardin d’un indigène.

Bocage du Bessey 026

Traversez ensuite l’autre partie du bocage du Bessey :

Bocage du Bessey 027

Bocage du Bessey 028

Avant de rejoindre le lieu-dit « Les Bouleaux« . Au carrefour, prenez à gauche par le chemin de la Martelière, pour rejoindre le hameau du Demay et votre point de départ.

Bocage du Bessey 029

En revenant sur Saint-Cassien, vous apprécierez de très beaux paysages avec des points de vue sur les Préalpes  d’un côté, avec les premiers contreforts de Chartreuse, et la vallée de l’Isère avec des échappées sur les falaises du Vercors.

Bocage du Bessey 030

Complément localisation : Cartoguide promenades et randonnées : Pays Voironnais / Carte IGN TOP 25 n°3233 O Le Grand-Lemps / Lac de Paladru et n°3234 O Tullins.

Bocage du Bessey 011

De Voiron, prenez la D12 (avenue Jean Jaurès puis avenue de la Croix Morin). Au rond-point continuez tout droit par l’avenue Saint-Cassien. Tournez à droite toujours sur la D12 jusqu’à arriver à Saint-Cassien, continuer la route en direction de Rives sur le pont dominant la voie ferrée, prendre tout de suite à droite et garez-vous sur le parking ombragé, sous les tilleuls, devant le cimetière.

Depuis Grenoble, après Voreppe, prendre la D1075puis la D1085, puis, en direction de Charnècles, la D12C, et à droite sur Le Penon, la D12 jusqu’à Saint-Cassien, tourner à gauche vers le cimetière avant le pont ferroviaire.

Bocage du Bessey 001

La Grande Fabrique

Publié le Mis à jour le

Le site industriel de la Grande Fabrique est niché au fond de la vallée de la Fure en bas de Renage. Il y a cinq siècles, cette vallée fut l’une des plus importantes en France (forges, papeteries et soieries).

Première usine créée en France pour le tissage mécanique des crêpes de soie, alors spécialité des anglais, elle connaît un grand rayonnement, puis décline au lendemain de la seconde guerre mondiale pour s’éteindre en 1969.

 La grande Fabrique

D’abord créée en 1826 pour le tissage mécanique des crêpes de soie va subir de nombreuses transformations et connaître un grand rayonnement.

Fabricant de crêpes, Alexandre Chomer est né à Montbrison le 4 novembre 1816, d’un père aubergiste. Son frère, Victor, apparaît en 1830 comme « voiturier » dans la Loire. En 1849, nouvel associé de Just-Antoine Montessuy dans la direction d’une importante maison, Chomer épouse Claudine-Pauline Troubat, la fille d’un courtier en soie, qui reçoit une donation de 55.000 francs à cette occasion, alors que lui-même possède un avoir de 80.000 francs dans son affaire. En 1858, grâce à ses gains, il accepte de commanditer un de ses confrères, Gondre & Cie. À partir des années 1870, ses parts dans la moitié du capital de la maison Montessuy & Chomer sont évaluées à 1.500.000 francs, hors compte courant. Lorsque son associé décède en 1882, il accepte que le neveu de ce dernier, Georges Montessuy, lui succède dans la société. Il est membre de la Société civile d’instruction élémentaire de Collonges où il possède un château. Chomer décède à Cannes le 25 mars 1892. Ses cinq enfants se partagent une fortune d’au moins 2.936.021 francs (plus du double si l’on se réfère à la communauté de biens).

Pont de la Grande Fabrique

Ainsi, le tissage mécanique de crêpe Montessuy & Chomer, établi à Renage en 1826 par la maison Goujon & Roche, devient sous le Second Empire, l’élément majeur d’une entreprise intégrée : outre ses cinq cents métiers mécaniques et ses cent cinquante métiers à bras, l’établissement possède désormais un moulinage de quarante-deux mille broches, complété par un second moulinage de trente-quatre mille broches à Vienne et d’un second tissage à Bourg-Argental (Loire).

La guillonière

Au centre même de ce site industriel, un magnifique parc paysager, ou parc à l’anglaise est créé, ce qui constitue pour l’époque une première dans une usine. De magnifiques arbres remarquables centenaires exotiques (tulipier de Virginie, sophora du Japon, séquoia…) arrivent du monde entier pour agrémenter cet espace.

L’eau est acteur et délimite le parc par la création de fontaines, bassins, canaux, cascades et ponts.

Rue de la chapelle

Au XIXème siècle, l’usine-pensionnat de Renage fut un modèle d’organisation sociale, une usine-pensionnat qui accueillait quelques 1 000 ouvrières et ouvriers. Les jeunes ouvrières venaient de tous les villages alentour, et prenaient des sortes de « voitures » de ramassage qui les amenaient à l’usine. S’inspirant des couvents, les usines-pensionnats sont immédiatement clôturées par un mur d’enceinte afin de mieux surveiller les mouvements de la main d’œuvre, d’éviter les contacts avec les tumultes extérieurs et de fixer les limites de l’espace disciplinaire.

Pour les dirigeants lyonnais de la fabrique de crêpe de Renage , les très catholiques Just-Antoine Montessuy et Alexandre Chomer, l’organisation de la vie ouvrière dans le cadre d’une usine-pensionnat a pour but de « maintenir les relations de la famille » : les ouvrières conservent une attache paternelle en réintégrant le domicile paternel seulement le samedi, au lieu de s’émanciper de façon précoce en ayant leur propre domicile. Dans l’esprit des initiateurs du système, cet encadrement ne doit pas pour autant « étouffer » la jeune fille, car il a une vocation pédagogique : apprendre l’ordre, l’autonomie (elles doivent se débrouiller pour leurs repas…), non par la contrainte, mais par l’exemple. L’enfermement a pour but de recréer l’esprit d’une cellule familiale. À les lire, la liberté religieuse est respectée grâce à une pratique cultuelle facultative. Il ressort un bilan flatteur de ce système qui se prétend vertueux : « grâce à un choix sévère du personnel, grâce au concours de Sœurs intelligentes et dévouées, la moralité est parfaite, l’instruction est recherchée, l’épargne est régulière, l’ordre et la propreté sont devenus une habitude« .

Le réfectoire de la Grande Fabrique

Elle représentera la France à l’Exposition universelle de Vienne (Autriche) en 1873.

La Grande Fabrique 000

Les conditions de vie dans ces internats sont des plus spartiates. Avec l’établissement de Boussieu , celui de Renage offre de nombreux services à son personnel, voire à la population locale : outre un dortoir, un réfectoire et une chapelle, l’usine dispose depuis le Second Empire d’une crèche, d’une salle d’asile, d’une infirmerie, d’une école ouverte également aux plus démunis de la commune, le tout administré par les religieuses de l’ordre de Saint-Vincent-de-Paul. Au-delà des aspects moraux et éducatifs de ces structures, les dirigeants de la maison Montessuy & Chomer ne cachent pas leur intérêt économique à de telles dépenses sociales et philanthropiques : créer « un attachement des familles pour l’usine ; [assurer] le renouvellement du personnel ouvrier ; de préparer d’excellents sujets, connus d’avance, et dont l’entrée dans l’usine est un avantage précieux« . À cela s’ajoute la constitution d’une caisse d’épargne par les patrons lyonnais, destinée aux ouvrières de leur établissement. Là encore, il s’agit pour eux de faire face au turnover de leur personnel et à la concurrence effrénée que se livrent depuis quelques années fabricants lyonnais et façonniers voironnais pour attirer à eux de la main d’œuvre. En offrant autant de garanties aux parents, Montessuy & Chomer disposent d’arguments solides à opposer à la croissance du centre industriel voironnais qui attire volontiers la population des villages voisins au détriment de Renage, d’autant que les façonniers n’ont pas à leur disposition des moyens financiers suffisants pour répliquer.

Grande Fabrique

Dans certains établissements, l’alimentation est fournie par le patron contre paiement le plus souvent, dans d’autres, les ouvrières doivent apporter leur panier de victuailles pour la semaine. À Renage , chez Montessuy & Chomer, les ouvrières internes doivent apporter leur nourriture hebdomadaire. Éventuellement, un voiturier peut leur apporter deux fois par semaine des aliments de chez elles. La maison Montessuy se contente de leur assurer, dans un réfectoire, de la soupe le matin et le soir, ce qui est insuffisant comme ration alimentaire quotidienne. Durant la semaine, lesdits aliments sont confiés aux religieuses qui en ont la garde, tandis que des domestiques se chargent de les préparer dans les cuisines pour les ouvrières.

Pour les migrations hebdomadaires, les industriels affrètent des « galères », de longues voitures à cheval, pour transporter la main d’œuvre. Certaines rentraient chez elle le dimanche et revenaient le lundi, mais une partie d’entre elles restait tout le temps dans l’usine. Les patrons offraient à chaque ouvrière leur robe de mariage en soie blanche à l’occasion de leur noces.

Informations et citations extraites de la Notice sur l’usine fondée à Renage (Isère) pour la fabrication de crêpes de soie et appartenant à MM. A. Montessuy et A. Chomer, Exposition universelle de Vienne, 1873, Notice imprimée, 1873.

La grève des fileuses en soie

Il faut attendre le décret du 28 juillet 1904 pour que l’État s’intéresse au sort des ouvrières de ces usines-pensionnats, en réglementant les conditions de vie à l’intérieur. Cette nouvelle législation interdit le partage de la même couche par deux ouvrières, impose une distance d’au moins quatre-vingts centimètres entre chaque lit. Les lits doivent obligatoirement comporter une paillasse ou un sommier, ainsi qu’un matelas. Chaque ouvrière doit avoir un placard pour mettre ses effets et disposer d’un lavabo avec un savon et une serviette dans le dortoir. Dans les faits, les rares inventaires d’usine en notre possession montre que certains industriels n’ont pas attendu la loi (placard et literie).

Renage en 1923

La Chapelle-Pont de la Grande Fabrique est unique en France car elle enjambe le lit de la rivière La Fure. Ce sont les sœurs de Saint Vincent de Paul, en charge de la moralité des jeunes ouvrières, qui la firent construire sur place afin d’éviter la rencontre avec les garçons du village.

Abandonnée vers 1960, la chapelle a été rénovée entre 1989 et 1991, par le CERFAC, association qui à l’époque aidait des chômeurs à se réinsérer dans la vie professionnelle. Les matériaux, le matériel étaient fournis (dons, prêt, mécénat) par des entreprises locales ou nationales comme Saint-Gobain qui a proposé la toiture en verre.

 La Grande Fabrique

Régulièrement des expositions sont proposées dans la chapelle, désormais désacralisée, de la Grande Fabrique.

Pour les Journées du Patrimoine, l’exposition montre l’histoire et l’évolution du site industriel depuis le XVème siècle jusqu’à nos jours, la réhabilitation pas à pas de la chapelle à partir de 1988, le parc et ses arbres remarquables et une exposition sur la soie (échantillon, outils, etc).

La Grande Fabrique

La Grande Fabrique

La Grande Fabrique

La Grande Fabrique

La Grande Fabrique

La Grande Fabrique

La Grande Fabrique 001

La Grande Fabrique 002

La Grande Fabrique 003

La Grande Fabrique 004

 

La chapelle de La Grande Fabrique

géré par l’association CE R.F.A.C.

Contact
  • Adresse:
  • Z.A. de la Vallée BP 11
  • Renage
  • Isère
  • 38140
  • France
  • Tél. mobile: +33 6 77 84 03 38

http://www.chapelle-grande-fabrique.fr/