Oisans

La Prairie de la Rencontre

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 Charles de Steuben

Le 7 mars 1815

Très tôt le matin, Napoléon quitte Corps et se met en route vers La Mure, arrivant en fin matinée ils fait halte sur la colline du Calvaire pour s’y restaurer sous le regard de toute la population. Napoléon félicite le maire  qui a sauvé le pont et le nomme sous préfet. De son passage, Napoléon aurait laissé une malle en bronze exposée au Musée Matheysin.

Le général Marchand qui commande à Grenoble est fermement décidé à arrêter l’usurpateur et à l’enfermer au fort Barraux. Il a envoyé un bataillon qui a pris position à Laffrey, défilé étroit entre la colline et le lac.

A l’entrée de ce village, entre lac et montagne, les troupes du 5ème de Ligne occupent une place stratégique pour arrêter Napoléon.

On longe le lac de Pierre-Châtel, puis celui de Petichet et l’on arrive maintenant au grand lac de Laffrey. Le plateau se resserre entre les collines et les lacs. Soudain, les lanciers polonais à bride abattue reviennent vers les chasseurs qui aussitôt sautent de leurs charrettes et chargent leurs fusils. L’Empereur descend de calèche et monte à cheval, puis dépassant les chasseurs pousse vers Laffrey avec les lanciers. Après un temps de galop, ils s’arrêtent: une troupe d’infanterie est rangée en bataille en avant du village.

C’est le bataillon de Lessart qui, pris de scrupules de n’avoir pas fait sauter le pont de Ponthaut dans la nuit, occupe le défilé. Cet infortuné chef de bataillon a troublé les historiens de cette fameuse rencontre de Laffrey: il se nomme suivant les ouvrages Lessart, ou Lessard avec un d, ou devenu noble, de Lessard, ou encore Delessart.

Lessart, donc, a envoyé un courrier à Grenoble au général Marchand et attendant une réponse, il espère retarder les rebelles. A midi, arrive un aide de camp, le capitaine Jacques Randon de St Marul, officier de 19 ans qui n’est autre que le neveu de Marchand. Parti de Grenoble avant que la dépêche arrive, Randon n’a aucun ordre nouveau, mais, jeune et bouillant, il assure « qu’il n’y a pas de doute, Bonaparte, il faudra tirer dessus. » Né à Grenoble en 1793, engagé à 16 ans a fait la campagne de Russie et, lieutenant en 1813, la campagne d’Allemagne, ce jeune capitaine deviendra maréchal et ministre de la guerre pendant le Second Empire, gouverneur de l’Algérie, pour finir à Genève en 1871.

Jacques Randon et ses hommes, se trouvent donc face à face avec Bonaparte, à cheval avec ses lanciers.

« Feu, feu » hurla Randon. Aucun soldat n’obéit…

Dans le silence, une voix forte et calme s’éleva : « Soldats du cinquième de Ligne, je suis votre Empereur, reconnaissez-moi !« , puis, devant l’indécision des soldats pâles d’émotion lui faisant face, il s’approcha à portée de fusil, entrouvrit sa redingote et s’écria: « S’il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son Empereur, me voici. » À ces mots, le 5e de Ligne mit bas les armes et se précipita vers Napoléon en pleurant…. les fusils s’abaissèrent, les soldats fraternisèrent aux cris de « Vive l’empereur!« , les cocardes tricolores fleurirent de toute part.

Napoléon venait de remporter une victoire décisive…

Après cet épisode, Napoléon dit au général Cambronne : « C’est fini. Dans huit jours nous serons à Paris.« 

Stendhal a relaté cet épisode chargé de drames et d’émotions dans « Mémoires d’un Touriste » et dans sa « Vie de Napoléon« . N’oublions pas que Stendhal est né à Grenoble en 1783, dans la rue des Vieux Jésuites, aujourd’hui rue Jean-Jacques Rousseau (plaque commémorative au-dessus de la porte). Lieutenant de Dragon sous l’empire, il fera la campagne de Russie en 1812, en qualité d’intendant.

Le lieu de cette confrontation est devenu la « Prairie de la Rencontre« , immortalisée par le peintre allemand Charles de Steuben et marquée par une statue équestre de l’Empereur précédée en bordure de la route par deux aigles en bronze.

La statue de bronze de Napoléon Ier, commandée par Napoléon III et l’œuvre d’Emmanuel Frémiet, fut érigée sur la Place d’Armes (plus tard appelée la Place de Verdun à Grenoble). Démantelée pendant la guerre de 1870 [le 4 septembre*] au temps de la chute du Second empire elle est mise au placard, d’abord à Grenoble au dépôt des marbres, ensuite à Paris au magasin. La première guerre mondiale relance le culte de Napoléon Ier, et entre le Département de l’Isère et Paris s’élève une dispute au sujet de la propriété de la statue. Grenoble pour finir l’emporte, grâce à la ténacité de Marcel Deléon, et obtient en 1929 la permission d’ériger la statue à Laffrey dans la « Prairie de la Rencontre » aux bords du lac, là où Stendhal avait planté un saule. La statue restaurée est inaugurée officiellement pour la deuxième fois le 31 août 1930 (source: Mairie de Laffrey).

Statue Napoleon Bonaparte - 1868 Grenoble

* Nous remercions M. Eric Lombard pour cette précision.

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Prairie de la Rencontre

Une journée d’automne à Notre-Dame de la Salette

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Il y a des jours où nous avons prévu de vous montrer un bel endroit, emblématique de l’Isère… mais une fois sur place, le climat de nos montagnes et les caprices de l’automne en décident autrement…

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Nous avons tout de même décidé de partager avec vous ces moments a cœur d’un nuage accroché dans la montagne, alors qu’un beau soleil régnait sur les vallées iséroises.

Pour vous montrer les fabuleux paysages et le panorama, nous reviendrons, c’est promis !

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Le 19 septembre 1846, dans les alpages au dessus du village de La Salette en Isère, deux enfants bergers, Maximin Giraud et Mélanie Calvat, disent avoir rencontré une « Belle Dame » en pleurs, toute de lumière. Elle leur confie un message de conversion, pour « tout son peuple ».

Après 5 ans d’une enquête rigoureuse, l’évêque de Grenoble, Mgr Philibert de Bruillard, reconnaît officiellement l’authenticité de l’apparition. Dès le lendemain de l’apparition, quelques personnes puis une foule toujours grandissante gravit la montagne pour invoquer la protection de la Vierge. S’inscrivant dans le formidable renouveau de la pratique religieuse du XIXème siècle, cette apparition, comme celles de Lourdes (1858) et de Pontmain (1871), participera au développement de la ferveur populaire pour le culte marial. Le pèlerinage de La Salette, fortement encadré par l’Église, conserve, malgré le recul de la pratique catholique en France, la dimension internationale qu’il acquît dès son origine.

La première chapelle, attestée en 1852, avant même la construction de la basilique fut probablement conçue par l’architecte Alfred Berruyer (1819-1901) sur les lieux mêmes où la Vierge aurait disparu du regard des deux enfants, au sommet de l’actuel chemin de croix du Sanctuaire. Premier édifice en dur construit sur la montagne, cette chapelle aurait été détruite par les intempéries, réédifiée, puis démolie et enfin réédifiée en 1865 à l’emplacement actuel, dans le cimetière du Pèlerinage. Une première esquisse de la Basilique est réalisée dès 1850, avec comme particularité un clocher à six pans à la croisée du transept. Mais ce n’est que deux ans après, en 1852, que l’archevêque Philibert de Bruillard commande à Alfred Berruyer (nommé architecte diocésain en 1853), une grande église de style néo-roman. Sans modèle médiéval local, Berruyer se distingue un peu des constructions néo-gothiques qui se répandaient à cette époque. Le profil de la nef, de la voûte en berceau et des fenêtres hautes semble puiser aux édifices de l’architecture romane sur la route du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, comme Sainte-Foy de Conques. Mais l’ornementation des chapiteaux et des arcatures sous les corniches rappelle plutôt le Moyen-Age roman lombard. En 1854, le chœur est achevé. En 1857 le projet est modifié et en 1865, la façade, flanquée de deux tours en pavillon, est établie (Berruyer venait d’élever les tours carrées des églises de Voiron et de Saint-Laurent-du-Pont). Initialement composée de trois nefs, la basilique est élargie de deux bas-côtés supplémentaires par Ferdinand Bugey en 1897.

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38970 La Salette-Fallavaux
Téléphone : 04 76 30 32 90
Web : http://lasalette.cef.fr
Mail : infos@lasalette.cef.fr

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Vallée de l’Eau d’Olle et Lac du Verney en automne

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Cette vallée, qui porte le nom du torrent qui la creuse, est encaissée entre ses flancs montagneux. La vallée de l’Eau d’Olle appartient à une longue succession des vallées qui marquent les flancs est des chaînes de la Lauzière (Savoie) et de Belledonne jusqu’au Taillefer.

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La vallée de l’Eau Dolle, l’une des plus boisées de l’Oisans, a été profondément modifiée par la construction des deux retenues hydroélectriques du Verney et de Grand’Maison, cette dernière étant la plus grande d’Europe.

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Ils représentent des marqueurs paysagers forts et des ouvrages d’arts plutôt réussis sur le plan architectural.

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Mais ils ont aussi engendré des équipements moins esthétiques, dizaines de pylônes électriques qui hérissent toutes les pentes de leurs pics élancés. Pas une image sans pylône. La vallée de l’Eau Dolle, bascule entre paysages naturels et paysage de grands aménagements. Des efforts ont toutefois été faits pour intégrer les barrages dans le paysage et valoriser ce patrimoine industriel par la création d’un musée.

Allemond - La fonderie

Ce territoire a finalement trouvé un certain équilibre, entre fonds de vallée aménagés et hauteurs naturelles. Mais celui-ci est menacé par l’installation de récents équipements au col du Glandon, 2 téléskis viennent encore casser l’image de l’alpage. Destinés à relier les stations savoyardes entre elle, leur utilité à moyen terme est discutable : l’enneigement à 2000 mètres n’est pas assuré, leur fréquentation non plus. Ces transformations pourraient faire basculer cette unité paysagère.

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Le Lac du Verney entre Belledonne et Grande rousses propose de nombreuses activités nautiques l’été et est le départ de jolies randonnées familiales ou plus sportives.

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Le lac du Verney s’étend sur une superficie de 75 ha à 725 mètres d’altitude et a une profondeur variable.

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Le barrage du Verney a été construit et exploité à ses débuts par la Société hydroélectrique de l’Eau d’Olle, fondée à Lancey en 1907 par Maurice Bergès, fils d’Aristide Bergès, maire de Villard-Bonnot, conseiller général, industriel et actif dans l’éclairage de la vallée du Grésivaudan. Le barrage, d’une puissance de plus de 16 000 CV, sera à l’origine de la construction dès 1909 de la première ligne à haute tension de 60 000 volts entre Grenoble et Saint-Chamond, l’un des premiers grands équipements électriques du pays.
Le barrage que l’on peut voir de nos jours à été construit par EDF entre 1979 et 1984.
Ce barrage forme avec la centrale hydro-électrique de l’Eau d’Olles et le barrage de Grand’Maison l’ensemble hydro-électrique du vallon de l’Eau d’Olle.
Puissance : 1800 MW

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Le jour : l’eau descend
L’eau issue de la retenue supérieure (1698m) transite par une conduite forcée vers la centrale 930 mètres en aval où se trouvent des Turbines Francis puis se déverse dans a retenue inférieure (cote 769m).
Les Turbines Pelton sont utilisées en appoint pour le démarrage matinal ou les pics de consommation (plus rapides à lancer).
Ainsi, lorsque la demande est forte, le barrage vient en complément des centrales nucléaires françaises.

La nuit : l’eau remonte
L’eau est pompée de la retenue inférieure vers la retenue supérieure, par les mêmes turbines Francis (réversibles) et via la conduite forcée.
Les Turbines Pelton sont utilisées pour aider au démarrage des turbines Francis en mode pompe le soir venu.
Ainsi, lorsque la demande est faible le fait de pomper l’eau vers la retenue supérieure permet de stocker l’énergie surproduite par les centrales nucléaires.

Barrage de Grand'Maison - Document ERDF 001

Le Musée EDF Hydrélec ; depuis fin 2011 le musée vivait une situation de fermeture exceptionnelle. Tout fut mis en oeuvre pour rouvrir sur un musée finement rénové, doté d’un parcours sur l’hydroélectricité à forte valeur scientifique. La fermeture est un temps fort de réflexion sur le sens même du musée, sa fonction, sa place en Oisans et en France..
Le parcours de visite de l’exposition permanente permettait d’aborder les différents angles du sujet de l’hydroélectricité : patrimoine, sciences physiques, technologie, sciences de la vie et de la Terre. Tout au long de l’année, des expositions temporaires complémentaient ce circuit. De nombreux thèmes étaient abordés :
L’histoire de l’usage de l’eau en tant que force motrice
Les inventions majeures en électricité et hydroélectricité
Le développement industriel autour de l’hydroélectricité
Les premières centrales hydroélectriques
L’évolution des modes de production en France
Le rôle des lacs et des barrages dans la vie économique et quotidienne
L’hydroélectricité, une énergie renouvelable
Le fonctionnement d’une centrale
La station de pompage de Grand’Maison, l’aménagement hydroélectrique le plus puissant de France
Les différents types de barrages et de turbines
La transformation d’énergie
Le cycle de l’eau
La production d’électricité.

Sa réouverture est donc la possibilité d’un plaisir renouvelé pour découvrir l’histoire de la houille blanche, chère au patrimoine industriel de la région, et l’occasion de venir retrouver cette vallée sculptée par la nature et apprivoisée par l’homme.

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Il est possible de se balader à pieds ou en VTT sur les bords du lac.

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Préférez la rive gauche…

Au départ d’Allemont,  une boucle autour du lac du Verney ne nécessite pas de gros efforts et permet de pédaler dans le cadre enchanteur de la vallée de l’Eau d’Olle. Blottie entre le massif de Belledonne et  celui des Grandes Rousses cette vallée s’élève  vers les cols du Glandon et de la Croix de Fer. La petite route adossée à Belledonne (D43) en direction d’Allemont est un magnifique belvédère tourné vers les Grandes Rousses.

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