Grenoble et sa banlieue

La tourbière du Peuil

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Située au pied des falaises du Vercors à 970 mètres d’altitude, la tourbière du Peuil est l’une des rares zones humides du massif ainsi que l’une des dernières tourbières  d’altitude à sphaigne en Isère. Elle fait partie des 11  espaces naturels sensibles (ENS) du Conseil Général de l’Isère qui en est propriétaire et en assure la gestion.

La tourbière du Peuil

Respectez scrupuleusement les consignes affichées un peu partout sur le site. De plus, de votre discrétion dépendra la quantité de choses que vous pourrez observer. Pensez à vous équiper de jumelles et d’un téléobjectif pour votre appareil photo.

La tourbière du Peuil

Il s’agit là d’une des rares zones humides du massif : essentiellement calcaire, il n’est pas de nature à favoriser ce genre de lieux. Le site contient un précieux écosystème avec des espèces végétales et animales rares.

Site unique dans le massif du Vercors, la tourbière du Peuil se situe à 966 m d’altitude, sur la commune de Claix qu’elle surplombe sur 40 hectares, à une quinzaine de kilomètres de Grenoble. Sa situation originale, en balcon sur les falaises du Moucherotte et du Pic Saint-Michel, est due à une suite d’événements géomorphologiques. La base de ce balcon est un morceau de falaise qui s’est décroché. La moraine présente en bordure de la tourbière a été déposée par le glacier du Drac lors des dernières glaciations. Cette moraine a formé une barrière imperméable délimitant en aval une zone légèrement creusée que des argiles de lessivage ont colmatées. Une zone humide s’est ensuite installée lors du retrait glaciaire et a évolué en tourbière.

Cette tourbière mixte présente plusieurs faciès de végétation correspondant aux différents stades d’évolution de ce type de milieu : de la prairie humide à touradons de Molinie bleue, jusqu’à la tourbière bombée à sphaignes en passant par le bas-marais alcalin à Laîche de Davall.

La tourbière est surplombée par des prairies sèches à orchidées pâturées par des moutons sur la moraine latérale et entourée par la hêtraie-sapinière exploitée pour son bois. C’est aussi une particularité géologique qui mérite quelques explications. En effet, le Vercors laisse passer au travers de ses galeries creusées dans le calcaire toute l’eau qu’il reçoit… sauf à la Tourbière du Peuil !

Il en résulte une faune et une flore tout à fait particulières ainsi qu’une tourbière, créée par les dépôts d’argile qui ont étanché le fond de cet ancien lac et par les dépôts successifs de matières organiques et végétales.

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil, a été classée Espace Naturel Sensible pour en assurer la protection. Si vous voulez en savoir plus, je vous propose de lire l’étude pour le Plan de gestion de la tourbière du Peuil.

Les milieux tourbeux hébergent une flore rare et spécialisée à ce type de milieu comme notamment la fragile Droséra à feuilles rondes, la Grassette à grandes fleurs ou encore le Séneçon de Suisse. La tourbière joue également un rôle important comme lieu de reproduction pour les amphibiens et les libellules et sert de territoire de chasse au Faucon pèlerin et à différentes espèces de chauves-souris dont le Grand Murin.

Flore : parmi les 200 espèces, 9 espèces patrimoniales protégées
Ail anguleux (Allium angulosum) protégée
Drosera à feuilles rondes (Drosera rotundifolia) protégée
Grassette à grandes fleurs (Pinguicula grandiflora) protégée
Jonc aplati (Juncus anceps) protégée
Orchis de Traunsteiner (Dactylorhiza traunsteineri) protégée
Pigamon simple (Thalictrum simplex) protégée
Pyrole intermédiaire (Pyrola media) protégée
Pyrole à feuilles rondes (Pyrola rotundifolia) protégée
Séneçon suisse (Thephroseris helenitis) protégée

Faune : 4 espèces d’oiseaux (Pic noir (Dryocopus martius) protégé, Pie grièche écorcheur (Lanius collurio) protégé, Faucon pèlerin, Faucon crécerelle) 10 espèces de mammifères (Grand murin (Myotis myotis) protégé, Martre, Écureuil roux, Chamois…) 3 espèces d’amphibiens (Triton palmé (Triturus helveticus) protégé, Crapaud commun, Grenouille rousse) 2 espèces de reptiles (Lézard vert, Couleuvre à collier (Natrix natrix) protégée) de nombreux papillons, dont le Grand Sylvain (Limenitis populi) protégé, 3 espèces d’odonates (Libellules) :
Leste dryade (Lestes dryas) protégée
Leste fiancé (Lestes sponsa) protégée
Sympetrum à ailes jaune (Sympetrum flaveolum) protégée
Habitats : 10 habitats patrimoniaux (forêt de bouleaux, tourbière boisée, buttes de sphaigne brunes, Hêtraies, tourbière basse à Laîche de davalle….)

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

En été, des visites de la tourbière sont organisées avec des guides-nature les mercredis et samedis. Des animations gratuites ont lieu les dimanches à 9h00 et les mardis soir. Jean-Yves Esnault, géologue naturaliste, est présent un jeudi par mois à 9h00. L’inscription est obligatoire en mairie au 04 76 98 45 73.

Sinon, vous pouvez visiter librement cet espace, en utilisant les 3 topo-guides qui sont à votre disposition dans « la boite aux lettres » à l’entrée du site.

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil La tourbière du Peuil 050
La tourbière du Peuil La tourbière du Peuil
La tourbière du Peuil La tourbière du Peuil

Pensez à stationner votre véhicule sur l’espace ombragé prévu à cet effet le long de la route du Peuil et non dans le chemin devant l’entrée du sentier de la tourbière. Ces chemins sont fréquentés par des agriculteurs qui vivent sur ce territoire, entretiennent le paysage et les chemins et ont besoin de circuler avec des engins agricoles ou leur bétail. Leur présence nous permet, entre autres, d’avoir accès à ce lieu exceptionnel toute l’année.

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil

La tourbière du Peuil est accessible par le réseau Tag :

A votre arrivée à l’arrêt « Col de Comboire » suivez les indications « Tourbière du Peuil » que vous atteindrez environs 2 h 30 mn plus tard. Pendant l’ascension, d’un dénivelé de 740 mètres, un paysage de plus en plus panoramique vous permettra d’admirer la chaîne de Belledonne, qui, suivant les conditions de lumière, vous semblera être à portée de main.
Il est possible de redescendre sur Allières, en passant près de la cascade de la Pissarde pour rejoindre la Mairie de Claix.

Tourbiere du Peuil

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La Tour-sans-Venin 7eme merveille du Dauphiné

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A proximité de Grenoble et des communes de Fontaine, Seyssins et sur la route de Saint Nizier du Moucherotte, la Tour sans venin est un lieu chargé d’histoire puisque ce pan de muraille restant sur un promontoire à flanc de montagne sur les contreforts du massif du Vercors à 666m d’altitude serait un vestige du donjon de l’ancien château fort de Pariset existant au XIème siècle.

La Tour-sans-Venin

Le peu de témoignages relatifs à ce lieu millénaire n’autorise que des hypothèse. Le Chevalier Guillaume aurait été le premier propriétaire du château ?

Pour d’autres historiens, la fondation du château est attribuée à Rolland, le neveu de Charlemagne, venu faire le siège à Grenoble. En 1339, la forteresse appartenait à François de Parizet.

De nombreuse légendes courent sur cette tour, lieu de guérison contre les morsures de serpents avec une présence de la plante vipérine ou temple élevé pour la déesse Isis qui protégeait dit-on des serpents suite a la découverte en 1656 près de la chapelle d’une pierre portant des inscriptions romaine (Isidi matri Sex Claudius Valerianus Aram cum ornamentis Ut voverat) qui signifie (A Isis mère, Sextius Claudius Valeriannus a dédié cet autel avec ses ornements..).

La Tour-sans-Venin

La légende d’Isis

Bien avant le moyen-âge, près de cet endroit, les paysans du Vercors tentaient de cultiver cette terre peu fertile. Mais le travail était très difficile et la récolte maigre, sur les contreforts du massif.  Pour implorer les dieux, le responsable du village fit construire une stèle en l’honneur d’Isis. Déesse bien connue qui avait le don de ressusciter les morts dans certains pays, et, dans d’autres contrées, était l’image de la Terre-Mère et de la Fertilité. La terre fut un peu plus fertile et vers le XIIIème siècle, un seigneur s’établit en ce lieu prospère et désormais « sacré ». Un château fut construit, et il devint au XIXème siècle l’une des 7 merveilles du Dauphiné.

Isis était la déesse de la santé et de la nature aux pouvoirs de guérisseuse, elle est souvent représentée avec une queue de poisson, qui devient parfois queue de serpent.

La légende de la terre Sainte

Pour solliciter ses seigneurs à partir en croisade, le Dauphin promit d’accorder des terres aux courageux. Le seigneur de Pariset sut quelles terres lui seraient données. C’était un bel endroit pour un château mais, infesté de serpents.
A la fin de sa croisade victorieuse, il rapporta un sac de terre ramassée auprès du Saint-Sépulcre. Se souvenant du jardin d’Eden, il se dit que le Diable, caché en animal rampant, hantait son lieu et que seul, de la terre « sainte » pouvait l’en chasser.
De retour, il répandit le contenu du sac ramené de Palestine et le miracle opéra.  Il débarrassa l’endroit des reptiles vénéneux qui l’infestaient. Un fabuleux château vit le jour dans ce lieu anciennement maudit.

Dans une autre version de cette même légende, ce serait Roland, le neveu de Charlemagne qui y aurait répandu un sac de terre de Paris, répulsif pour bêtes rampantes.

La légende du seigneur pacifiste

Le seigneur de Pariset n’était point belliqueux, il trouvait toujours un arrangement pour ne point user de la violence. Ce n’était pas un homme de lâcheté ou de non courage, mais il avait tant vu de guerres et de morts qu’il prit le parti de trouver le compromis salutaire pour tous.  Les gens disaient de lui, qu’il était sans agression donc San Venin dans ses propos.

 La légende de la guérisseuse

Il y a bien longtemps de cela, une femme du village prétendait guérir des morsures de serpent, vil animal très nombreux sur les pierres chaudes du Vercors.  Et il est vrai que tous les paysans qui se faisaient piquer lors des fauchages, ou tous les enfants qui se faisaient mordre en ramassant des baies des hautes herbes infectées de cet animal vénéneux, étaient soignés dans le plus grand secret par cette femme aux cheveux crépus et mal peignés.
Elle vivait loin du village, près d’une terrasse dans les contreforts du Vercors. Avec ses secrets et son éloignement, le mot de SORCIERE fut invoqué. Une femme qui se cache pour soigner de la piqûre du Diable a recours à la magie noire.
Ne voulant pas être traduite en justice, avec la mort comme sanction, elle révéla son secret.
La sauvageonne avait découvert que les serpents ne venaient jamais près d’un à-pic. Un jour qu’elle s’était fait mordre par cet animal du diable, elle mit sur sa blessure, un mélange de terre et d’herbe du lieu, et point de fièvre elle eut.
Depuis ce jour, elle devint la guérisseuse officielle du village et cette terre prit le nom de Sans Venin.

Claude Muller, qui est l’auteur de superbes travaux, nous apprend qu’au XIIème siècle déjà, Gervais de Tilbury (orthographié parfois Tilisbery) écrivait que « si on prend de la terre du château de Pariset en quelque lieu que ce soit, et qu’on la mette en poudre, cette poudre fait aussitôt fuir la peste des animaux nuisibles« .

Si les premières traces écrites de la tour et de son présumé château remontent à plus de 800 ans, les premières descriptions formelles datent du XVIème siècle. Symphorien Champier, « docteur en la science esculapienne » (c’est-à-dire médecin), rédigea un bon nombre d’ouvrages et d’opuscules dont l’un chante la gloire de son célèbre et preulx cousin  le chevalier Bayard ; au travers de cette œuvre il en profita pour vanter la beauté du Dauphiné et dresser une liste des lieux uniques de la région. Parmi « quatre choses singulières, lesquelles n’estoient semblables en nul lieu du monde« , il insère, déjà, la Tour-sans-Venin et il rajoute dans sa description : « ... la seconde singularité de notre pays en Dauphiné est la tour sans venin ; sur près dudict Grenoble, environ le milieu de la montagne, de la rivière de l’Isère et du Drapt. En lasquelle beste venimeuse ne peult vivre, car incontinent que l’on a bouté dedans, elle meurt…« 

Denis Salvaing de Boissieu, premier président de la chambre des comptes de Grenoble, la signala également parmi ce qu’il appela les « sept merveilles du Dauphiné« , excusez du peu.

Encore mieux, en 1661, la plume de Nicolas Chorier la classe désormais en première position des sept merveilles, même s’il la dépeint déjà en déliquescence : « Elle était carrée autrefois, écrit-il, et il n’en reste plus qu’une muraille ». Puis, il revient sur la « particularité » du lieu « Une longue expérience a enseigné que les animaux venimeux n’y naissent, et que même ils n’osent l’aborder. On n’y voit ny serpent ny crapaux, ny lézards, jusques aux araignées qui y trouvent une mort certaine si on les y porte d’ailleurs« .

À croire que cette tour a toujours été ainsi en ruine, quand au château de Pariset…

Le problème est épineux : pas de traces du château de Pariset dans les archives. Rien n’indique que la Tour-sans-Venin en soit réellement le vestige.

Alfred Bougy fit en peine perdue des recherches sur la question, pour conclure en 1837 dans ce qui fut le premier journal illustré, l’Album du Dauphiné : « Nous ne connaissons rien de positif sur les premiers temps de la Tour-sans-Venin, car il paraît que sa fondation remonte à une haute Antiquité, qu’elle est complètement effacée des livres et de la mémoire des hommes. La tradition populaire même, qui ordinairement raconte sur notre vieille France tant de chroniques et de légendes, où quelques faits historiques se trouvent délayés dans les rêveries superstitieuses de nos pères, la tradition qui ne nous dit pas un mot sur l’origine de la tour, est d’une grande stérilité dans les indices ultérieurs qu’à grand-peine elle nous transmet... ».

Mais il ajoute : « Nous savons qu’il a existé une ancienne et noble famille qui portait le nom du pays et qui s’est éteinte à un certain Didier de Pariset. Nous ajouterons que, comme il n’y a eu dans cette paroisse aucune demeure seigneuriale, si ce n’est la tour dont nous nous occupons, il est naturel de penser qu’elle était la résidence de cette famille« .

La Tour-sans-Venin

La Tour-sans-Venin

La Tour-sans-Venin

 Depuis le promontoire du site, s’ouvre un vaste panorama sur les vallées du Drac et de l’Isère et sur toute l’agglomération grenobloise. Par temps clair, la vue s’étend même jusqu’au Mont-Blanc. Le lever du soleil y est un spectacle saisissant.

La Tour-sans-Venin

La Tour-sans-Venin

Au pied de l’ancienne tour, le promeneur pourra découvrir une petite chapelle romane datée du XIIIème siècle aux toitures couvertes de tuiles canal et aux charmes quasi méditerranéens.

La Tour-sans-Venin

La Tour-sans-Venin

Située au pied de la Tour-sans-Venin, la grotte des Sarrasins comporte un porche immense pouvant abriter un village entier. Des tessons de céramique, des ossements humains et de la vaisselle ont été découverts lors des fouilles et sondages réalisés en 1889, puis en 1965. Le site a révélé une occupation continue du Néolithique jusqu’à la période médiévale.

La Tour-sans-Venin

Depuis la Tour-sans-Venin, des chemins permettent de descendre vers le désert J-J. Rousseau et le désert de l’Écureuil. Un autre chemin redescend vers Sassenage ou vers Fontaine, et permet la ballade des six fermes.

 Les 7 merveilles du Dauphiné :

La Pierre Percée à Pierre Châtel 38119
La Tour-sans-Venin à Seyssinet Pariset 38170
Le Mont Aiguille dans le Trièves
Les Grottes de la Balmes d’Isle de Crémieu
Les Cuves de Sassenage à Sassenage 38360
Le Pont de Claix à Claix 38640
La Fontaine Ardente Hameau de La Pierre (Le Gua) 38450

Source :

Richard Monvoisin : La Tour-sans-Venin, Une histoire qui ne manque pas de piquant

Bibliographie :

Batfroi Séverin, (1981). Histoire secrète des Alpes, Albin Michel , pp 46-48.
Bougy Alfred in Cassien V. et Debelle A., (1837). Album du Dauphiné, Grenoble, Prudhomme.
Chorier Nicolas, (1661-1672). Histoire du Dauphiné, Valence, Chenevrier.
Champier Symphorien, (1525). La vie de Bayard, Les gestes ensemble la vie du preulx Chevalier Bayard, Lyon Réed. Préface Crouzet, coll: Acteurs de l’histoire. 1992.
De Boissieu Denis Salvaing, (1656), Septem Miracula Delphinatus.3⁄4Guy-Allard, (1684). Dictionnaire historique, chronologique, géographique du Dauphiné.
Muller Claude, (2003).Les Mystères du Dauphiné, Histoires insolites, étranges, criminelles et extraordinaires, De Borée Editions..
Pilot de Thorey Emmanuel, (1884). Les prieurés de l’ancien diocèse de Grenoble compris dans les limites du Dauphiné, in Bulletin de la Société des Statistiques de l’Isère, 12.
Rivière-Sestier Madelaine, (1970). Au fil de l’Alpe, Didier et Richard. 3⁄4Vidman. L. & Turcan R. (1992), Les cultes orientaux dans le monde romain, Paris, p 100-104.

Les Vouillants

Désert de l’Écureuil

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Sur le territoire de la commune de Seyssinet-Pariset (Isère), accrochée au flanc est du Vercors, dans la banlieue grenobloise, un ensemble de sillons retient l’attention.
Les plus bas d’entre eux sont bien connus, ce sont ceux de la Combe Vallier, du Désert de l’Ecureuil et du Désert de Jean-Jacques Rousseau (déjà évoqué comme promenade).

Nous vous proposons donc de partir depuis le célèbre Pré Fauré, bien connu des étudiants grenoblois qui viennent y faire des grillades et des choses  dont on ne peut parler ici…

Pré Fauré

C’est également le point de départ de plusieurs autres balades, comme le tour des six fermes, ou une étape sur le chemin qui conduit du Prisme, à Fontaine, jusqu’à la Tour sans Venin, lieu aux multiples légendes de notre région (des lieux et des balades que vous pourrez découvrir bientôt dans ce blog).

Pré Fauré

Si vous commencez la balade depuis cet endroit, vous pouvez laisser votre véhicule sur le parking.

Dans la multitude de chemins qui partent de l’endroit, vous retrouverez facilement votre route, signalée « Désert de l’Écureuil » au panneau « Attention au Feu » positionné juste au début.

Pré Fauré

La balade se fait par un bon chemin, sous les châtaigniers. A la bonne saison prévoir de la place dans le sac à dos pour faire une petite récolte.

Désert de l'Ecureuil

Il est possible d’observer de nombreuses plantes de la forêt de feuillus : géraniums, fougères, tussilages…

Désert de l'Ecureuil

Dans la châtaigneraie, les arbres poussent le plus souvent en cépée : ils ont été coupés au ras du sol et sont ensuite repartis en formant de touffes de plusieurs troncs.

Désert de l'Ecureuil

Il est possible de s’enfoncer dans le sous bois, très propre. Les arbres sont alors prétextes à des jeux pour les enfants, plus ou moins grands… certains creux entre les tronc ont été transformés en cabanes magiques propices aux plus belles aventures pour les plus petits de nos aventuriers.

Désert de l'Ecureuil

Désert de l'Ecureuil

Des panneaux racontent la faune locale sauvage…

Désert de l'Ecureuil

… dont on peut parfois rencontrer quelques exemplaires vivement colorés. Situé dans la proche banlieue juste au dessus de Grenoble, le massif est très fréquenté par les sportifs urbains qui trouvent là un bol d’air pur et un peu de tranquillité, tout près de la ville.

Désert de l'Ecureuil

On considère classiquement ces sillons comme creusés lors des phases de décrue glaciaire, car l’étagement de leurs altitudes, de 350 à 460 m, les positionne très en dessous du niveau de la surface du glacier würmien (1150 mètres sur la cuvette grenobloise).

Mais au-dessus de cet ensemble, existe un ultime sillon rocheux, celui du ruisseau du Bouteillard, particulièrement remarquable, car large par endroits de 600 mètres environ, ce qui en fait le plus important de tous les sillons rocheux que nous avons rencontrés, même si ce n’est pas le plus spectaculaire, encombré qu’il est par les dépôts glaciaires.

Désert de l'Ecureuil

Près de ce panneau, dans le virage, on peut commencer à voir le bassin grenoblois en dessous de nous : avec en face de nous le Casque de Néron, et facile à repérer le cercle blanc du synchrotron.

Désert de l'Ecureuil

Désert de l'Ecureuil

Un autre point de vue nous permet de voir, d’en haut, la faille du désert de l’écureuil.

Désert de l'Ecureuil

Par endroit, le chemin est bordé de tapis de fraises de bois… les gourmands apprécieront.

Désert de l'Ecureuil

Les panneaux de signalisation indiquent les directions pour chaque intersection. Les itinéraires sont variés dans toute cette partie du massif, gérés par l’Agglo.

Désert de l'Ecureuil

Le chemin, confortable, continue sous la forêt de feuillus (noisetiers, érables, etc.).

Désert de l'Ecureuil

Désert de l'Ecureuil

Sur votre gauche vous trouverez la trace d’un sentier qui conduit sur un replat en contrebas. Faites attention avec les enfants, car nous sommes juste en surplomb de la route qui passe dix mètres en dessous de nous. D’ici, on peu voir l’ensemble de ce que l’on appelle l’Y grenoblois (le confluent du Drac et de l’Isère), avec en face de nous les massifs de Chartreuse, de Belledonne et de l’Oisans.

Désert de l'Ecureuil

Désert de l'Ecureuil

Vous trouverez dans ce secteur beaucoup d’arbustes porteurs de jolies baies, rouges, violettes ou noires… qui donnent envie de les croquer, c’est sûr, mais, dans ce cas, nous devons vous conter la mésaventure survenue à Jean-Jacques Rousseau qui, lorsqu’il est venu se promener dans ce secteur, semblait encore bien néophyte en botanique.

Désert de l'Ecureuil

« Durant mon séjour à Grenoble je faisais souvent de petites herborisations hors de la ville avec le sieur Bovier avocat de ce pays-là, non pas qu’il aimât ni sût la botanique, mais parce que s’étant fait mon garde de la manche, il se faisait, autant que la chose étoit possible, une loi de ne pas me quitter d’un pas. Un jour nous nous promenions le long de l’Isère dans un lieu tout plein de saules épineux. Je vis sur ces arbrisseaux des fruits mûrs j’eus la curiosité d’en goûter et, leur trouvant une petite acidité très-agréable, je me mis à manger de ces grains pour me rafraîchir ; le sieur Bovier se tenoit à côté de moi sans m’imiter et sans rien dire. Un de ses amis survint, qui me voyant picorer ces grains me dit : eh ! monsieur, que faites-vous là ? Ignorez-vous que ce fruit empoisonne ? Ce fruit empoisonne, m’écriai-je tout surpris. Sans doute, reprit-il, et tout le monde fait si bien cela, que personne dans le pays ne s’avise d’en goûter. » Je regardai le sieur Bovier et je lui dis : « Pourquoi donc ne m’avertissiez-vous pas ? — Ah ! monsieur me répondit-il d’un ton respectueux, je n’osais pas prendre cette liberté. » Je me mis à rire de cette humilité dauphinoise, en discontinuant néanmoins ma petite collation. J’étois persuadé, comme je le suis encore, que toute production naturelle agréable au goût ne peut être nuisible au corps ou ne l’est du moins que par son excès. Cependant j’avoue que je m’écoutai un peu tout le reste de la journée : mais j’en fus quitte pour un peu d’inquiétude, je soupai très-bien, dormis mieux, et me levai le matin en parfaite santé, après avoir avalé la veille quinze ou vingt grains de ce terrible Hippophage, qui empoisonne à très-petite dose, à ce que tout le monde me dit à Grenoble le lendemain. Cette aventure me parut si plaisante que je ne me la rappelle jamais sans rire de la singulière discrétion de M. l’avocat Bovier.« 

Les Rêveries du Promeneur solitaire (Septième promenade)

Le chemin continue à présent juste au dessus de la route qu’il longe quelques centaines de mètres.

Désert de l'Ecureuil

Puis il redescend vers le site aménagé des Vouillants

Désert de l'Ecureuil

… où vous pourrez vous restaurer sur les tables de pique-nique (dans cet espace les feux sont tolérés), ou repartir à votre point de départ par le désert J-J Rousseau que nous avons déjà décrit.

Désert de l'Ecureuil

Les Vouillants

Forêt de Prémol

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Le site de la Forêt Domaniale de Premol est situé sur la route de Chamrousse station de ski près de Grenoble. Il y a deux routes pour monter à Chamrousse. Après avoir traversé Uriage (station thermale ) prendre la route via Vaulnaveys le Haut pour monter sur Chamrousse. À peu près à mi-chemin vous trouverez sur votre droite le site de Premol avec un grand espace de parking.

Forêt de Premol

Vous trouverez à cet endroit de nombreux lieux pique-nique ainsi qu’un chemin d’environ 1 km aménagé par l’ONF pour les personnes handicapées, les poussettes… Promenade très agréable agrémentée de sculptures taillées dans les arbres abattus pour réaliser le circuit. Initiative très intéressante de l’ONF que nous voudrions voir dans de nombreux lieux.

Forêt de Premol

Découvrez les restes de l’ancienne Chartreuse de Prémol, fondée en 1234 par Béatrix de Montferrat (épouse du Dauphin Guigues André), plusieurs fois éprouvée par des incendies (notamment en 1467 et 1707), détruite durant la Révolution Française. Après que la Chartreuse fut désertée en 1791, les paysans des environs se ruèrent à l’assaut des bâtiments pour les piller et les démanteler. La Chartreuse de Prémol et ses terrains furent inscrits comme site naturel le 2 décembre 1943.

Forêt de Premol

La gravure, reproduite ci-dessous, est un document authentique extrait de l’Album du Dauphiné de 1835 (le 1er guide touristique du Dauphiné). Voici le descriptif qu’en donnait le guide Joanne de 1872 :

Prémol (on peut trouver des rafraîchissements et au besoin un gîte pour la nuit chez le garde), ancienne chartreuse dont il ne reste plus qu’une grande porte avec deux pavillons habités par des gardes forestiers, et quelques ruines dans un massif de sapins. Des sentiers, ménagés au milieu des sapins, conduisent aux parties les plus intéressantes des ruines. On remarque surtout une grande porte romane en tuf, haute de 6 à 8 mètres et une fenêtre en ogive trifoliée. L’intérieur de l’église est envahi par une végétation vigoureuse qui en cache peu à peu les débris.

Gravure de la chartreuse de Premol

La grande maison forestière (appelée Porterie) occupait une partie des anciens bâtiments conventuels de la Chartreuse de Prémol. Avant la Seconde Guerre Mondiale, on y trouvait des vivres, du lait et des rafraîchissements. L’hospitalité pouvait y être offerte à condition d’être muni d’une autorisation de l’Inspecteur des Eaux et Forêts à Grenoble !
Malheureusement, le bâtiment fut par la suite abandonné, vandalisé et dévasté par un incendie en 1989.

Les restes de Béatrix de Montferrat seraient encore présents, là où était érigée l’église.

Forêt de Premol

Le domaine de la Chartreuse s’étendait sur 397 hectares, et les bâtiments allaient de la Porterie à l’actuelle petite maison forestière.

Il faut remonter au XIIème siècle, époque où il y avait des droits d’usage sur la forêt. Pour se chauffer, pour construire, les gens avaient besoin de bois et ils avaient obtenu l’usage d’aller se servir chez le seigneur du lieu. A la Révolution, ce qui était la propriété des Chartreux, est devenu la forêt domaniale de Prémol (c’est à dire propriété de l’État). D’autres forêts sont devenues propriété des communes avec deux cas de figures : certaines sont devenues propriété spécifique de la commune où elles sont situées. C’est la cas de la forêt communale de Vaulnaveys le Haut (d’une csuperficie d’environ 81 hectares). Dans d’autres forêts, il y avait des droits d’usage de plusieurs communautés villageoises : les gens avaient l’habitude d’amener leurs vaches pour paître, d’emmener leurs porcs pour manger les faines, de ramasser du bois. Celle-ci sont restées  » indivises ».

C’est ainsi qu’est née la forêt « indivis » d’une surface d’environ 420 hectares, située sur la commune de Vaulnaveys-le-Haut mais propriété de manière indivise des communes de Brié, Herbeys, Vaulnaveys le Haut, Vaulnaveys le Bas.

A partir de ce lieu aménagé partent plusieurs sentiers de randonnée pédestre pour découvrir cette partie de montagne très fréquentée par les grenoblois toute l’année.

Forêt de Premol

Forêt de Premol

Forêt de Premol

Forêt de Premol

Forêt de Premol

Forêt de Premol

Forêt de Premol

Forêt de Premol

La flore est variée en toutes saison, on peut notamment y voir la Grande gentiane à fleurs jaune dont les racines sont utilisée pour la fabrication de divers élixirs et alcools.

Forêt de Premol 012

Désert de J-J. Rousseau

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« Le plaisir d’aller dans un désert chercher de nouvelles plantes couvre celui d’échapper à mes persécuteurs et, parvenu dans des lieux où je ne vois nulles traces d’hommes, je respire plus à mon aise comme dans un asile où leur haine ne me poursuit plus.« 

Les Rêveries du promeneur solitaire, Jean-Jacques Rousseau.

Désert JJ Rousseau

Deux lourdes portes en bois qui s’ouvrent sur  une gorge étroite entre deux hautes falaises de calcaire. Le promeneur qui les franchit fait alors ses premiers pas dans le désert Jean-Jacques Rousseau.

Un lieu fréquenté par Jean-Jacques Rousseau en 1768.

Le livre L’ancien mandement de Pariset de Jean-Joseph-Antoine Pilot de Thorey (1805 – 1883) nous fournit l’explication : « En 1768, Jean-Jacques Rousseau, décrié par les uns, peu ou mal compris des autres, dégoûté au surplus, lui-même, d’une célébrité qui lui devenait fastidieuse, avait conçu le projet de quitter Genève, pour vivre plus calme et tranquille, sous le pseudonyme de Rénou. Il arriva, le dimanche 10 juillet à Grenoble, où il logea d’abord chez Antoine Vachat, fondeur, en une maison de la rue Vieux-Jésuites, et bientôt après, chez son ami Gaspart Bovier, jeune avocat, avec qui il était en rapport de sympathie, et qui, même, avait le plus contribué à le déterminer dans le choix de notre cité ; mais son caractère inquiet et sa manière de vivre devaient bientôt le dégoûter de sa nouvelle résidence. En effet, son séjour ne dura qu’un mois à Grenoble ; il en partit précipitamment, et sans en faire part à personne dès le 13 août, pour se rendre à Bourgoin. Durant ce mois, ROUSSEAU fit des excursions de montagnes et des courses de botanique ; il fut reçu chez des amis de son hôte et partout avec le plus de cordialité possible : il visita Beauregard, il y séjourna. Il se plaisait surtout à herboriser dans son voisinage. De là vient qu’on a donné le nom de désert de Jean-Jacques à l’un de ces points d’excursions que préférait le plus notre philosophe.« 

Cette année là donc, le philosophe, pour vivre plus au calme et plus tranquille et quitter sa vie de « people » de l’époque s’est éloigné de Genève. Durant un mois, à Grenoble sous un pseudonyme, puis au château de Beauregard (situé en contrebas du désert), d’où fit de nombreuses courses en montagne et des excursions botaniques. Jean-Jacques Rousseau appréciait particulièrement les promenades au pied des falaises calcaires des Vouillants. D’où le nom que ce site porte aujourd’hui.

La terminologie « désert » désigne ici une gorge plus ou moins étroite entre deux falaises.

Quitter Grenoble par Seyssinet et monter en direction du Vercors jusqu’au parking de la zone aménagée du site des Vouillants où vous découvrirez cette carte des balades qui vous sont proposées depuis cet endroit.

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La balade qui permet de découvrir le désert de J-J Rousseau est facile, accessible en famille, même avec de jeunes enfants.

Tout le long du parcours des panneaux didactiques vous informent sur la nature du lieu.

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Suivre donc le large chemin qui conduit à la porte enchâssée dans un mur qui coupe la gorge. De suite après la porte, le chemin se divise en deux parties. Peu importe, chaque chemin emprunte un côté de la gorge et ils se rejoignent plus loin. Parfois, des sentiers semblent s’éloigner du chemin principal : évitez de vous y aventurer en raison du danger que représentent les chûtes de pierres fréquentes.

Proche de l’agglomération grenobloise, cet espace est très fréquenté, autant par des personnes qui viennent courir, que par des VTT. Partagez-le donc en bonne intelligence et avec courtoisie.

La première partie va du désert J-J Rousseau au Pré Faure, soit 2,2 kilomètres sous les arbres, en grande partie dans la gorge entre les falaises.

Désert JJ Rousseau

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Comme vous pouvez le voir, dans le désert de J-J. Rousseau, le chemin est très bien aménagé, ce n’est pas un sentier de montagne comme nous vous en indiquons dans certaines de nos balades. De petits escaliers rendront toutefois délicat le passage des poussettes (nous en avons croisé) et des VTT…

Si vous savez rester discrets, vous apercevrez peut-être quelques rapaces qui ont choisi ces falaises pour leur habitat où comme terrain de chasse. Du haut de ces véritables tours de guet, ils s’élancent en quêtes de proies qui assureront leur repas et celui de leur progéniture restée au nid perché dans la falaise. Aussi, pour mieux préserver cette faune, l’escalade est interdite dans le désert J-J Rousseau.

Le Faucon Pèlerin, au plumage contrasté, ventre clair moucheté et dos sombre, saisit toujours sa proie en plein ciel. L’oiseau est capturé en vol à l’issue d’un spectaculaire piqué (la vitesse du faucon dépasse alors 300 km/h ce qui en fait l’oiseau le plus rapide du monde). La femelle dépose en mars ses œufs directement sur la roche, sur une corniche.

Le Grand Duc est, de loin, le grand et le plus puissant des rapaces nocturnes. Actif dès le crépuscule, on entends son hululement grave et sonore, essentiellement en automne et en hiver. C’est un redoutable prédateur capable de saisir des mammifères de la taille du renard. Il dépose ses œufs dès le mois de février, dans un environnement rocheux.

Un autre oiseau emblématique de ce lieux est le Tichodrome Échelette qui ne s’éloigne jamais des falaises. Cet oiseau-papillon reste invisible au regard quand il est accroché au rocher, les ailes repliées. En vol, vous remarquerez ses ailes tachées de rouge, de noir et de blanc. Il se nourrit d’insectes, surtout des araignées qu’il déloges dans les anfractuosités de la falaise grâce à son bec courbé. Il niche en mars.

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Sous les chênes, frênes, conifères et châtaigniers, la flore est variée, tant au sol que sur les falaises souvent recouvertes de lierres aux branches impressionnantes. De nombreuses fougères, et, en été, la rare sauge jaune (Salvia lutea) pour qui saura être attentif à ce qui pousse à côté de ses pieds…

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Au sortir de la gorge, on découvre sur la gauche une prairie, avant de passer la seconde porte de bois qui ferme le désert.

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Comme à l’autre extrémité de la gorge entre les deux falaises calcaires, l’entrée du désert est clôturée par mur dans lequel s’ouvre une double porte de bois.

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Continuez toujours tout droit pour parvenir au Pré Fauré, bien connu des étudiants grenoblois qui viennent y faire des grillades et des choses  dont on ne peut parler ici…

Le retour peut se faire par le même chemin, ou l’on peut revenir par le Désert de l’Écureuil, sentier qui offre un point de vue remarquable sur l’agglomération grenobloise. Il est également possible de continuer vers la Ferme Froussard, balade un peu plus sportive, qui peut, ensuite remonter vers la Tour San Venin.

Les Vouillants

(à suivre donc)