Grenoble et sa banlieue

Journées du Patrimoine au Fort de Comboire

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Nous vous l’avions annoncé dans notre page Actualités, nous étions hier au Fort de Comboire à l’occasion des Journées du Patrimoine 2014.

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C’est un lieu que nous avons souvent approché au gré de nos balades autour du Rocher de Comboire, et que l’on aperçoit depuis la tourbière du Peuil.

Le fort de Comboire a été repris en 2011 par une association le Musée Régional des Épopées Impériales et Gloires Militaire. Cette association a un projet d’implantation d’un musée sur le site et le développement d’activités culturelles diverses, tout ceci appuyé sur un projet économique qui doit permettre de faire vivre ces activités.

L’association  Les Amis du fort de Comboire s’est donnée pour but d’accompagner et d’aider à la réalisation de ces projets, de participer à la maintenance du fort dans le respect de son architecture d’origine et à son animation en l’ouvrant à la visite et en favorisant toutes les activités qui participeront à en faire un endroit convivial au profit de tous.

En partenariat avec la ville de Claix, ces deux association ont ouvert les portes du fort à un large public pendant ces deux Journées du Patrimoine 2014.

Et, en ce samedi, déjà le public se pressait, nombreux, pour découvrir le fort, au travers d’une belle visite guidée très vivante…

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… et d’expositions dans diverses salles pour mieux comprendre la vie du fort, et sur le thème de la Première Guerre Mondiale dont nous avons fêté le centenaire cette année.

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Le fort est encore ouvert ce dimanche et les bénévoles des deux associations sont prêts à vous accueillir de 10:00 à 12:00 heures puis de 14:30 à 17:00 heures.
Profitez-en donc !

De notre côté, nous aurons certainement l’occasion d’y revenir pour une reportage plus complet.

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Notre-Dame des Vignes

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Située dans le hameau des Côtes, qui fut autrefois le véritable village de Sassenage, cette église carolingienne (IXème siècle) est assez peu remaniée, elle fut la chapelle du vieux château féodal des Comtes de Sassenage, au XIVème siècle lui fut adjoint un petit prieuré jusqu’à la Révolution.

Église d’époque carolingienne construite sur un lieu de culte antique : présence d’un cippe romain; vénération de la Vierge par les vignerons de la vallée de l’Isère ; ancienne chapelle du château féodal des barons de Sassenage, incorporée à un prieuré bénédictin du XIVème au XVIIIème siècle, puis rachetée par les paroissiens après la Révolution .

La vigne était abondante autrefois en Dauphiné. Et le tout petit village de Sassenage, qui ne se trouvait pas encore en bas mais à l’emplacement du hameau des Côtes aujourd’hui, était tout entouré de vignobles. A cette époque, les vignes étaient nombreuses aux côtes et s’étendaient du hameau du Charvet jusqu’aux carrières Vicat. Les Côteillards appelaient ce vin le « baco« , il n’était pas de grande qualité. Aujourd’hui encore la famille Durand vendange ses vignes.

Le prieuré - oratoire

Au milieu des vignes se trouvait un cippe romain qui avait abrité dans une niche la représentation d’une divinité antique. Quand le christianisme se répandit dans la région, une statue de la Vierge remplaça la divinité et son orgatoire fut érigé sur la route du pont Charvet. Tout naturellement, cette Vierge fut désignée sous le nom de « Sainte Marie des Vignes« . La population locale mais aussi les vignerons de tout le Dauphiné vinrent s’y recueillir.

A l’époque de Charlemagne ou de ses fils (entre 800 et 900), quand les chrétiens de Sassenage voulurent se doter d’une église, il la bâtirent tout près de Sainte Marie des Vignes et ils lui donnèrent le même nom. Ainsi, cette église a-t-elle été construite avant l’apparition de l’art roman qui lui, date de la fin du Xème siècle.

Le grand archéologue dauphinois du XIXème siècle, Fernand de Saint Andéol est formel : « malgré les altérations qu’elle a subies, elle présente encore bien des traits intérieurs et extérieurs qui caractérisent le type carrollien et cela, à tel point, qu’on peut même la présenter comme un type des petites églises rurales de ces temps reculés et trop peu connues« .

N-D des Vignes

Rares sont de tels édifices religieux qui ont survécu à la vicissitude du temps et des hommes. Quand les seigneurs de Sassenage firent bâtir leur château non loin de là (il reste encore la vieille tour sur son piton), cette église devint leur chapelle. Puis elle fut incorporée au sein d’un prieuré bénédictin, de 1329 à 1789, sous le nom de Notre-Dame des Vignes, tout en conservant en même temps le statut d’église paroissiale. Le prieuré et la paroisse furent balayés par la Révolution française, mais la paroisse allait renaître plus tard, en 1844, par la volonté des habitants et rayonner jusqu’en 1921.

Cette petite église fut fréquentée au cours des siècles par des personnages célèbres en leur temps, notamment saint Ismidon y fut baptisé.

Autel de N-D des Vignes

(D’après Claude Muller, historien du Dauphiné et vice-président de l’association pour la Sauvegarde et l’Animation de l’Eglise Notre Dame des Vignes.)

L’héritage viticole est si fort aux Côtes que la propriété où vécut Henriette Groll fut baptisée « La Grand’Vigne ». Elle fut bâtie par son grand père, entrepreneur de travaux publics (qui construisit les ponts et quais de l’Isère), dans les années 1880.

En 1780, le dessinateur Olivier Le May, avait réalisé le dessin d’un Tombeau antique trouvé aux côtés de Sassenage au milieu du cimetière, dessin conservé de nos jours à la BNF.

Tombeau antique trouvé aux côtés de Sassenage au milieu du cimetière

L’église Notre Dame des Vignes, inoccupée depuis une bonne dizaine d’années n’était plus vraiment entretenue.
La pluie inondait la sacristie, sans que personne ne s’en soucie.
Avec la création de l’association, la commune a assumé ses responsabilités de propriétaire légal, restaurant avec art le toit de la sacristie, vérifiant et entretenant les abords.
Elle est aujourd’hui animée par une association, depuis décembre 2007, qui organise des concerts et manifestations culturelles et participe à sa restauration : bel ensemble de vitraux contemporains réalisés par le maître verrier grenoblois Anne Brugirard en 2012.

Vierge à l'enfant

A l’intérieur, une Vierge à l’Enfant en bois polychrome (dorure à l’eau et à mixtion, polychromie pour les carnations), en ronde bosse au revers plat travaillé, probablement du XIXème siècle.
La sculpture est en relativement bon état de conservation, sans danger majeur de dégradation active. Cependant, quelques lacunes et éclats de la dorure indiquent les zones de fragilité.
Les conditions de la conservation sur place ne sont pas idéales (source de chauffage approchée, variations importantes d’humidité relative).

Au-delà de ces aspects, les services techniques de la commune ont assuré la sécurité du public accueilli et ont accédé aux demandes de services de l’association, prêt et transport d’estrades, de sonorisation…un plan d’assainissement des murs est en préparation avant que l’intérieur ne soit repeint.
En 2013 ce fut le chantier de la rénovation de la porte principale. Pour l’année 2014, trois chantiers étaient programmés :
Réalisation d’une mosaïque sur le tympan au dessus de la porte principale.
Restauration de la statue de la Vierge.
Recherche de possibles fresques derrière les murs du chœur.

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Visite guidée chaque année à l’occasion des Journées du Patrimoine.
Visites commentées par Claude Muller historien du Dauphiné et vice-président de l’association pour la Sauvegarde et l’Animation de l’Eglise Notre Dame des Vignes.
Horaires : Visites commentées à 15:00 et à 16:30 heures.

Accessible par le réseau Tag :

Ligne 50 au départ de Fontaine La Poya, arrêt Les Côtes.

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Le Parc de l’Ovalie

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Entre le Vercors et l’Isère, le parc de l’Ovalie constitué de son plan d’eau et de son parc ombragé de près de 7 hectares, déploie ses frondaisons au nord-ouest de l’agglomération. Avec le parc pri­vé du château et les complexes sportifs Jean Julien et des îles, il forme un remarquable ensemble consacré au patrimoine, à la nature et aux loisirs sportifs au cœur de la commune de Sassenage.

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Chênes, peupliers, frênes représentent les essences les plus courantes. En 1987 puis en 2001, des programmes de replantation ont été conduits. Aujourd’hui les cyprès chauves, chênes rouges, une essence ornementale qui aime l’humidité apportée par le plan d’eau, et tilleuls remplacent les arbres malades ou devenus dangereux.

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Le jardin offre une belle vue sur les falaises du Vercors, et le plus beau point de vue sur le château de Beaurevoir, ou sur les premiers contrefort du massif de la Chartreuse et le Casque de Néron.

Chateau de Beaurevoir

La piste cyclable qui chemine à travers le parc relie le rond-point Jean Prévost à la piste de la digue qui relie Grenoble et les berges du Drac à la vallée de l’Isère.
Les allées sont également cyclables à petite vitesse.

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Promenade, pêche, jeux d’enfants (au nord du parc), pique-nique (tables robustes et de nombreuses poubelles), belle pelouse et jolis bancs maillent un espace accueillant et reposant. Ce parc est en général très calme. Certes, il est assez fréquenté le week-end, mais il y fait bon se promener, faire le tour de l’étang (c’est aussi très sympa à vélo pour les petits), y manger une petite glace, profiter de l’aire de jeux, ou pique-niquer (pensez à la couverture, il n’y a pas de tables de pique-nique dans le fond du parc) sur la grande pelouse au fond du parc..

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Proche de l’entrée, un café-restaurant avec mini-golf, le petit chalet de la société de pêche, des bosquets arbustifs et un espace découvert ouvrant sur le plan d’eau composent une aire conviviale.

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En longeant le Furon, on peut aller en se promenant jusqu’au château de Sassenage, parcourir les ruelles du vieux village de Sassenage, et monter jusqu’aux grottes des Cuves.

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Bon plan : on y va en bus ou en vélo !
Parc de l’Ovalie 38360 Sassenage.
Avec la Tag : tram ligne A (la Poya) puis bus lignes 19 ou 54.
En vélo : par les pistes cyclables de l’Agglo le long du Drac.
Par l’autoroute : sortie Sassenage.

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Château de Beaurevoir

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Surplombant Sassenage avec majesté, le Château de Beaurevoir paraît tout droit sorti d’un conte de fées. L’intrigue qu’il suscite est d’autant plus tenace que son « secret » est inaccessible aux curieux puisque c’est une propriété privée qui s’étend sur 25 hectares.

Château de Beaurevoir

Construit à la fin du XIXème siècle par un riche industriel grenoblois, le gantier Alphonse Terray, grand père de l’alpiniste Lionnel Terray, vainqueur de l’Anapurna, acheté en 1914 par André Papet pour trois ans, ensuite par un ingénieur en explosifs, Paul Corbin.

Sassenage, les Côtes

Le château s’appelait à l’époque Beauregard.

Cette demeure d’architecture baroque flamboyante est un « château à la campagne » d’une bourgeoisie industrielle prospère, bâti vers 1880 par les architectes Chatrousse et Ricoud, avec des pierres récupérées de l’ancien château féodal du XIIème siècle appelé château des Côtes, (château primitif) dont il reste encore quelques ruines dans le parc. Les architectes ont également fait largement appel à la technique du ciment moulée, mise au point à Grenoble à cette époque. Travaillé sur une armature métallique, ce matériau imite à s’y méprendre, tantôt la pierre sculptée, tantôt le bois quand il se fait garde-corps et passerelles du belvédère sur le Furon. Et le parc du château, remarquable, reflète en outre admirablement les capacités imitatives du ciment.

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Quelques années après Beaurevoir, Alphonse Terray avait fait élever, au bout de sa propriété et sur un petit promontoire, un autre château, plus modeste, mais dans le style féodal, avec tours, tourelles, donjons, mâchicoulis et créneaux, œuvre des architectes grenoblois Chatrousse et Ricoud il fut détruit par une explosion avant 1914, il n’en reste que des ruines.

Château de Beaurevoir

Vers 1948 le château devient la propriété de la  SNCF qui y installe son service social et une école.

Ecole SNCF

Le tournage du film Le crime est notre affaire s’est déroulé durant l’hiver 2008 un film de Pascal Thomas, avec :
Catherine Frot (Prudence Beresford)
André Dussollier (Bélisaire Beresford)
Claude Rich (Roderick Charpentier)
Chiara Mastroianni (Emma)
Melvil Poupaud (Frédéric)
Hippolyte Girardot (Le Docteur Lagarde)
Annie Cordy (Tante Babette)

Château de Beaurevoir

Grâce à une modification du PLU (plan local d’urbanisme) votée en urgence par la municipalité en 2013 et contre laquelle les élus de l’opposition se sont élevés, un projet immobilier de grande envergure sera réalisé au domaine du Beaurevoir, avec la construction de 200 logements.

Projet Vinci Beaurevoir

Le 20 février 2014, la signature d’une convention de projet urbain en partenariat avec Vinci Immobilier Résidentiel était présentée en conseil municipal, le principal objectif de cette convention étant d’exonérer Vinci Immobilier de la taxe d’aménagement pendant dix ans.

Le 7 juillet dernier, le Préfet de Région a demandé une enquête d’impact.

Pour le moment, le programme immobilier n’est plus « disponible » sur le site de Vinci Immobilier.

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On peut se demander comment, un monument aussi important ne soit pas encore protégé et inscrit à l’Inventaire des Monuments Historiques.

En effet, avec la Casamaure, inscrite depuis 1986, il est le seul exemple dans la région :

  • D’une folie du XIXème siècle, commandée par un industriel appartenant à la bourgeoisie grenobloise.
  • De l’utilisation pour la première fois du ciment moulé, technique inventée à Sassenage par Louis Vicat.

La ganterie était une des activités prédominantes à Sassenage, tout au moins jusqu’au cœur des années 30. Gantiers, mégissiers, brodeuses s’activent ainsi pour leur propre compte ou pour des entreprises de Grenoble et de Fontaine. Souvent ils ont une autre activité, sont par exemple gantiers et cafetiers comme Louis Reverdy au début du XXème siècle. D’après le recensement de la population de 1926, on compte 53 gantiers à domicile, contre 18 seulement en 1946.

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Le meilleur moyen de voir le château de Beaurevoir, caché dans les arbres, est probablement, pour le commun des mortels, depuis le parc de l’Ovalie.

Chateau de Beaurevoir

Chateau de Beaurevoir

Depuis les Côtes de Sassenage, on a une jolie vue sur les ruines du château médiéval, qui était autrefois illuminé pour les fêtes de fin d’année.

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Un sentier de randonnée passe à proximité du château de Beaurevoir.

Du Château de Sassenage suivre le sentier en direction du Nord en passant par le Hameau du Château et rejoindre le chemin des Engenières. Monter ensuite vers les anciens fours à chaux par le sentier des Gingeolles et arriver au belvédère des Gingeolles (350 m) ; regarder la table de lecture du paysage et des informations sur la géologie locale ; profiter aussi d’une vue exceptionnelle sur la Cluze de Voreppe pour découvrir la face sud ouest de la Chartreuse, la vallée de l’Isère et le pays voironnais. Continuer jusqu’au carrefour du Cruy (400 m). Prendre alors le sentier à droite. Couper la D531 au niveau de la Cimenterie (330 m). Traverser le quartier de Rivoire de la Dame pour retrouver le chemin des Côtes qui passe devant les grilles du château de Beaurevoir (310 m).

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Chateau de Beaurevoir

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Accessible par les transports en commun : tramway ligne A , arrêt Fontaine La Poya (terminus), puis bus 20 direction Veurey-Voroise Mairie, arrêt Château de Sassenage ou bus Flexo ligne 50 qui a un arrêt Beaurevoir juste à coté de la grille d’entrée en bas du château médiéval, ou lignes 53, 54, arrêt Château de Sassenage : Voir le site de la Tag

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Chateau de Beaurevoir

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Palais du parlement du Dauphiné

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Derrière sa façade bicolore, ornée de multiples blasons et d’animaux en tous genres, se cachent des cours intérieures et des salles d’audience d’une grande élégance.

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Sur la place Saint André, faisant face au Café de la Table Ronde et à la statue de Bayard, ce fleuron de l’architecture grenobloise, attire le regard des curieux : derrière sa façade bicolore, ornée de multiples blasons et d’animaux en tous genres, se cachent des cours intérieures et des salles d’audience d’une grande élégance, habituellement fermées au public.

La place Bayard, dessin de N-M-J Chapuy, lithographie de C-C. Bachelier, Lemercier imprimeur, Ch. Vellot, éditeur, seconde moitié du XIXe, Collection Musée dauphinois 95 15-43.
La place Bayard, dessin de N-M-J Chapuy, lithographie de C-C. Bachelier, Lemercier imprimeur, Ch. Vellot, éditeur, seconde moitié du XIXe, Collection Musée dauphinois 95 15-43.

Initié par le Dauphin, le Conseil delphinal est installé dès 1340 à Grenoble et survit au transfert du Dauphiné à la France de 1349, pour devenir le troisième parlement de France en 1453. Il paraît avéré qu’une construction neuve destinée à cette institution ait été édifiée à la charnière des XVème et  XVIème siècles. Le plan en forme d’équerre, articulé autour d’une chapelle, étend une aile le long de la place Saint-André vers l’Ouest et une autre en direction de l’Isère vers le Nord. Autour de cet élément primordial, la croissance du palais se fait peu à peu par des réaffectations, des rachats de maisons particulières, des reconstructions. Les travaux des parties les plus anciennes (au centre en regardant la façade) ne commencèrent que vers 1500, sous Louis XII. Construite en pierre blanc crème provenant de la carrière de l’Échaillon, cette partie de style gothique flamboyant comprend l’absidiole en saillie d’une chapelle. C’est à cette époque que furent notamment sculptées les boiseries de Paul Jude dès 1521 dans la salle du parlement. Le palais s’arrêtait alors à la porte de gauche après la chapelle gothique et jouxtait une prison d’où l’on extrayait les prévenus pour les juger. Ces derniers pouvaient apitoyer les passants par des soupiraux et leur demander l’aumône.

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Le palais est agrandi une première fois en 1539 sous le règne de François Ier, puis une seconde fois en 1562 sous le règne de Charles IX. Cette partie à droite en regardant la façade est construite en calcaire gris bleuté du Fontanil. L’architecte et magistrat Pierre Bucher y contribue notamment. Le plan en équerre devient un plan en T avec la construction de la façade de style Renaissance, à l’Est de la chapelle, sur la place Saint-André, puis se complexifie.

Le palais se trouve donc dès le XVIème siècle constitué grossièrement de trois secteurs, chacun joignant la place à l’Isère.

Au levant se trouve la Chambre des Comptes, au centre le Parlement, au couchant la Conciergerie. La croissance et la multiplication des institutions utilisatrices expliquent l’extension des lieux. Divers aléas contraignent aussi les travaux à aller parfois bien au-delà de la réparation. D’importants décors intérieurs viennent enrichir les lieux. L’ensemble est totalement imbriqué dans la continuité du tissu urbain : un jeu de paume donne sur la prison, des boutiques et ateliers sont installés de-ci de-là, un passage public très fréquenté vers l’Isère traverse cours et bâtiments…

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L’affaire Nobilibus fut remarquable par sa durée. Un moine franciscain d’origine italienne, Francesco Nobilibus, fut accusé de sorcellerie en mars 1604 pour avoir recouru à l’occultisme et à l’astrologie.
Soumis à 230 séances d’interrogatoire, détenu pendant plus de deux ans dans la conciergerie du palais, le malheureux fut convaincu d’avoir voulu envoûter le Lieutenant général du Dauphiné, François de Bonne à qui il s’était présenté comme guérisseur. La cour rendit sa sentence le 14 août 1606. Le présumé sorcier fut condamné à la pendaison place du Breuil (!’actuelle place Grenette) et son corps livré aux flammes.

Gens de lois et officiers se multipliaient, les plaideurs affluaient. Par leur richesse, leur culture, leur activité, les parlementaires animaient la vie de la société. Composé de magistrats grenoblois, ou du moins dauphinois, le parlement de Grenoble allait se faire remarquer par son souci de défendre ce qui restait de libertés et par sa résistance à la fiscalité royale et contribuer, sans être révolutionnaire, à l’agitation d’où devait sortir la Révolution française. Au total, le ressort du parlement comptait 608 189 justiciables en 1763 et 766 702 en 1790.

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Autre joyau, le salon bleu, nommé ainsi en raison de ses tapisseries. C’est ici que fut déclenchée la Journée des Tuiles, le 7 juin 1788, premier événement de la révolution dauphinoise, en réaction à la décision du roi de réformer le Parlement afin d’en diminuer son pouvoir. Sous la pression d’une foule considérable criant « Vive le parlement », les magistrats dauphinois sont ramenés de l’Hôtel de la Première présidence au Palais du parlement afin d’en rouvrir les portes condamnées quelques heures auparavant par les soldats du Roi et contraints de reprendre leurs activités.

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La suppression des parlements en 1790 a peu de conséquences sur le bâtiment du palais, malgré son rôle récent dans la Journée des Tuiles.
À Grenoble, le Parlement fut aussi l’âme de la cité vers laquelle il draina, année après année, tous ceux qui voulaient se faire rendre justice. Parlementaires et avocats y tinrent longtemps le haut du pavé, animant le commerce local comme le marché de la construction, la vie intellectuelle et scientifique. Autour de la place où il était installé, c’est tout un quartier qui depuis des siècles n’a cessé de bruire en permanence du flot des plaideurs. C’est cette histoire et la mémoire des lieux que retrace cet ouvrage à travers douze contributions particulièrement éclairantes et novatrices.

À la révolution, Les provinces sont divisées en 83 départements, le Parlement du Dauphiné, comme tous les autres, est dissous et devient palais de justice. Il restera en activité jusqu’en 2002.

Le XIXème siècle bouleverse très profondément l’héritage des siècles précédents.

Palais du Parlement du Dauphiné vers 1840
Palais du Parlement du Dauphiné vers 1840

L’amputation de la chapelle par un escalier alerte Prosper Mérimée, Inspecteur général des Monuments historiques, et met en exergue les parties anciennes dont le classement, envisagé dès 1841, intervient le 12 juillet 1886.

De 1842 à 1889, les projets se succèdent car le bâtiment est en fort mauvais état et les magistrats souhaitent qu’il soit isolé des propriétés particulières. Riondel père et fils, architectes départementaux, puis Honoré Daumet, grand prix de Rome en charge de la prestigieuse reconstruction du château de Chantilly et du palais de Justice de Paris, élaborent des propositions qui toutes régularisent et monumentalisent l’ensemble, en préservant peu ou prou les parties anciennes. L’ample reconstruction se fait à partir de 1890 par tranches, mettant à jour au passage des vestiges d’enceinte romaine. A l’ouest apparaissent salle des Assises, cellules, bibliothèque de la Cour d’Appel….
L’état de vétusté de l’aile centrale impose sa reconstruction, reproduisant dimensions et dispositions antérieures ainsi que les décors.
L’inauguration d’août 1897 par le président de la République donne à la Justice un cadre solennel et très caractéristique du XIXème siècle.

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En septembre 2002, les fonctions judiciaires, trop à l’étroit, s’installent dans un nouveau palais de justice.  L’édifice, protégé au titre des Monuments historiques depuis 1992 est désormais propriété du Conseil général de l’Isère.
Depuis avril 2011, le rez-de-chaussée du bâtiment accueille Isère tourisme et les services de la direction de la culture et du patrimoine du Conseil général de l’Isère  (direction, pôle ressources, service du patrimoine culturel, service  du développement culturel). Près de 50 personnes y travaillent aujourd’hui.

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A l’intérieur, noter surtout les deux passages voutés où l’on peut voir les bustes des fameux Dauphins qui régnèrent sur le Dauphiné du XIème au XIVème siècle. On peut également remarquer les boiseries du tribunal civil.

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Références bibliographiques :
Émile Ducoudray, René Favier (s. dir.), Le Parlement du Dauphiné, des origines à la Révolution, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2001

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Le Conseil général de l’Isère, propriétaire du Palais du Parlement vous propose des visites accompagnées par les guides de l’office du tourisme de Grenoble.
Venez pousser les portes de la Chambre des Comptes ou du Salon Bleu, et plongez dans 500 ans d’histoire juridique en Dauphiné.Tarifs :
Adulte : 3,80 € (gratuit pour les moins de 12 ans).Prochaines dates d’ouverture :
Samedi 27 septembre 2014 de 10h30 à midi.
Samedi 25 octobre 2014 de 10h30 à midi.
Samedi 29 novembre 2014 de 10h30 à midi.
Samedi 20 décembre 2014 de 10h30 à midi.

Accès : Tramway ligne A, arrêt Maison du tourisme.

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Le château de Sassenage

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Il est peu de grandes maisons qui, remontant jusqu’à leur origine, ne rencontre une fable : celle de Sassenage y trouve Mélusine

Nicolas  Chorier

château de Sassenage

Magnifique exemple de l’architecture française du XVIIème siècle, le Château de Sassenage construit entre 1662 et 1669 par l’illustre famille des Béranger-Sassenage, a su préserver intacte l’identité de ses différents espaces de vie.

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Un premier château, « castrum de Cassinatico », est cité au XIIIème siècle.

Le château actuel fut construit de 1662 à 1669 par Laurent Sommaire pour le baron Charles-Louis-Alphonse de Sassenage, marquis de Pont-en-Royans. Il s’agit d’un château de réception, dernière demeure construite par les seigneurs de Sassenage.

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La famille de Sassenage s’établit en Dauphiné vers l’an mil. Branche affiliée au Bérenger du Royans dès le XIVème siècle, la maison de Sassenage étend son influence sur une vaste partie du Dauphiné et tout particulièrement sur les contreforts et la partie nord du Vercors.

Malgré l’aura que lui confère sa position de seconde baronnie du Dauphiné, et malgré la légitimité historique de la famille, symbolisée par les restes d’un château fort aux Côtes de Sassenage, la famille de Bérenger-Sassenage cherche le moyen de conserver son rang et d’afficher sa puissance.

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Pour ce faire, les Sassenage décident au milieu du XVIIème siècle, d’édifier un château de réception en remplacement de l’ancienne maison forte. Le château actuel est construit de 1662 à 1669. Peu après l’achèvement de cette demeure, la famille, rejoint la Cour de Versailles où, très proche de la famille Royale, elle occupe de hautes fonctions civiles et militaires tout au long du Siècle des Lumières.

Noblesse d’épée au service de la couronne, les Bérenger-Sassenage appartiennent au cercle très restreint des privilégiés vivant au château de Versailles auprès des descendants de Louis XV. Au milieu du XVIIIème siècle, l’héritage légué par le duc d’Hostun de Tallard permet aux descendants de Mélusine d’étendre et d’étoffer leur territoire aux actuels départements de la Drôme et des Hautes Alpes.

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Au cours des deux derniers siècles, les Bérenger-Sassenage continuent de marquer leur temps en s’investissant dans la vie politique et sociale.

En 1971, le château a été légué à la Fondation de France par la marquise Pierrette Elisa de Bérenger, dernière héritière des Bérenger-Sassenage, avec une part de sa fortune. Ce legs s’accompagnaient de la création de la fondation Bérenger-Sassenage, sous l’égide de la Fondation de France, qui avait pour but de gérer la donation afin de générer les fonds nécessaires à l’entretien du domaine. En 2008, une décision de justice a interdit à la Fondation de France de vendre aux enchères le mobilier du château.

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Le parc paysager du Château de Sassenage fut aménagé à partir de 1852 par Tardy et Lecomte pour Raymond-Ismidon-Marie, Marquis de Bérenger. Antérieurement, trois autres jardins avaient été plantés à l’ouest du domaine, le long de l’axe principal. Une partition somme toute classique qui plaçait dans un même prolongement la cour d’honneur, le château lui-même et le jardin.

Passé la grille en fer forgé de l’entrée du château, le parc offre aux visiteurs un moment de rêve et de calme dans un espace naturel préservé.

En pleine agglomération grenobloise, le parc du Château de Sassenage propose un riche patrimoine végétal, parmi lequel, quelques uns des plus beaux arbres remarquables de l’Isère.

Au fil de la promenade, des vues se créent sur les contreforts du Vercors, le massif de la Chartreuse et vers les chaines de Belledonne.

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NB : vélos, chiens et pique nique interdits

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Accessible par les transports en commun : tramway ligne A , arrêt Fontaine La Poya (terminus), puis bus 20 direction Veurey-Voroise Mairie, arrêt Château de Sassenage ou bus Flexo lignes 50, 53, 54, arrêt Château de Sassenage : Voir le site de la Tag

Informations pratiques
Toute l’année : ouvert tous les jours (Pour les individuels: Du 1er mai au 31 octobre, tous les dimanches de 14h à 18h. Et du 1er juillet au 31 août, tous les jours, sauf le vendredi et le samedi, de 14h à 18h. Départ toutes les heures. Pour les groupes : toute l’année sur réservation.).
Adultes : 7 €
Enfants de + de 6 ans : 5 €
Demandeurs d’emploi : 5€
Tarif étudiant: 5 €
Gratuit pour les enfants de -de 6 ans accompagnés de leurs parents
Groupes adultes : 5 €
Visite guidée enfant 3 – 6 ans: 4 €
Groupes enfants : 4 €
Allée du Château
38360 Sassenage
Téléphone : 04 38 02 12 04
Web : http://www.chateau-de-sassenage.com

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Balade sur le plateau du Peuil

Publié le Mis à jour le

Voici une balade familiale qui surplombe l’agglomération grenobloise et la ville de Claix, sur le plateau en balcon au pied des falaises du Moucherotte et du Pic Saint-Michel.

Monter par la route étroite du Peuil, jusqu’à une aire de stationnement aménagée à l’intersection de la route qui mène à la tourbière du Peuil.

La tourbière du Peuil

Dès la fin de l’été, prenez garde de ne point écraser quelques colchiques sous vos roues, ils poussent en abondance en bordure de la route.

Peuil

Montez par la route goudronnée qui part en face de l’aire de stationnement.

Peuil

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Vous n’avez aucune chance de manquer le début du chemin qui est très bien indiqué.

La tourbière du Peuil

En été, dès le début du chemin, vous serez accueillis par des Carlines acaules, plante emblématique des alpages.

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Les papillons vous accompagneront, nombreux et variés pendant toute la balade, il faut dire qu’il y a une telle abondance et variété de fleurs, qu’ils ont de bonne raison de se plaire dans ce milieu.

Peuil

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Le chemin, très bien signalé et avec, par endroit, des aménagements mis en place par le Conseil Général de l’Isère propriétaire de la tourbière, va vous mener entre des prairies pâturées par des troupeaux de brebis gardés par une charmante bergère tout en surplombant la tourbière dont l’accès est rigoureusement interdit.

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Puis, à mesure que les prairies laissent leur place aux arbres, les lisières abondent de la Grande Gentiane Jaune.

Arrivé à une barrière en bois, l’itinéraire bifurque sur la droite, dans un chemin sous les bois qui commence par monter un peu, et où l’on remarquera ces arbres qui ont eu l’étrange idée de pousser sur des pierres.

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Ces bois sont, en automne, très fréquentés pas les mycophages et les mycologues.

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Nous ne saurions présumer si les mangeurs de champignons remplissent leurs poêles avec d’abondantes réponse (même si nous le savions, nous ne le dirions pas), mais les amateurs de mycologie savante passent vraiment du bon temps, loupe à la main, dans ces bois.

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Parfois quelques rochers viennent nous rappeler que nous sommes juste en dessous d’une imposante falaise.

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Le sentier s’élargit de nouveau en chemins utilisés par les agriculteurs, entourées de chênes et de hêtres avec un sol couvert de fougères.

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Puis on retrouve les pâturages et, en lisière, de nombreux oiseaux à observer avec beaucoup de patience si vous êtes discrets.

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Puis l’itinéraire bifurque sur la droite et revient vers notre point de départ en passant devant l’entré de la tourbière.

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Sur le chemin du retour, ne manquez pas de faire une halte à la croix de bois, pour jouir de la vue sur la vallée et les montagnes des massifs de Belledone et de l’Oisan.

Peuil

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Plus bas, ne manquez pas l’unique panorama sur le fort de Comboire, bâti sur le rocher dont il est possible de faire le tour, lors d’un circuit que nous vous ferons découvrir bientôt.

Fort de Comboire

Cette balade est accessible par le réseau Tag :

A votre arrivée à l’arrêt « Col de Comboire » suivez les indications « Tourbière du Peuil » que vous atteindrez environs 2 h 30 mn plus tard. Pendant l’ascension, d’un dénivelé de 740 mètres, un paysage de plus en plus panoramique vous permettra d’admirer la chaîne de Belledonne, qui, suivant les conditions de lumière, vous semblera être à portée de main.
Il est possible de redescendre sur Allières, en passant près de la cascade de la Pissarde pour rejoindre la Mairie de Claix.

Tourbiere du Peuil